FARDC et MONUSCO vers un assaut dans le «Triangle de la mort»

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IMG_0116Invité au point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC(Monusco), le numéro 1 des casques bleus en RDC, le général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz, a annoncé le déploiement prochain d’une compagnie des soldats de la paix à Pweto, dans la partie nord de la province du Katanga, en proie aux multiples exactions des groupuscules armés. Ces soldats onusiens, précise-t-il, vont s’associer aux Forces armées de la RD Congo(FARDC) dans l’assaut militaire contre les forces négatives qui écument cette partie de la République.

En effet, c’est depuis octobre 2013 que la situation sécuritaire s’est davantage détériorée dans la province du Katanga, particulièrement dans les territoires de Manono, Pweto et Mitwaba- le « Triangle de la mort »- avec plusieurs centaines de maisons incendiées et pillées, des tueries et autres violences. Durant cette période la région a vu la naissance de plus de huit nouveaux groupes Mai- Mai.

  Cependant au cours de la semaine qui vient de s’achever, la situation sécuritaire a été jugée volatile et imprévisible à cause de la résurgence des activités des éléments Mai-Mai Gédéon et Bakata-Katanga, particulièrement dans les territoires de Pweto, Manono et Mitwaba. A titre exemplatif, le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, a rapporté que durant la période sous examen la coalition radicale ‘’Musalaba’’ des Mai-Mai Bakata-Katanga a lancé une série d’attaques contre les populations civiles dans les villages situés dans le triangle de la mort, mettant ainsi en pratique leur politique de la terre brûlée.

En dehors de ce triangle, le territoire de Malemba Nkulu est aussi affecté ainsi que d’autres comme Kambove et Kipushi, qui traditionnellement calmes depuis un moment, commencent également à subir les affres d’activisme des Mai-Mai. Bien que ces territoires soient de plus en plus vulnérables aux attaques des Mai Mai, la ville de Lubumbashi et ses environs ne sont pas du reste à l’abri.

 A en croire des sources onusiennes, la capacité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à sécuriser ces régions est limitée en raison de leur effectif réduit. La capacité des Casques bleus des Nations Unies est également limitée -450 hommes seulement pour le Katanga. « Au regard de l’importance stratégique du Katanga dans l’économie du pays, cette province mérite une attention particulière pour limiter les exactions et protéger les civils face à un conflit qui gagne du terrain » a indiqué le responsable onusien.

Les populations paient un lourd tribut

 Il convient de noter que ces conflits ont engendré plusieurs conséquences humanitaires, notamment en termes de mouvements de population. La province compte aujourd’hui plus de 402.000 personnes déplacées internes, une hausse de 50.000 par rapport au chiffre de septembre 2013. Parmi ceux-ci 36.000 ont effectivement été déplacés durant ces trois derniers mois. Par contre le nombre de personnes retournées a aussi augmenté de 50 555 personnes, atteignant 217 721 pour la même période. Ce double mouvement contradictoire est lié directement à la situation sécuritaire de ces régions.

A l’instar des autres provinces de l’Est du pays, 85% de ces déplacés se trouvent dans des familles d’accueil, les 15% restants vivent dans des sites spontanés ou des édifices publics tels que les écoles et églises. La promiscuité dans laquelle vivent les déplacés les expose au risque de propagation de certaines maladies et épidémies telles que le choléra.

Réponse d’urgence en marche

Pour les nouveaux déplacés, la réponse humanitaire est en cours : Le Programme alimentaire mondial (PAM) a débuté le 15 janvier, ses livraisons aux nouveaux déplacés de Mitwaba; le programme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP) a, pour sa part, organisé des foires et distributions en articles ménagers essentiels au profit de plus de 20 000 déplacés dans les localités de Lukonzolwa (Pweto) et Luhonge (Kalemie).

Contraintes et défis à relever

Un plan de réponse sectoriel est en place pour les zones concernées par la crise (Manono, Mitwaba, Malemba Nkulu et Pweto) où les besoins, gaps et activités sont en cours d’identification.

 Cependant, les acteurs font face à plusieurs contraintes : l’insécurité, marquée par la présence des Mai-Mai qui continuent à gagner du terrain, réduit sensiblement l’action humanitaire. La faible présence des partenaires capables de répondre à temps face à une crise constitue aussi un handicap. Les contraintes logistiques, notamment le mauvais état des routes, figurent aussi parmi les difficultés majeures que rencontrent les humanitaires du Katanga. Une autre contrainte de taille reste la mobilisation des fonds.

Face à cela, les acteurs humanitaires continuent à réfléchir sur la problématique d’accompagnement des interventions humanitaires par des mécanismes de réponse qui s’inscrivent dans la durée. Mais en attendant qu’une solution durable soit trouvée à tous les maux dont souffre le Katanga, l’insécurité perdure et la population continue à en payer le prix fort.

Découverte de 160 engins non explosés à Moba

 •L’ONG Mines Advisory Group (MAG) a découvert le 11 février près de 160 engins non explosés (UXO) dans plusieurs localités situées dans le sud-est de Moba (Kala, Mulonde, Mulunguzi et Pepa). La démolition de ces engins a eu lieu à Kalemie la semaine dernière. La même organisation ainsi que certains partenaires pensent que beaucoup d’autres engins non explosés existent encore dans la zone, d’où la poursuite des activités pour les détecter et ainsi faire la cartographie des zones à risque.

Tshieke Bukasa

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