Feuilleton du MSR : la justice congolaise toujours à deux vitesses

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mSROn se dirige probablement vers une solution à l’amiable dans ce feuilleton du Mouvement Social pour le Renouveau. On le sait, le député MUHINDO Nzangi a été condamné à une peine de trois ans de servitude pénale le mardi de la semaine dernière à l’issue d’une procédure en flagrance à la Cour Suprême de Justice pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Le lendemain, le bureau politique de son parti le MSR avait rendu public un communiqué fumant qui critiquait dans des termes non équivoques le caractère politique de ce procès. Des termes qui ressemblent à tout point de vue à ceux que les formations politiques de l’opposition utilisent souvent pour fustiger des décisions iniques rendues par la justice congolaise à l’endroit des personnalités ne partageant pas les mêmes convictions que le pouvoir en place. Le MSR avait pris la décision de suspendre sa participation à toutes les activités de la majorité présidentielle, particulièrement aux concertations politiques qui se profilent à l’horizon.

Vers une solution politique en faveur du MSR ?

De deux choses l’une : soit que le chef de l’Etat recourt à la grâce présidentielle pour permettre au député MUHINDO Nzangi de retrouver sa liberté. Cependant, comme en droit la grâce n’efface pas la peine, l’autorité morale de l’AMP pourrait conseiller aux avocats de ce député du MSR d’accélérer la procédure de la révision de ce procès au regard des éléments nouveaux pour anéantir complètement la peine de servitude pénale principale de trois ans.

La justice à deux vitesses 

 Il est donc presque certain que le chef de l’Etat doit avoir donné des assurances aux délégués du MSR dans le sens d’une prochaine remise en liberté de leur compagnon. Si tel est le cas, il va se poser le problème des autres prisonniers politiques qui peuplent la prison centrale de Makala. Notamment des personnalités de la trempe de CHALOUPA, Gustave BAGAYAMUKWE, Fernando KUTINO, Guy Eugène DIOMI Ndongala, condamnés à des peines lourdes sur base des accusations non fondées ni en droit ni en fait.

Au cas où le député MUHINDI venait à bénéficier d’une quelconque mesure de se remise en liberté suite à une intervention personnelle du chef de l’Etat, notamment par une grâce, cela va se révéler comme une faveur particulière au bénéfice d’un membre de sa famille politique. Un geste qui serait mal apprécié par les familles biologiques, les connaissances et les formations politiques des autres prisonniers politiques qui ont été condamnés et qui avaient déjà purgé leurs peines ou plus de la moitié. Ainsi donc, grâce à son appartenance à la famille politique membre d l’AMP, le député MUHINDO a lui au moins la chance d’attirer l’attention particulière du Président de la République revêtu des prérogatives de pouvoir réduire ou annuler n’importe quelle peine de prison. Qu’en est-t-il de ceux-là qui n’ont pas cette opportunité d’approcher le magistrat suprême ?

Vivement l’amnistie générale

D’aucuns estiment que le chef de l’Etat pourrait profiter de cette aubaine pour faire d’une pierre deux coups en signant des ordonnances d’amnistie générale en faveur de tous les prisonniers politiques. Une façon de lancer un signal de poids pour booster ces concertations politiques de derniers espoirs dans le cadre du processus de la cohésion et de la réconciliation. Des thèmes qu’il avait lui-même si heureusement utilisés dans son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès. Question d’apparaître comme le symbole de l’unité nationale et le garant de la nation.

 Toutefois, le commun de mortel s’interroge s’il faudra que chaque Congolais victime d’une décision judiciaire inique s’adresse au Chef de l’Etat pour obtenir réparation. Le côté négatif du dossier est la confirmation de l’existence, en RDC, d’une justice à 2 vitesses.

                                                           F.M.      

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