FDLR : Köbler annonce la fin de la récréation

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Le compte à rebours a commencé pour les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda), sommées par la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) et la CIRGL (Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs), depuis juillet 2014, de quitter le territoire congolais au plus tard le 02 janvier 2015. D’ici à neuf jours, cette « force négative » est censée avoir « dégagé ».

C’est assurément pour que ces rebelles rwandais n’allèguent pas l’oubli que Martin Köbler, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC et patron de la Monusco, de retour de New York où il vient de participer à une réunion du Conseil de Sécurité sur l’état sécuritaire dans les parties Est et Sud de la RDCongo, est monté au créneau pour les rappeler à l’ordre. Le diplomate onusien a martelé haut et fort qu’aucune prolongation ne serait accordée aux FDLR.

Aux éléments de ce groupe armé qui seraient tentés de violer l’ultimatum, Köbler a fait savoir que les Casques Bleus et la Brigade Internationale des Nations Unies n’auraient d’autre alternative que le recours à la force. C’est dans cette optique qu’il leur a rappelé le principe du désarmement volontaire en vue de leur rapatriement à effectuer dans la même logique du volontariat.

On rappelle à propos de l’ultimatum de la SADC et de la CIRGL en direction des FDLR que le Conseil de Sécurité a demandé dernièrement à la Monusco et aux FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) de prendre les dispositions requises en vue de traquer, dès l’aube du 03 janvier 2015, tout rebelle rwandais qui refuserait de déposer volontairement les armes. En principe, les deux « armées » devraient déjà se trouver en état d’alerte, en prévision du lancement des offensives contre les ennemis de la paix dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.

20 ans après, la fin de la récréation ?

A entendre Martin Köbler, la date du 02 janvier 2015 devrait marquer le début de la fin de la récréation pour les FDLR, omniprésentes depuis 20 ans (1994) dans les parties Est et Sud du territoire congolais. Tant mieux si la volonté onusienne de mettre un terme au safari de cette force négative se conjuguait avec des actions concertées Monusco-FARDC pour débusquer de leurs maquis ces rebelles rwandais, qui se croient inattaquables dans les profondeurs des forêts du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

La fin effective de la récréation ne pourrait être sifflée que si les troupes congolaises et onusiennes ne reculent devant rien, comme elles l’avaient fait en octobre 2013 contre les combattants du M23, cette rébellion congolaise qui avait fait couler un fleuve de sang au Nord-Kivu pendant plus d’une année, soit du mois de mai 2012 à celui d’octobre 2013, s’offrant au passage le luxe d’occuper la ville de Goma de novembre à décembre 2012, ce qui avait constitué une terrible humiliation pour l’armée congolaise.

Il est difficile pour les autochtones de cette partie de la République de se montrer optimistes au stade actuel de l’ultimatum verbal de la SADC et de la CIRGL contre les FDLR ainsi que des déclarations d’intention du Conseil de Sécurité d’en finir avec elles une bonne fois pour toutes. Car, ils gardent encore présents à l’esprit les lendemains cauchemardesques qu’ils vivent sous la bannière de l’ADF-Nalu, annoncés pourtant comme « force négative » résiduelle en voie d’extermination, peu après la reddition des rebelles du M23 face aux troupes mixtes FARDC-Monusco, en octobre 2013.

Un scénario inexplicable et incroyable s’est invité sur la ligne de front depuis trois mois, consacrant des massacres en série signés par un commando invisible de ces rebelles ougandais dans la périphérie de Beni. A ce jour, un lourd bilan de plus de trois cents innocents liquidés a remis en question tout le dispositif sécuritaire mis en place dans le cadre de l’opération « Sukola ». L’invulnérabilité apparente de l’ADF-Nalu a eu comme impact négatif la rupture de la confiance entre les populations civiles et le tandem FARDC-Monusco. Aussi, les opérations imminentes de traque des FDLR devraient avoir été minutieusement préparées pour ne pas souffrir des faiblesses de nature à semer de nouveau le doute chez les compatriotes de l’Est, sérieusement tentés de croire qu’un agenda caché serait entretenu par des forces occultes pour empêcher le Nord-Kivu et le Sud-Kivu de retrouver le chemin d’une paix durable.

Réseaux des commanditaires intouchables ?

Dans les dossiers du M23, de l’ADF-Nalu comme dans celui des FDLR, la grande inconnue reste la nature des réseaux des commanditaires, auxquels obéissent au doigt et à l’œil les combattants présents sur les différentes lignes de front, car dépendants d’eux en armes, munitions et surtout finances. Il a été constaté que pour souscrire à une quelconque initiative de paix, les officiers et combattants de forces négatives aussi bien congolaises qu’étrangères attendent des ordres de leurs parrains planqués à Kampala, Kigali, Paris, Bruxelles, Londres voire Kinshasa.

Aussi, nombre d’observateurs pensent qu’il y a lieu de mener des enquêtes indépendantes et sérieuses pour identifier et neutraliser les hommes de l’ombre qui incitent des bandes de terroristes à ne pas déposer les armes. Tant que le business des individus qui s’enrichissent avec comme fond de commerce l’insécurité en République Démocratique du Congo ne sera pas cassé, en interne comme en dehors des frontières congolaises, il y a peu d’espoir de sortir du cercle vicieux des guerres et rébellions à répétition.               Kimp