FARDC : assurer les arrières pour capitaliser les victoires

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3193005523_1_2_b12fdOsGDes nouvelles assez rassurantes sur les victoires des Fardc dans leur reconquête des territoires jadis sous contrôle des rebelles du M 23, ont mis du baume dans le cœur de tous les patriotes et de l’ensemble du peuple congolais. Des scènes de liesse étaient observées depuis samedi, dimanche et hier lundi, dans les rues du territoire de Rutshuru, particulièrement à Kibumba et à Rumangabo, pour ne citer que ceux-là, après le départ des éléments du M 23 incapables de résister à un déluge de feu ininterrompu de l’armée nationale. Voilà qui explique pourquoi à leur arrivée, les troupes loyalistes des Fardc avaient en effet, fait l’objet d’un accueil spontané et délirant de la part des populations qui brandissaient à leur passage, des rameaux et des branches d’arbres. Des jeunes avaient pris d’assaut les chars de combat et se faisaient photographier aux côtés des militaires entrés en triomphateurs.

L’on comprendra aisément le sens de ces réjouissances, car ils voyaient enfin s’éloigner le spectre de la balkanisation de cette partie de la RDC. A des milliers de kilomètres de là, à Kinshasa comme dans les autres provinces, et même dans les milieux de la diaspora congolaise à l’étranger, ce sont les mêmes sentiments de satisfaction et de soulagement qui étaient enregistrés. L’inquiétude qui se lisait sur tous les visages depuis que les rebelles du CNDP avaient envahi certains villages du Nord-Kivu, a laissé en l’espace d’un matin, place à l’enthousiasme populaire. Partout, on félicite les vaillants militaires des Fardc pour leurs hauts faits d’armes sur le terrain où il y a des mois, ils étaient contraints de stopper leur progression pour donner la chance aux négociations de Kampala. Cette sorte de cessez-le-feu unilatéral avait permis aux éléments du M 23, comme il faudrait le stigmatiser aujourd’hui, non seulement de se reconstituer grâce aux appuis en renforts militaires venus du Rwanda, mais d’installer des réfugiés rwandais en provenance de Tanzanie, à travers des colonies de peuplement. Au moment où les experts du gouvernement congolais et de cette rébellion soutenue par les voisins de la RDC, continuaient à siéger à Kampala, les éléments du M 23 recrutaient au Nord-Kivu, des jeunes réfugiés rwandais en leur assurant une formation militaire accélérée, afin de renforcer leurs positions. Pire, ils se sont attirés la colère de la population en suscitant des mouvements de déplacement massifs des populations et en multipliant des exactions, des violences et des viols sur des femmes et des enfants. La récente découverte des fosses communes a sonné le glas de cette rébellion qui prétendait apporter plus de démocratie et le respect des droits de l’Homme au Congo démocratique. En outre, elle s’est attaquée aux forces de la Monusco et causé la mort d’un Casque bleu tanzanien. Un hélicoptère de cette mission de Nations Unies avait essuyé dernièrement des tirs de cette rébellion, alors qu’elle effectuait des vols de surveillance routiniers. A cette occasion, la Mission onusienne a élevé des vives protestations contre cette attaque et mis en garde les dirigeants de ce mouvement rebelle.

 Enfin, les réfugiés congolais peuvent aspirer à regagner leurs territoires

Aujourd’hui, dans les pays voisins, les réfugiés congolais qui avaient fui les affrontements entre les éléments du M 23 et l’armée nationale, attendent un signal du gouvernement congolais pour regagner leurs territoires, villages et localités. Aussi avec ces victoires qui galvanisent le moral des troupes loyalistes, priorité est de capitaliser cette progression sur le terrain par des mesures efficaces d’accompagnement. C’est dans ce cadre qu’il faudrait que notre armée puisse assurer une fois pour toutes, les arrières, en renforçant le dispositif militaire dans tous les territoires reconquis aux rebelles. L’urgence serait donc de faire de Rumangabo avec son camp militaire, et ses environs, la plate-forme de ce dispositif défensif qui aura à renforcer la couverture sécuritaire de cette partie du territoire national. Ce qui permettrait en définitive de verrouiller les incursions des rebelles, de réinstaller les services de l’Etat et de relancer les travaux de développement en faveur de ces territoires. Grâce à un programme d’actions prioritaires, le gouvernement provincial du Nord-Kivu devrait assurer la reprise des travaux agricoles, la réouverture des écoles fermées, des hôpitaux et centres de santé, et favoriser les échanges commerciaux interprovinciaux.

Sur le plan militaire, les observateurs sont d’avis que cette fois, au moment où notre armée a le vent en poupe, il nous faudrait éviter des dysfonctionnements du commandement au front, avec des contre-ordres du genre de ceux qui avaient démobilisé nos vaillants militaires dans les différents fronts et redonné avantage aux rebelles. On n’oubliera pas de sitôt les épisodes tragiques de trahison qui se sont caractérisés par des actes de démobilisation tels que le détournement des rations et des soldes de nos militaires, la permutation des officiers supérieurs aux fronts, la lenteur injustifiée dans l’expédition des renforts militaires  qui ont malheureusement abouti à la reprise sans combats par les éléments du M 23, des territoires et des villages conquis de haute lutte par les Fardc.

J.R.T.                                                                                               

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