Fayulu rappelle à Kabila la ligne rouge : 31 décembre 2017

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Revenu fraichement dans la capitale au milieu de la semaine, après avoir été malmené par les services de sécurité lors de sa tournée dans la province du Kongo Central, Martin Fayulu vient de radicaliser sa position vis-à-vis du pouvoir en place.

Lors d’une conférence qu’il a animée hier jeudi 7 septembre 2017 au siège de son parti, sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, cet acteur politique de l’opposition, membre du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au
Changement, a rappelé au président Kabila la date fatidique du 31 décembre 2017, qui devrait marquer la fin de douze mois de prolongation de mandat lui reconnu par l’Accord de la Saint Sylvestre, car il la considère comme la ligne rouge à ne pas franchir.

«Qu’il y ait élection ou pas, Joseph Kabila doit quitter le pouvoir», a martelé le président de l’ECIDé. Dans la foulée, il a réaffirmé son soutien sans ambages au « Manifeste citoyen Esili » adopté dernièrement à Paris par des acteurs de la société civile, sous la coordination de l’IDGPA (Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique).
A ce sujet, Fayulu a exhorté tous les Congolais et Congolaises à
adhérer à ce manifeste et à s’engager résolument dans la lutte pour
l’alternance démocratique à l’horizon 2017.
Tout en dénonçant les dérives du pouvoir en place, ce sociétaire du
Rassemblement à appelé la majorité silencieuse congolaise à mettre en
application, le moment venu, l’article 64 de la Constitution.
Martin Fayulu a estimé qu’il est temps que la République Démocratique
du Congo retrouve ses lettres de noblesse dans le concert des nations
et cesse d’être la risée du monde.
Parlant du chemin de la croix qu’il a vécu pendant sa tournée au
Kongo Central, le Coordonateur des FAC (Forces Acquises au Changement)
a fustigé le fait que les partis politiques de l’opposition en
général, et l’ECIdé en particulier, sont régulièrement victimes des
restrictions dans l’exercice de leurs activités à Kinshasa comme en
provinces, pour des raisons inexpliquées.
Il a accusé le pouvoir en place d’avoir instruit les services de
sécurité pour l’empêcher de tenir la moindre activité politique au
Kongo Central, sous prétexte qu’il ferait le jeu de Bundu dia Mayala
(ex-Bundu dia Kongo).
Selon lui, son site d’hébergements avec les cadres de son parti,
était encerclé à Moanda par les services de sécurité. Fayulu a dénoncé
un complot prémédité contre lui à Moanda et Boma visant à l’associer
aux adeptes du gourou Ne Muanda Nsemi de l’ex-Bundu dia Kongo, afin de
lancer une procédure de flagrance contre lui.
« Ce qui se passe dans notre pays est inacceptable, car
manifestement, il y a de l’espace pour les partis politiques de la
majorité et pas d’espace du tout pour ceux qui sont de l’opposition »,
a déploré le président de l’ECIDé.

ERIC WEMBA