Fibre  optique : triste  constat

0
422

FibreOptiqueDans le souci de se rendre compte du fonctionnement de la Fibre Optique venant de Moanda jusqu’à Kinshasa, le Vice-premier ministre et Ministre des Postes et Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT/NTIC), Thomas Luhaka Losendjola, a effectué une tournée d’inspection dans la province du Kongo Central, du 23 au 25 juillet 2015. Accompagné de la Secrétaire Générale aux PTNTIC et d’autres experts en la matière, Thomas Luhaka a constaté que la construction de cette liaison n’a pas respecté les règles de l’art.

Dans sa mission d’inspection, il tenait à s’assurer que tous les travaux d’infrastructures pouvant accompagner l’installation de ce câble étaient effectivement réalisés. Sur le terrain, il a été constaté que la fibre optique était posée en pleine terre, sans être sécurisée dans une canalisation appropriée. En outre, les locaux dans lesquels sont logées les stations de régénération se trouvent dans un état inquiétant, à part celles de Songololo et de Moanda.

A titre d’exemple, il a relevé le cas de la station de Boma qui se trouve dans un local qui suinte. En plus, il se pose un sérieux problème de climatisation dans les stations concernées, alors que les grands ennemis des installations électroniques sont la poussière, la chaleur et l’eau, a-t-il martelé.

Comme solution à cette problématique, le Vice-premier ministre et Ministre des PTNTIC a renseigné que, selon les experts contactés à ce sujet, l’on doit continuer avec cette liaison, malgré les problèmes constatés, jusqu’à ce qu’il y ait une ligne de redondance. Car, dit-il, il y a 4 étapes à respecter dans l’implantation de la fibre optique :

1°) -les travaux de génie civil ;

2°) –  la pose des câbles ;

3°) -le raccordement ;

4°) -le test.

Dans le cas d’espèce, les travaux de génie civil n’ont pas respecté les règles de l’art. C’est ce qui annule directement les trois étapes qui suivent, puisque le début a été un échec total, a-t-il fait remarquer.

Etat des lieux du ministère dans le Kongo Central

 

            Hormis la problématique de la Fibre optique, Thomas Luhaka a  également visité les différents services de l’administration de son ministère dans la province du Kongo Centra (ex-Bas-Congo), pour s’imprégner de leur fonctionnement et de la prestation des cadres et  agents. Ensemble avec sa suite, il a constaté qu’il se pose également un problème de gestion administrative du personnel dû notamment au dysfonctionnement entre le gouvernement central et celui de la province.

Il a aussi noté qu’il n’y a pas une franche collaboration entre l’administration des PT/NTIC et celle de la SCPT (Société Commerciale des Postes et Télécommunications), alors que les deux entités œuvrent dans le même secteur.

Constat sur le fonctionnement de la SCPT

            Lors de son passage dans les services de la SCPT, qui est en réalité l’exploitant officiel de la fibre optique, la délégation a rencontré un personnel démotivé, car sans salaire depuis plusieurs mois.

            En plus, l’équipe a constaté que les bureaux qui abritent cette société sont dans un état de délabrement très avancé. Par ailleurs, la SCPT ne dispose pas des capacités techniques voulues pour assurer la surveillance constante de la fibre optique. C’est ainsi qu’elle a toujours collaboré avec des sous-traitants.

            Après ce triste constat, Thomas Luhaka s’est dit déterminé à poursuivre le processus de réhabilitation de la SCPT, afin qu’elle assure la qualité des services que demandent les exploitants, dont les opérateurs des télécommunications.

            Pour y arriver, il envisage de proposer au Conseil des ministres la mise en œuvre d’un compte séquestre sur la gestion de la fibre optique, afin que celui-ci soit mis à la disposition de la SCPT pour son bon fonctionnement. Il espère aussi redynamiser la poste jusqu’à la création d’une banque postale et faire avancer la réalisation du projet « Cab 5 » avec la banque mondiale. Cette dernière va permettre la mise en place de la liaison redondante Moanda-Kinshasa, sur un financement de l’ordre de 90 millions de dollars américains.

Ce membre du gouvernement assure qu’il restera attaché à sa feuille de route, notamment en ce qui concerne la redynamisation du secteur des télécommunications en République Démocratique du Congo.

Perside DIAWAKU