Fichier électoral : toujours le doute !

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Clôturées définitivement le dimanche 17 juillet 2011, sur l’ensemble du territoire national, les opérations d’enrôlement des électeurs en vue des scrutins prévus entre novembre 2011 et juillet 2013 continuent de susciter des vagues au sein de la classe politique congolaise. Pas plus tard qu’hier lundi 25 juillet 2011, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a été de nouveau interpellée par l’opposition politique, toutes tendances confondues, au sujet du flou qui entoure le fichier électoral.

Contacté par Le Phare, le député Jean-Claude Vuemba a laissé entendre que plusieurs préalables ont été soulevés par les membres de cette famille politique avant d’engager le débat de fond autour du projet de « Code de Bonne Conduite » des partis politiques qui devait être discuté au Palais du Peuple. Il y a, dans le lot, celui relatif au mécanisme ayant permis au « pouvoir organisateur » des élections de passer de 32 à plus de 31 millions de personnes enrôlées, à l’affichage des statistiques. Il y a aussi le cas des statistiques de 120% d’électeurs affichées dans les provinces du Katanga, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, comme si ces provinces n’ont jamais connu de morts, ni de malades, ni de déplacés entre 2006 et 2011, alors qu’à l’Equateur, à Kinshasa, ainsi que dans les deux Kasaï, les chiffres sont minorés.

Selon notre source, l’opposition politique aimerait savoir pourquoi la CENI refuse de communiquer à ses partenaires que sont les partis politiques et la société civile le « code » d’accès à son serveur. Pourtant, cela devrait leur permettre de s’assurer régulièrement de sa transparence jusqu’à la tenue des élections.
L’opposition politique a posé aussi le problème de l’accroissement du nombre des bureaux de vote proportionnellement à la taille de chaque circonscription, de manière à éviter les tracasseries connues lors des opérations de révision du fichier électoral avec un nombre nettement insuffisant de centres d’inscription. Elle a dénoncé aussi la privatisation des kits électoraux et du personnel de la CENI par certains candidats qui ont réussi à se faire enrôler à domicile.
Plusieurs membres de l’opposition ont rappelé également les cas des mineurs, expatriés, militaires et policiers ayant infiltré le fichier électoral, de l’absence de plusieurs territoires et secteurs mais aussi, plus grave,  la disparition des milliers d’enrôlés des listes électorales de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Les « disparus » se retrouvent ainsi avec des cartes d’électeurs mais ne sauraient participer aux scrutins, à moins que des correctifs ne soient rapidement apportés au fichier électoral.

Rendez-vous ce mardi à Fatima

A en croire plusieurs sources proches de l’opposition, le dialogue avec la CENI n’est pas rompu. C’est le président de cette institution d’appui à la démocratie, indiquent-elles, qui auraient mal perçu la motion de procédure présentée par Lisanga Bonganga. La démarche de ce député visait à obtenir une suspension momentanée des travaux afin de permettre à l’opposition d’apprêter rapidement, par écrit, ses préalables relatifs aux anomalies constatées dans le fichier électoral ainsi que ses amendements au projet de « Code de Bonne Conduite » en vue d’en débattre en commissions, le même jour.
La motion ayant été rejetée, elle a quitté la salle non pas pour mettre une croix sur les élections ou le « Code de Bonne Conduite », une charte qui devrait engager tous les acteurs politiques, pour finaliser son travail. Faisant d’une pierre deux coups, elle en a profité pour recenser ses affiliés. L’idée de l’identification des partis de l’opposition, lancée en son temps par Jean-Claude Vuemba, a finalement produit comme résultat le recensement de 152 partis politiques de l’opposition ayant répondu présents à l’invitation du pasteur Ngoy Mulunda.

Ce mardi matin, il est prévu une nouvelle concertation entre opposants aux fins de mettre au propre les préalables et amendements sus évoqués avant de les envoyer au Bureau de la CENI, qui a promis de retarder l’adoption du Code de Bonne Conduite afin de prendre en compte les suggestions de l’opposition. Celle-ci pense recevoir de la CENI des réponses satisfaisantes à ses préoccupations afin que la voie devant conduire aux élections apaisées, démocratiques, transparentes et crédibles soit débarrassée de toutes les zones d’ombres qui sèment le doute dans les esprits. Cette famille politique promet de signer le Code de Bonne Conduite, s’il est amendé, d’ici le 04 août, à condition que la CENI ne ferme pas la porte aux échanges d’idées.

Kimp

 

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