Fibre optique, Nord-Kivu, Miba, LAC, Cinat, Gécamines… : le complot est pluriel

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Alors que la plupart d’Etats de notre continent fonctionnent au pas de la « 3me génération » en matière des télécommunications et aspirent à accéder à la 4me, la République Démocratique du Congo n’a toujours pas acquis son visa pour la «3me génération». Tout ceci arrive parce que les gestionnaires politiques du dossier de la fameuse fibre optique ont privilégié leur confort personnel au détriment de l’intérêt général.
N’eut été la question orale avec débat du député Emery Ukundji adressée dernièrement au ministre Tryphon Mulumba Kin-Kiey au niveau de l’Assemblée Nationale, les Congolais n’allaient pas savoir à quel point leur pays accuse du retard dans le secteur des télécommunications. En effet, l’affaire de la non connexion de la RDC à la fibre optique, alors que le câble sous-marin porteur de cette technologie de pointe « dort » sur la côte de l’Océan Atlantique, à Moanda, ressemble à un complot ourdi contre la patrie.
Tout le monde aura constaté que le nouveau ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication est tombé, tel un cheveu dans la soupe, dans un dossier où une flopée de vautours avait déjà décidé de maintenir le pays dans le sous-développement télécommunicationnel. A cause de la boulimie financière de certains compatriotes, une lourde hypothèque continue de peser sur l’entrée de la RDC dans dans le monde de la fibre optique.
 
A ce sujet, des questions restent pendantes, malgré le grand éclairage apporté par Kin-Kiey à la représentation nationale. Qui est contre la connexion de la RDC à la fibre optique ? Et pourquoi ? Qui avait négocié le contrat tant décrié avec un expatrié n’ayant pour toute référence que sa boîte « mail » ? Comment expliquer que plusieurs millions de dollars soient sortis d’une banque locale pour échouer entre les mains d’un individu n’ayant pour toute pièce d’identité que son permis de conduire ?
L’on aimerait savoir comment un projet aussi vital pour le pays est systématiquement torpillé à Moanda avec des coupures intempestives d’électricité et d’eau. Il est écoeurant d’apprendre que le site d’atterrage baigne dans une insécurité totale. A la lumière des difficultés techniques et financières qui pèsent encore sur les travaux devant sou tendre la jonction entre le câbles sous-marin et le câble terrestre, tout porte à croire que la RDC est victime d’un vaste complot orchestré contre elle par ses propres filles et fils.
 
En cette ère où les télécommunications jouent un rôle primordial comme instrument de la souveraineté des Etats, des individus anti-patrie ne veulent pas de l’indépendance de notre pays en la matière. Il serait ridicule que la RDC rate la chance d’être connectée à la fibre optique avant le Sommet de la Francophonie et reste à la traîne de ses voisins de l’Afrique Centrale et de l’Est.
 
L’amour de la patrie : un slogan creux
 
Dans son discours d’investiture, le 20 décembre 2011, le Chef de l’Etat a indiqué qu’il comptait travailler, pour son deuxième quinquennat, avec des concitoyens ayant l’amour du Congo et partageant sa vision. Ce credo est depuis repris en chœur par tous ceux qui se font passer pour des « Kabilistes » purs et durs. Force est cependant de constater, dans plusieurs secteurs de la vie nationale que l’amour de la patrie dont parlent certains, à longueur de journée, n’est qu’un slogan creux. Le dossier de la fibre optique vient de nous démontrer que l’ennemi du Congolais, c’est d’abord et avant tout le Congolais lui-même, surtout quand ce dernier est investi d’une moindre parcelle de pouvoir.
Le pays est décidément victime d’un complot pluriel. Ce sont en effet des compatriotes qui sont au cœur des ennuis sécuritaires que connaît le pays au Nord-Kivu, en complicité avec le Rwanda. A l’instar du régime de Kigali, ils participent activement à l’entretien du fonds de commerce qu’est l’insécurité dans cette partie de la République.
 
Dans le secteur du Portefeuille, le patriotisme est loin d’être le fort des mandataires publics et de leurs parrains politiques. C’est sans état d’âme que les ennemis du bonheur du peuple congolais ont planifié la liquidation de la Miba (Minière de Bakwanga), des LAC (Lignes Aériennes Congolaises), de la Cinat (Cimenterie Nationale) , de la Gécamines (Générale des Carrières et des Mines), etc. Ces poules aux œufs d’or du Trésor Public sont en train d’être « décimées » par le virus de la mégestion, de la corruption, des contrats léonins, etc. Combien de fois  n’a-t-on pas vu des partenaires prêts à mettre la main à la poche pour assurer leur relance découragés par  des réseaux maffieux des « messieurs 40 % », ces chasseurs invétérés des commissions ? En politique, en diplomatie, comme dans les secteurs de la sécurité, de la défense nationale, des télécommunications, des mines, des transports aériens ou autres…, la RDC est prise dans l’engrenage d’un complot pluriel.
Pour sauver le Congo, il faut que se lève, le plus tôt possible, une redoutable armée de vrais nationalistes, prêts à mourir pour le pays, à se sacrifier pour l’intérêt général, à oeuvrer pour le bien-être collectif.
 
 Kimp

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