Fêtes de fin d’année 2010 : Noël morose à Kinshasa

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Décrétée année du social, 2010 s’en va comme elle était venue : dans la morosité. En ces derniers jours de l’an et en cette période de fêtes, beaucoup de familles sont contraintes de vivre dans la méditation. D’année en année, la misère gagne un peu plus de terrain et enlève au Congolais l’envie de vivre. Noël, fête de famille et de enfants par excellence,  s’est déroulée dans une  morosité presque totale. Et pour cause : beaucoup de travailleurs dont des milliers de  fonctionnaires de l’Etat qui accusent  deux mois de retard de salaires  n’ont toujours pas été payés et du coté officiel personne ne donne encore à ce jour une explication claire à ces parents clochardisés,  devenus incapables de satisfaire aux besoins de leurs familles.

            Hormis quelques tireurs téméraires de pétards en lieu et place de cadeaux,  la Noël, fête de l’enfant Jésus,  a été froide et n’a presque pas existé. Les rues étaient peu fréquentées par de jeunes enfants d’habitude exubérants et débordants de joie à cause de tous les cadeaux reçus de leurs parents. Les  débits de boissons, autre indicateur de la fête à Kinshasa, n’ont pas affiché  complet malgré de tonnes de décibels pour attirer la meute de clients fauchés. A la cité, les décorations de rues, autre indice de la fête de Noël, sont quasi absents. Interrogés, certains jeunes inconditionnels de ces décorations  cache-misère qui rivalisaient avec les grandes capitales du monde ont avoué ne pas avoir le cœur à l’ouvrage ou être démunis.

            N’ayant pas les moyens de leur politique, ces jeunes ont  affirmé que beaucoup de donateurs habituels ont fait défaut ou encore changé d’habitations.  Difficile pour eux de faire autrement, ce qui fait que les rues n’ont pas reçu  les  coups de bèches. Même dans les quartiers où vit la classe moyenne, la fête n’a pas été au rendez-vous.   

            Au grand marché et dans tous les lieux des négoces, les bousculades et la grande affluence festive ont plutôt laissé la place à une ambiance  désertique. Ici c’était quasiment impossible de circuler les années passées. Une pénurie de denrées alimentaires de première nécessité a fait flamber les prix. Certaines denrées ont  atteint des sommets, au vu et au su de l’autorité qui devrait veiller sur la structure de prix, notamment, le ministère de l’Economie…

            A.Vungbo

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