Festivités de fin d’année :  les Kinois s’inquiètent du regain d’insécurité

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Les FARDC en patrouille dans l'Est de la RDC. Photo MONUC/Marie Frechon
Les FARDC en patrouille dans l’Est de la RDC. Photo MONUC/Marie Frechon

Habituées à préparer les festivités de fin d’année dans la sérénité, malgré leurs difficultés, les Kinois craignent et à juste titre, le regain d’insécurité dans leur ville. Ils redoutent en effet, des actes de banditisme qui se commettent presque partout, dont la recrudescence a atteint la cote d’alerte, en même temps qu’ils suscitent  des sentiments de panique.

A Bibwa, une nuit à 23 H, sur une avenue peu éclairée, un couple est interpellé par cinq hommes armés. Ils réclament de l’argent, des bijoux et des téléphones. Craignant pour leurs vies, l’homme et son épouse s’exécutent. Ils devaient courir jusque dans leur parcelle sans regarder derrière.

Mpasa, en dépit de sa réputation d’un quartier paisible pendant la journée, devient pour ses habitants, un cauchemar dès la tombée de la nuit et surtout aux heures avancées. Des délinquants dotés d’armes blanches sillonnent certains coins isolés. La rencontre avec quelques piétons se clôture souvent par des extorsions, sinon des attaques entraînant mort d’hommes ou de graves blessures.

Les jeunes filles qui s’aventurent à emprunter seules des sentiers herbeux ou de petits ponts jetés sur les rivières sont violentées.

A Masina, la terreur et la désolation ont retrouvé le droit de cité. Des malfaiteurs armés de lames d’amortisseurs de camions, de barres de fer et de grosses pierres s’illustrent par des casses des portes métalliques de smaisons d’habitation. Les portes en bois sautent au simple coup de botte. Et les victimes désarmées et désemparées, qui ne s’étaient jamais préparées à ce genre d’attaques, ne peuvent que se soumettre à la loi de la pègre.

            Le quartier Punda attenant au Cercle hippique de Kinshasa, à Ngaliema, reçoit régulièrement la visite d’éléments incontrôlés, qui attaquent des cambistes de coins de rue, ainsi que des boutiques, souvent aux heures de fermeture. Binza, Mimoza, Cité des Anciens combattants et Delvaux, vers Lalou, constituent le champ de prédilection du banditisme urbain.

Les besoins urgents de sécurité collective méritent des réponses urgentes et efficaces

            Et en dépit de la présence de quelques résidences gardées par des militaires, ces bandits n’hésitent pas à opérer et envoyer des signaux qu’ils peuvent les attaquer à leurs postes de travail.

            Des victimes qui par bonheur, détiennent les numéros d’appel de détresse de la police, ne s’en servent pas, a-t-on appris, par crainte des représailles des malfaiteurs. Pourtant, le numéro 112 de la police, opérationnel 24 H sur 24, permet de diriger des plaintes en urgence vers le Centre de coordination, de commandement et de contrôle situé au Commissariat général de la Police nationale congolaise. L’on sait que dans sa période expérimentale, et pour raison d’efficacité, le 112 ne devrait servir uniquement que les communes de Kinshasa, Barumbu et Gombe, pour ne pas être débordé par des milliers d’appels venant de toute la ville de Kinshasa.

Dans presque toutes les communes, comme il faudrait le signaler, des écuries de Kuluna ont repris du service après la suspension de l’opération Mbata II, pourtant réclamée à cor et à cri, malgré les quelques dérapages enregistrés ci et là. Des marginaux retranchés jadis dans un pays limitrophe et expulsés vers Kinshasa, tout comme des délinquants qui s’étaient réfugiés dans le Kongo central et le Bandundu, ont regagné leurs anciens fiefs et sont venus en rajouter au foisonnement des groupes de malfaiteurs. N’oublions pas aussi que les termitières de ces hors la loi démantelées à une certaine époque, ont rouvert leurs portes et assurent l’encadrement psychologique des bandits, sous le fallacieux prétexte qu’elles forment des futurs athlètes. Chose à laquelle les commissariats et sous-commissariats  accordent peu d’importance.

            C’est dire qu’avec la présence de nombreuses bandes de marginaux, les populations martyrisées ont de bonnes raisons de se sentir angoissées à l’approche des festivités de fin d’année.

            Et pour leur quiétude, ces populations exigent que les autorités  urbaines prennent d’ores et déjà des mesures rigoureuses pour de leur sécurité. Cela n’est possible qu’avec la multiplication des patrouilles pédestres et motorisées, la relance de l’opération «  chasse aux Kuluna » et la traque de redoutables malfaiteurs qui échappent aux poursuites judiciaires, à la suite de nombreux actes de banditisme.

            Ces cris de détresse qui montent presque partout, sont révélateurs du climat d’insécurité qui règne dans la ville et des besoins urgents de sécurité collective auxquels les services appropriés doivent apporter des réponses.

                                                                               J.R.T.