Fichier électoral : le rapport final de l’OIF confirme la pollution

0
674

L’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) a rendu public, hier mardi 19 juin 2018, son rapport final sur l’audit du fichier électoral de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), après le travail de terrain effectué par ses experts à Kinshasa, du 06 au 26 mai. Les anomalies relevées il y a presque trois mois viennent de recevoir confirmation. Il est clairement souligné que le serveur de la CENI hébergeait plus de 6 millions de faussaires, soit environ 5 millions de doublons contre près d’un million de
mineurs. La présence de 16,5 % d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales est également confirmée, soit 1/6 de l’électorat, ou encore environ 8 millions de votants.

La sommation de 6 millions de faussaires avec 8 millions de détenteurs de cartes d’électeurs sans empreintes digitales donne 14 millions d’électeurs douteux, soit pratiquement le tiers de l’électorat. Même si l’OIF, dans ses conclusions, tente de calmer le
jeu en faisant état d’un « fichier électoral inclusif », le commun des Congolais a du mal à y croire. Le doute est d’autant permis que la CENI vient d’enregistrer la démission du responsable de son Centre National de Traitement, c’est-à-dire l’expert-maison qui gérait son pool informatique.

Selon les informations en circulation à Kinshasa, l’homme était
mécontent du recours, par sa hiérarchie, à la machine à voter, ainsi
que du travail de tripatouillage des données électorales. Les rumeurs
de grogne au niveau du pool informatique de la centrale ne sont pas de
nature à rassurer les compatriotes qui exigent la transparence du
fichier électoral.
A ce sujet, l’OIF, dans son rapport final, a relevé la taille
anormalement élevée de certaines circonscriptions électorales, en
contradiction avec leur taille démographique réelle.
Beaucoup, en République Démocratique du Congo comme à l’étranger, ne
croient pas en la volonté de la CENI de débarrasser le fichier
électoral des doublons et mineurs ou de clarifier le statut des
électeurs enrôlés sans empreintes digitales.
La principale leçon à tirer de l’audit du fichier électoral est que
la CENI a produit un travail d’amateur, à cause certainement de son
manque d’indépendance vis-à-vis des lobbies politiques. Avec toutes
les anomalies qui entourent le fichier électoral, cette institution
d’appui à la démocratie, au lieu de déblayer le terrain pour la vérité
des urnes, a plutôt semé les graines des contestations
post-électorales.
A la lumière du rapport final de l’OIF, le fichier électoral doit
être sérieusement nettoyé pour offrir l’égalité des chances à tous les
candidats.
Kimp