Fikin : le mythe s’effrite

0
30

L’édition 2010 de la Fikin (Foire Internationale de Kinshasa) s’est ouverte le mardi 27 juillet. Quatre jours après, cette manifestation foraine ne fait pas encore courir les grandes foules. Certains attribuent cela au coût du billet d’entrée (1000 Fc) que certains estiment hors de portée des bourses modestes.
La preuve en est que des centaines d’enfants en vacances, âgés de 10 à 17 ans, quémandent la générosité des adultes à la 1ère comme à la 2me portes, dans le but de découvrir les « merveilles » de la Fikin. Le week-end, on a tout de même enregistré du monde à l’occasion des concerts de Reddy Amisi et Dakumuda le samedi puis ceux de Etoiles Lova, Karmapa et Fally Ipupa

 Le dimanche. A l’image des éditions antérieures, ce sont les enfants qui se manifestent avec une présence plus ou moins nombreuse. Parmi leurs pièces d’attraction, on peut citer des jouets en motos, en véhicules, en bateaux, en chaises roulantes et autres. Certaines firmes spécialisées dans la vente des téléphones cellulaires et des produits cosmétiques organisent régulièrement des jeux concours pour les tout petits.

 

La guerre des brasseurs n’aura pas lieu…

 Contrairement aux précédentes éditions de la Fikin, où c’était la gué-guerre entre la Bralima et la Bracongo de l’ouverture à la clôture, il n’y aura pas de choc frontal entre les deux principales sociétés brassicoles qui dominent la place de Kinshasa. Et pour cause ? Selon des informations en circulation, un malentendu entre la haute direction de la Fikin et la Bralima au sujet de la location d’un espace « stratégique » a poussé cette brasserie à déclarer forfait.
 C’est pareil dans le secteur des télécommunications, où Vodacom semble accuser plusieurs longueurs d’avance par rapport à CCT, Zain et Tigo. Selon plusieurs sources, Zain se trouve dans les préparatifs de l’installation de son stand.

Location des stands : une facture salée

 Le second facteur auquel on attribue le nombre jusque-là limité d’exposants – personnes morales comme physiques- est la facture salée appliquée par les responsables de la Fikin pour la location des stands. Le stand de « petit format » est proposé à 765 dollars américains tandis que le stand « grand format » à 1.060 dollars Usd.
Les vendeurs et vendeuses des boissons comme des aliments sommaires boudent. Quant aux mamans « malewa », elles trouvent excessifs les taux de  320 Usd pour la location d’un terrain  et de 350 dollars pour les travaux d’aménagement. Il s’agirait là, à leurs yeux, d’une discrimination voilée pratiquée par la Fikin entre exposants bourgeois et pauvres.

Batteurs de tam-tam : une longévité non démentie

 Deux batteurs de tam-tam trônent à la Fikin. Le premier, le plus vieux et le plus célèbre, se trouve à l’entrée de la porte principale (2me porte). Œuvre de l’artiste-sculpteur Lufwa, le grand batteur de tam-tam, tout de blanc « vêtu », continue de jouer son instrument depuis 1969. En dépit du fait que l’un de ses orteils de son pied droit est brisé et qu’une de ses joues sérieusement labourée, il résiste à l’usure du temps. Les visiteurs, surtout des enfants, désireux de garder de la Fikin un souvenir ineffaçable, n’hésitent de se faire photographier ou filmer en sa compagnie.
Quant au petit batteur de tam-tam, auquel très peu de visiteurs accordent leur attention, il se cache du côté des bâtiments administratifs, non loin de la 1ère porte.
    Reportage de Rachel Ngongo, Bienvenu Iswala, Abigaëlle Mbula Kilungu, Sarah Bodi, Benita Mbuyi Beni, Adoris Kapend Kasang (Stagiaires IFGC)

LEAVE A REPLY

*