Facture trop lourde pour une paix illusoire

0
22

La relecture de l’Accord du 23 mars 2009 offre à des millions de nos compatriotes l’opportunité de constater combien est lourde la facture à payer pour une paix jusque-là restée illusoire au Nord-Kivu. Depuis deux ans, des milliers de Congolais sont morts ou jetés sur le chemin de l’exil intérieur comme extérieur au nom d’un compromis politique qui a fait plus de mal que de bien à leur patrie. Depuis deux ans, la partie Est du pays est pillée sans vergogne par une multitude de forces négatives, avec des complicités congolaises. A cause de l’insécurité récurrente au Nord-Kivu, d’importants moyens financiers sont engloutis dans l’effort de guerre, bloquant ainsi plusieurs projets de développement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des infrastructures de base, de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des mines, des hydrocarbures, du transport, des télécommunications, etc.

Le gouvernement congolais était visiblement tombé dans le piège du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), conduit alors par le général Bosco Ntaganda, après la mise à l’ombre théâtrale de son ancien mentor, le général Laurent Nkundabatware.
Ce mouvement rebelle, qui avait fait croire au pouvoir en place à Kinshasa qu’il se transformait en parti politique, avait gagné une première manche, celle de l’intégration automatique de ses combattants et officiers au sein des FARDC, avec grades, fonctions, amnistie générale.
Les autres termes de l’Accord prévoyaient le rapatriement des réfugiés congolais dans des sites réaménagés comme pour l’accueil de petits princes de retour d’exil, la gestion de l’administration publique par des agences aux contours flous, la mise en place de structures parallèles à la justice pour le règlement des conflits, le recours à la proportionnelle intégrale comme mode d’élection, etc. Bref, la communauté rwandophone congolaise était érigée en une minorité spéciale devant jouir de faveurs particulières aux plans politique, militaire et social.


Maintenant que l’Accord du 23 mars 2009 a montré ses limites, il est temps de tirer des leçons. La première est que si le projet soumis au gouvernement congolais avant sa signature avait fait l’objet d’un large débat, par exemple au Parlement, il est sûr et certain que des esprits avertis auraient décelé les clauses attentatoires aux intérêts vitaux de la Nation.
La seconde leçon est que les compatriotes enclins à privatiser les dossiers d’intérêt national devraient arrêter avec leur manie.
La troisième leçon est que la République devrait lever un panel de négociateurs pétris de patriotisme mais aussi d’une grande capacité d’analyse des faits et données qui engagent l’avenir de la Nation.
La quatrième est que l’Accord du 23 mars 2009 est réputé caduc du fait de l’entrée en scène d’un fantôme non signataire, à savoir le M23.
La cinquième leçon se veut une prise de conscience de la « gaffe » du 23 mars 2009 et de l’engagement collectif à ne plus retomber dans l’erreur.
La sixième leçon est une interpellation des décideurs politiques sur l’impératif de ne plus tergiverser dans le travail de réforme de l’armée national et des services de sécurité.
Il y a autant de leçons à tirer de cet Accord de malheur qui menace condamne aujourd’hui le pays de partition et condamne des milliers de compatriotes à l’errance.


   
Kimp
 

LEAVE A REPLY

*