Fiasco à la CPI

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Les doutes que ne cessaient de susciter les procédures de la Cour Pénale Internationale viennent de trouver partiellement une réponse avec la décision des juges de libérer le Congolais Thomas Lubanga. La tournure inattendue que vient de prendre le procès de l’ancien seigneur de guerre de l’Ituri, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, repose la problématique des méthodes de travail du Procureur Moreno Ocampo. 

            La question qui revient dans toutes les bouches est celle de savoir pourquoi ce représentant de l’accusation se précipite-t-il à envoyer en prison des présumés auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ? Logiquement, celui qui représentant l’organe de la loi au niveau de la CPI, devrait prendre tout son temps pour enquêter sur le terrain et réunir le maximum d’indices de culpabilité à charge des prévenus avant de les traduire formellement devant cette haute cour.

            L’affaire Thomas Lubanga, où des témoins ont brillé dans des contradictions flagrantes et sont soupçonnés d’avoir été soudoyés, a jeté un terrible discrédit sur non seulement Moreno Ocampo mais aussi les structures d’accusation de la CPI, qui laissent l’impression de travailler dans un amateurisme qui contraste avec les énormes moyens logistiques et financiers mis à leur disposition. 

Alors,  Jean-Pierre Bemba ? 

            Au regard du lourd préjudice causé à Thomas Lubanga, privé de sa liberté depuis quatre ans, des interrogations s’accumulent au sujet des dossiers d’autres Congolais, à savoir Matthieu Ngundjolo, Germain Katanga et Jean-Pierre Bemba Gombo. S’agissant spécialement de ce dernier, l’opinion congolaise est de moins en moins convaincue des griefs mis à sa charge par le Procureur Moreno Ocampo. Le doute est d’autant de mise que l’accusation n’a toujours pas  fourni les preuves de son implication dans les massacres de Bangui entre octobre 2002 et mars 2003. L’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo sous la période de transition (2003-2006), sénateur élu depuis les élections de 2006 et dont le mandat continue de courir, se trouve en détention au Centre pénitencier de La Haye depuis juillet 2008, après son arrestation à Bruxelles en mai de la même année.

            Il vient de passer plus de deux ans en prison sans que son procès ne puisse s’ouvrir. Les remises succèdent aux remises, tant et si bien que ses avocats, sa famille ainsi que les cadres et militants de son parti, le Mouvement de la Libération du Congo (MLC), appuyés en cela par une opinion publique congolaise sceptique, estiment que Moreno Ocampo devrait revisiter son acte d’accusation. En attendant, il devrait laisser Jean-Pierre Bemba comparaître en homme libre, comme l’exige la défense voici deux ans.

            Si le cas Lubanga peut servir de jurisprudence en matière de poursuites contre les criminels déférés devant la CPI, celle-ci devrait tirer les conséquences de ses turpitudes procédures dans les dossiers de Bemba, Ngudjolo et Katanga. Les Congolais estiment que Moreno Ocampo devrait aussi se déterminer par rapport au désaveu qui le frappe.

                                   Kimp

 

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