Fièvre préélectorale : les provinces de la RDC brûlent…

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A quelques mois de la fin des mandats du Chef de l’Etat, des sénateurs, des députés nationaux, des gouverneurs de provinces et des députés provinciaux, la fièvre préélectorale est en train de secouer de manière particulière les gouvernements provinciaux ainsi que les assemblées provinciales. C’est pratiquement la chasse à l’homme sur fond d’une course au pouvoir qui refuse de dire son nom.
Au Bandundu, le gouverneur Richard Ndambu a été balayé par une motion de défiance, au motif qu’il aurait fait main basse sur des fonds publics. Au Kasaï Occidental, Trésor Kapuku a fait les frais d’une motion de défiance assise sur plusieurs griefs : mégestion, abus de pouvoir, voies de fait sur des tiers, etc. Comme si cela ne suffisait pas, le président de l’Assemblée Provinciale était lui aussi limogé suite aux actes d’indélicatesse financière.
En Province Orientale, Médard Autsai se trouve sur un siège éjectable, au motif que les placards du gouvernorat cacheraient des « cadavres » financiers. Au Sud-Kivu, Julien Paluku vient d’échapper de justesse à l’épée de Damoclès momentanément suspendue sur sa tête.
On rappelle qu’à Kinshasa, le président de l’Assemblée provinciale, Roger Nsingi, bien que limogé à la régulière à la suite d’une motion de défiance votée massivement par ses pairs, a refusé de rendre son tablier et continue de « gouverner par défi ». On se souvient qu’à l’Equateur, le gouverneur José Makila, qui avait également tenté de faire de la résistance après avoir été désavoué par les députés provinciaux, avait été mis KO par la Cour Suprême de Justice.
Pourquoi maintenant ?
Plus de quatre ans après leur installation, les exécutifs et parlements des onze provinces de la République affichent un bilan largement négatif. La territoriale de proximité, la bonne gouvernance, le développement communautaire, le désenclavement, la sécurité des personnes et de leurs biens, le respect des droits humains, l’amélioration du climat des affaires, la lutte contre le chômage, la faim, les maladies et la déperdition scolaire, la création des richesses, les 5 chantiers de la République…se sont arrêtés, dans biens des cas, aux déclarations d’intention.
Parmi les antivaleurs qui ont largement progressé figurent la corruption et le détournement des fonds publics. La mauvaise gestion s’est en effet imposée comme le sport favori de plusieurs gouverneurs de provinces et présidents des assemblées provinciales. Pendant quatre ans, ceux qui avaient reçu des populations du Congo profond mandat de leur apporter la paix, la sécurité et le bien-être social, ont passé le plus clair de leur temps à se remplir les poches, à s’installer et à installer.
Certains gouverneurs se sont découverts des atomes crochus avec le Père Noël, se répandant en largesses dans toutes les directions, à commencer par leurs « ministres » et « députés », dont les sautes d’humeurs étaient généralement bloquées par des libéralités en espèces sonnantes et trébuchantes. Pendant toute la durée de leurs mandats, ministres et députés provinciaux étaient tout heureux d’être associés au partage de l’argent sale. 
Pourquoi ont-ils attendu la fin de la législature pour mettre le feu à la « maison » ?
La question est d’autant pertinente que les différentes motions en circulation dégagent un parfum de règlement des comptes. L’on pressent, à travers l’empressement des uns et des autres à changer de mandataires, la soif de certains à vouloir mettre à profit le dernier virage de la législature pour se constituer des fonds de campagne.
Dans ces conditions, il y a lieu de craindre le pire de la part de « putschistes » qui donnent l’impression de vouloir s’installer pour participer, eux aussi, au pillage organisé des provinces. Car, en sept mois, il leur est matériellement impossible de faire face  à leurs promesses électorales d’il y a quatre ans.
Vers la paralysie de certaines provinces ?
Au Kasaï Occidental, l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur se fait attendre depuis un mois. A en croire le calendrier rendu public par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), elle pourrait avoir lieu le 18 avril 2011. Entre-temps, l’Assemblée Provinciale est paralysée. D’où, dans la pratique, le gouvernement provincial ne sait à quelle structure rendre des comptes. Le gouverneur intérimaire est tout tranquille de gérer la province sans la pression d’un quelconque organe de contrôle. La division entre fils et filles du Kasaï Occidental est telle que des médiateurs venus de Kinshasa ont dû faire le voyage de Kananga. Mais, à ce qui semble, le vice-président de la CENI, Jacques Djoli, de même que le président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab, n’ont pu renouer le fil du dialogue entre frères ennemis.
A Kinshasa, l’Assemblée provinciale fonctionne avec un président dépouillé de toute légitimité. En conséquence, les députés provinciaux ont du mal à suivre la gestion du gouverneur André Kimbuta et de ses ministres.
Au Bandundu, Richard Ndambu se trouve dans un combat d’arrière-garde qui perturbe sérieusement le fonctionnement d’une province réputée pauvre. En Province Orientale, l’heure est au bras de fer entre Médard Autsai et l’Assemblée provinciale. Pendant que gouverneur et députés provinciaux s’affrontent, ce sont leurs élus d’hier qui paient les pots cassés.
Kimp

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