Face à face Fayulu-Ministre de la Défense

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Le face à face tant attendu entre le député national Martin Fayulu et le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, est annoncé pour ce mercredi 30 mai 2012 à partir de 12 heures, dans la salle des Congrès du Palais du Peuple. La séance de ce jour sera, sauf imprévu, consacrée à la « Question orale avec débat » articulée depuis le 18 mai par le premier en direction du second. On rappelle que le mercredi 23 mai, un profond malaise avait secoué à l’hémicycle de Lingwala à la suite du silence du staff de la Chambre basse du Parlement au sujet de la requête de Martin Fayulu. 
 
Dans l’entendement de beaucoup, c’est ce jour-là que le Vice-Premier ministre et Ministre de la Défense devait se présenter devant la Représentation nationale, d’autant que des communiqués contradictoires livrés par les FARDC et les mutins s’accumulaient dans la mémoire collective des Congolais, sans compter les messages en provenance de Kigali faisant état de contacts suivis entre officiels congolais et rwandais sur le dossier sécuritaire du Nord-Kivu.
L’élu du peuple a finalement reçu le feu vert du Bureau de l’Assemblée Nationale, en fin de semaine dernière, en vue d’obtenir de ce membre du gouvernement des réponses requises au sujet de la situations sécuritaire qui prévaut dans la province du Nord-Kivu. Martin Fayulu voudrait notamment que le patron de la défense fasse l’état des lieux ce qui concerne les affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les mutins regroupés sous deux labels, à savoir le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) du général Bosco Ntaganda et le Mouvement du 23 Mars (M.23) du colonel Makenga.
L’auteur de la toute première question orale avec débat de la nouvelle législature (2011-2016) va chercher à savoir aussi pourquoi la « guerre » ne s’arrête jamais au Nord-Kivu depuis des décennies, en dépit des promesses répétées des officiels de Kinshasa de liquider ce qu’ils appellent les dernières poches de résistance des groupes armés nationaux et étrangers. Peu avant l’investiture du Gouvernement conduit par le Premier ministre Matata, Martin Fayulu avait déjà soulevé la question et interpellé ce dernier sur le flou entretenu autour des menaces visibles de balkanisation de la RDC à partir du Nord-Kivu.
L’autre préoccupation pour laquelle ce député national aimerait avoir un éclairage suffisant est celle de savoir si le gouvernement congolais est réellement déterminé à exécuter le mandat d’arrêt international lancé par la CPI contre le général Bosco Ntanganda. Le statut de cet officier supérieur présenté il y a peu comme une pièce maîtresse du retour de la paix durable à l’Est du pays mérite d’être clarifié, dès lors qu’il vient de retourner armes et troupes contre les FARDC et qu’il est fiché, à la Cour Pénale International, comme sujet rwandais.
Avec la « Question orale avec débat » ficelée par Martin Fayulu et la disponibilité du Vice-Premier ministre et Ministre de la Défense de l’affronter au Palais du Peuple, il est permis de croire que le dossier sécuritaire du Nord-Kivu va être débarrassé de tous les tabous qui l’empêchaient d’être discuté publiquement, et qui faisaient passer pour des ennemis de la patrie quiconque tentait de critiquer les alliances contre-nature entre les FARDC et les forces négatives (intégration, mixage, brassage) ou FARDC-Armée rwandaise.
 
Kimp

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