Fichier électoral : nettoyage salutaire !

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 Le travail de la Commission Electorale Indépendante (CEI), en ce qui concerne les opérations préélectorales et électorales, avait laissé un goût d’inachevé à des millions de compatriotes en 2006. L’exclusion des membres d’une partie du corps électoral et le gonflement scandaleux des effectifs dans certaines circonscriptions électorales à la taille négligeable avaient fini par faire accréditer la thèse du manque de transparence dans le chef du « pouvoir organisateur » des élections. Et, comme si l’équipe toujours en sursis de l’abbé Apollinaire Malumalu n’avait pas tiré les leçons du passé, elle a démarré, l’année dernière à Kinshasa, les opérations dites de « révision du fichier électoral » dans un cafouillage qui était perçu comme le prolongement des erreurs de 2006.

            Alors que des observateurs avisés, s’appuyant sur les expériences d’autres pays africains, préconisaient la transparence et le caractère inclusif de l’identification et de l’enrôlement des Congolais en prévisions des échéances électorales de 2011, la CEI a continué de faire la sourde oreille. Des milliers de Kinois exclus en 2006 pour les uns et mineurs d’âge pour d’autres, ont ainsi raté de nouveau le train préélectoral, pendant que des milliers de morts étaient restés en course.

            La décision du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur de renvoyer Malumalu et les siens à la case départ tombe fort bien à propos. On peut penser qu’a priori, la CEI n’a plus de raison d’exclure des Congolais de l’intérieur du fichier électoral. On espère aussi que toutes les dispositions logistiques (accessibilité des bureaux d’enrôlement et performance des kits électoraux), techniques (groupes électrogènes) et administratives (expertise des encodeurs) sont prises pour éliminer toutes les impuretés, volontaires ou involontaires, qui avaient vicié le processus électoral de 2006.

            Les Congolais de tous les bords ne demandent qu’une chose : la conformité de la taille du corps électoral à la démographie réelle de chaque circonscription électorale. A présent que tout est à refaire, à présent que les filles et fils de ce pays sont plus éveillés qu’en 2006 en matière d’élaboration de listes électorales, la CEI devrait s’attendre à un jugement davantage sévère dans l’hypothèse d’un travail d’amateur. Tout ce qu’on lui souhaite est qu’elle évite d’être au centre de nouvelles contestations électorales, dans un pays où l’unité nationale, la réunification territoriale et administrative ainsi que le retour de la paix restent encore fragiles.                              

Jacques Kimpozo

 

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