Fayulu transforme son interpellation en motion de défiance

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La séance plénière de mercredi à l’assemblée provinciale a été fort intéressante et enrichissante à plus d’un égard. Tout d’abord, M. Martin FAYULU est parvenu à transformer son interpellation en une motion de défiance contre le ministre provincial des Finances, Economie et Budget. Car, conformément à l’article 202 du Règlement Intérieur de cette institution législative provinciale, dès lors que l’interpellateur ne s’estime pas satisfait des réponses données par l’autorité interpellée, il dispose du droit de transformer son interpellation en une motion de défiance signée par au moins cinq membres de l’assemblée. Le bureau a pris acte de cette motion et a promis de l’examiner avant de se prononcer dans 48 heures, à la séance plénière prévue pour le samedi prochain. On rappelle que le président de l’ECIDE avait commencé par une question orale avec débat au sujet de l’état des finances de la Ville qui, selon lui, sont mal gérées et le ministre était accusé d’avoir ouvert des comptes bancaires parallèles à ceux de la Ville, qu’il serait le seul à actionner et dans lesquels il aurait placés les recettes provenant de la vente des vignettes. La plénière de ce samedi s’annonce donc chaude car elle va mettre pour la seconde fois face-à-face le ministre provincial des Finances et M. Martin FAYULU Madidi.

Ensuite, le président de l’assemblée provinciale a annoncé à la plénière que les deux propositions d’édits seront inscrites dans le calendrier des matières pour cette session en cours. La première concerne les dispositions et la vente des véhicules dans la ville-province tandis que la seconde fixe les règles générales de l’administration relative à la fonction publique de la ville.

MPIKA Massamba en sursis des trois mois

Le deuxième ministre à passer sous le feu des députés provinciaux a été celui des Transports, Tourisme, Culture et Arts, M. MPIKA Massamba qui a été l’objet d’une interpellation initiée par le député KIAKU au sujet de la non application de l’édit N° 004/2007 portant réglementation des affiches publicitaires. Pour l’honorable KIAKU, non seulement il relève le non respect de cet édit mais en plus il y a conflit des compétences entre la Ville et le Gouvernement Central à ce sujet. Le ministre des Transports a pour sa part fait savoir qu’au lieu de saisir la Cour Suprême de Justice siégeant en cour constitutionnelle, le gouvernement provincial a jugé urgent de faire pression sur les annonceurs, ce qui a eu des effets bénéfiques. Les recettes générées par ce secteur sont passées de 5.000 à 100.000 dollars Us en 2009. Cependant, a-t-il prévenu, les travaux d’aménagement des routes sur le Boulevard du 30 Juin et ailleurs ont eu un impact réel sur les recettes publicitaires en les réduisant sensiblement. Mais les espoirs sont permis avec la fin de ces travaux d’ici peu, s’est-il réjoui.

Après débats et délibérations, M. KIAKU est demeuré sur sa soif parce qu’à ses yeux l’édit en question n’a pas été respecté en plus du fait que ce n’est pas seulement sur le Boulevard du 30 juin que sont concentrés les annonceurs, car des affiches publicitaires existent à travers la plupart des rues et avenues de la capitales et il faudra éclairer la religion des élus du peuple sur la destination des recettes générées à ce niveau. L’initiateur de cette interpellation a reconnu tout de même des circonstances  atténuantes en faveur du ministre des Transports dans la mesure où il n’est entré en fonction longtemps après que le dit édit ait été voté et promulgué. Cependant, il lui accorde trois mois de sursis à l’issue desquels si le conflit des compétences persiste entre la ville et le gouvernement central, car c’est ce qui réduit les recettes publicitaires prévues pour Kinshasa, il va transformer son interpellation en motion de défiance.

La Réplique de Thérèse OLENGA pour ce samedi

Mme Thérèse OLENGA, ministre de l’Education Nationale, Environnement et Genre a fait l’objet d’une question orale avec débat initiée par le député KALELO Kobi sur l’état de l’environnement de la capitale. Ce dernier a articulé sa question en cinq points, à savoir la pollution du fleuve Congo et ses affluents, les déchets non recyclés, les espaces verts détruits, la prolifération des endroits sonores et la pollution de l’air.

Très prolixe, la ministre OLENGA a loué l’initiative si bénéfique du député provincial car l’insalubrité est le mal profond qui menace non seulement la ville de Kinshasa mais aussi ses environs et pire elle compromet l’avenir de générations futures. Elle a démarré son discours par rappeler les causes profondes de cette insalubrité, en faisant l’état des lieux, les stratégies opérationnelles et les points forts. D’une manière générale, les efforts du gouvernement provincial vont se focaliser sur des actions concrètes en y associant le plus possible les opérateurs économiques nationaux et pourquoi pas les partenaires extérieurs ainsi que le Gouvernement Central.

Mme OLENGA ne s’est pas empêchée de stigmatiser certaines difficultés qui se mettent au travers les efforts du gouvernement. Notamment, la faiblesse du cadre juridique, l’absence de culture d’assainissement dans le chef des populations locales en plus de la faible participation aux travaux communautaires contre l’insalubrité, la faiblesse des capacités humaines qui se caractérise par la prolifération des pousse-pousseurs pour l’enlèvement des déchets ménagers et toxiques, la faible capacité matérielle et financière pour acquérir des engins d’évacuation. Mme OLENGA a révélé qu’à ce jour la ville de Kinshasa ne dispose pas de pelles excavatrices pour les travaux d’assainissement comme cela se fait sous d’autres cieux. Elle n’a pas manqué de regretter le manque de suivi de la part des pouvoirs publics et des comités locaux au sujet des travaux d’assainissement effectués par des partenaires extérieurs. 

 Comme points forts, Mme OLENGA s’est réjouie du fait que la communauté internationale a pris conscience du danger que représente l’insalubrité sur l’environnement mondial. Ce n’est plus l’affaire ni d’un seul pays ni d’un seul continent, c’est l’avenir de l’humanité toute entière qui est en jeu. Pour l’instant, la Ville a déjà mis en place de comités locaux d’environnement et il y a lieu de noter l’érection d’une décharge publique à Mpasa, d’autres sont à l’étude pour faciliter les divers mouvements d’évacuation des déchets ménagers et toxiques. Avec une entreprise commerciale privée de la trempe des usines métallurgiques « LEDIA », les amas des ferrailles qui jadis encombraient la ville ont disparu de la circulation. Des efforts similaires sont en cours en ce qui concerne les déchets en plastique non biodégradables, a-t-elle rassuré.

 L’initiateur de la question orale avec débat ainsi que la plupart des intervenants ont regretté que la ministre de l’Environnement ne s’est contentée que des promesses et des projets alors que le commun des kinois attend des actes concrets. Le président Roger NSINGI a suspendu la séance pour la reprendre le samedi prochain en vue de permettre à Mme la ministre de répliquer aux observations des députés provinciaux.

Castro   

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