Fermeture de RTK : l’Eglise kimbanguiste plaide non coupable

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Le représentant légal, 1er suppléant en charge du patrimoine de l’Eglise kimbanguiste, le révérend Elebe Kapalay, a animé un point de presse le vendredi 23 mars 2010 à l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et des conférences de Kinshasa(CKACK) sur Saio. Au cœur de l’entretien, les remous créés au sein de l’opinion par la fermeture, depuis le 14 avril dernier par la Police nationale congolaise(PNC), de la Radio Télé Kimbanguiste(RTK) entretenue par l’aile dite de Monkoto.

D’entrée de jeu, le révérend Elebe a tenu à souligner l’unicité, l’indivisibilité et l’universalité de l’Eglise kimbanguiste qui ne reconnait pas en son sein des communautés.

 De même, le sens et l’essence de la mesure gouvernementale consistant à frapper la RTK relèvent d’un souci de l’application sereine de la loi et la garantie de l’ordre public. En effet, tout en reconnaissant à chacun le droit de manifester sa religion ou ses convictions, Lebe Kapalay précise que cela doit se faire sous réserve de l’ordre public selon les articles 3 de la Constitution et 46 de la loi du 20 juillet 2001 sur les ASBL. « L’article 48 de la même loi précise que toute association confessionnelle ne peut se constituer que sous forme d’une association sans but lucratif dotée de la personnalité juridique. C’est ainsi que, nul ne peut percevoir des dons, présents, legs ou aumônes au nom d’une association confessionnelle n’ayant pas la personnalité juridique ou même d’une autre. Or, pour le cas précis, la RTK a été créée au nom de l’Eglise avec un cahier de charges soumis à une vision précise » a insisté le révérend tout en déplorant que ce média porte à ce jour entrave aux bonnes mœurs. Saluant ainsi l’autorité étatique qui protège une personne juridiquement constituée qu’est l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu, simplement dénommée Eglise kimbanguiste, Elebe Kapalay déclare que c’est dans ce cadre qu’il faut ranger l’économie et la portée des arrêtés du ministre de la Justice et leur exécution. D’où son appel à un comportement responsable de la part des uns et des autres à ce jour où l’autorité éditrice, et non l’église, est dans la phase d’exécution de ces arrêtés.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler que d’autres dispositions pertinentes de la même loi parlent clairement d’une peine de deux ans maximum et d’une amende de 50.000 FC à 200.000 FC pour quiconque qui aura perçu des dons, présents, legs ou aumônes au nom d’une association confessionnelle n’ayant pas la personnalité juridique et l’autorisation de fonctionnement. « C’est la situation qui prévaut à Monkoto, siège de la dissidence. Il va de soi qu’une clarification soit faite en ce jour, pour la compréhension du commun de mortel que l’Eglise kimbanguiste n’est pas partie prenante avec leurs démêlées judiciaires ou policiers », a clamé le révérend Lebe Kapalay.

Dans un autre chapitre, le 1er suppléant en charge du patrimoine a révélé à l’assistance que cette Eglise qui tire son origine au 6 avril 1921 n’en est pas à sa première dissidence. Dès l’aube de sa reconnaissance officielle en 1959 par le pouvoir colonial belge, des cas de mécontentements et de dissidences avaient déjà été enregistrés. Notamment, celui de Yona Muanda Vital qui la quitta pour créer le vicariat dans le Bas-Fleuve en 1963. Quant à Mpadi Simon, l’un des collaborateurs de Simon Kimbangu en 1921, il quitta également l’Eglise pour créer la sienne dénommée « Eglise des noirs en Afrique ». Un autre, Kiamosi Simon, créa pour sa part en 1964 l’ « Eglise de deux témoins » dont le siège était basé à Ntimansi, dans le Bas-Fleuve. Il y a eu encore Emmanuel Bamba, le patriarche Kayuwa Moïse de l’ « Eglise Lumière », etc.  Ce phénomène n’étant pas nouveau, estime le reverend, le Kimbanguisme pur tire son fondement des valeurs et de principes inaliénables dans l’espace et dans le temps, parmi lesquels on cite, à titre indicatif, la foi en la Sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit) ; la liberté d’adhérer ; l’obéissance à l’autorité étatique établie ; la non violence ; la fidélité au Chef spirituel et représentant légal, etc. 

Tshieke Bukasa

 

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