Fièvre d’Ebola : l’éclairage d’un médecin présent au «front»

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Des médecins désignés par des experts du  ministère de la Santé  et dépêchés en Province Orientale  pour suivre de près l’évolution de la   fièvre d’Ebola   dans ce coin du pays se trouvent à Kisangani  depuis plusieurs jours.  Ces hommes en blouses blanches ont des séances de travail quasi quotidiennes.  Ces réunions de crise sont élargies aux  Médecins  Sans Frontières « MSF », et autres  délégués des structures onusiennes en matière de  santé. Des réunions similaires se tiennent aussi à Kinshasa et Isiro qui est l’épicentre de la fièvre d’Ebola.

    Par ailleurs, le professeur Muyembe, un des spécialistes congolais du virus d’ Ebola se trouve à Isiro depuis le mercredi 22 août 2012. Il a à ses côtés une biologiste, de surcroît son assistante, un gestionnaire d’information, un technicien de laboratoire et des délégués de l’OMS.  Muyembe et son équipe d’avant-garde vont mettre en place à Isiro, une équipe de riposte contre l’épidémie d’Ebola. Le célèbre professeur a amené 400 kilos de matériels et de médicaments, des produits de laboratoire …
    En somme, Muyembe et son équipe d’avant garde précèdent les membres du Comité International de Lutte contre les épidémies du genre d’Ebola. Ces précisions nous ont été fournies le mercredi 22 août, tard dans la soirée, par un des médecins envoyés à «Boyoma Singa Mwambe» par le ministère de la Santé. L’entretien  a eu lieu dans la concession d’un hôtel de Kisangani dénommé Guest House de Canon.


    En dépit de l’insistance   du «Phare», notre interlocuteur a  préféré garder l’anonymat.  Il a précisé que Muyembe et son équipe  vont   sensibiliser les habitants d’Isiro et de ses environs sur le virus d’Ebola et prendre  en charge des cas des maladies.
    Il nous a été donné d’apprendre que le siège du Comité International de Contrôle des Maladies se trouve à Atlanta aux USA.
Les membres dudit comité vont se rendre dans le  Haut Uéle peu de  temps après la fin du séjour de Muyembe et consorts à Isiro. Notre source a indiqué que la souche d’Ebola enregistrée dernièrement en Ouganda n’est pas la même que celle d’’Isiro, Watsa, Dungu….


    C’est une souche typiquement congolaise, a-t-il souligné. Quant au nombre des décès enregistrés jusque mercredi soir, il a fait état de 16 morts. A  la question de savoir pourquoi on a tardé à s’intéresser  une fois de plus à la fièvre d’Ebola cette année, il a renseigné que les premiers cas ont été signalés entre avril et mai 2012. Comme le choléra présente les mêmes symptômes que la fièvre d’Ebola, il était difficile dans un premier temps d’affirmer avec  précision qu’on avait affaire à la fièvre d’Ebola.  L’autre difficulté est que le choléra sévit en RDC de manière récurrente. En outre, la Province Orientale est la plus vaste région du pays.  «Déterminer dans un temps record quelque chose d’anormal dans cette partie septentrionale n’est pas une sinécure», a-t-il indiqué. Toutefois, a-t-il souligné, Ebola est une maladie virale.  Elle se caractérise par des fièvres à température élevée, des saignements au nez, aux oreilles, au niveau de la peau sous forme de taches….


    Le virus d’Ebola est lié à l’écologie.  La RDC est un pays couvert de vastes forêts. Le virus d’Ebola est parfois présent chez les animaux. Et si l’homme est en contact avec ce type d’animaux, il peut attraper cette maladie.
    Les animaux s’en accommodent. Mais, il n’en est pas ainsi avec l’homme. Isiro se trouve dans le territoire de Dungu, district du Haut Uéle.


 De notre envoyé spécialJean Pierre Nkutu

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