F. Tshisekedi Premier Ministre en septembre ?

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Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Des informations ou rumeurs en circulation depuis le dernier week-end sur les réseaux sociaux font état de la reprise de contacts entre le Palais de la Nation et Limete, dans le style de ceux ayant mis face à face, à Venise (Italie) et Ibiza (Espagne) en 2015, des émissaires de Joseph Kabila et ceux d’Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire. Ce
rapprochement supposé viserait, indique-t-on, à rechercher une nouvelle voie de sortie à la crise politique et institutionnelle née de l’application controversée de l’Accord du 31 décembre 2016 et de son Arrangement Particulier.

Des sources officieuses, difficiles à vérifier, soutiennent que Félix Tshisekedi en personne, président du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, aurait été approché par des délégués de la Majorité Présidentielle, qui lui auraient proposé
de prendre la direction du Gouvernement en septembre 2017, en vue d’être investi Premier ministre par l’Assemblée Nationale au cours de la session ordinaire du Parlement qui s’ouvrira le même mois.
Un des termes de ce projet de deal politique fixerait la durée de la
Transition à 24 mois. Selon ce schéma, les élections, notamment
présidentielle, législatives nationales et provinciales, pourraient se
tenir vers le mois d’avril 2019. L’autre condition qu’aurait posée la
Majorité Présidentielle pour laisser la Primature à l’UDPS serait
l’éjection des ténors du G7 du Rassemblement, à savoir Moïse Katumbi,
Pierre Lumbi, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula,
José Endundo, Dany Banza et Christian Mwando). La présence de ces
dissidents de la famille politique du Chef de l’Etat au sein de cette
méga-plate forme de l’Opposition, semble-t-il, gênerait sérieusement
cette dernière dans sa volonté de cohabitation non conflictuelle avec
l’UDPS au cours d’une transition devant déboucher sur des élections
réellement libres, transparentes et apaisées.
Ainsi, l’équipe ministérielle que conduit Bruno Tshibala depuis le 16
mai 2017, date de son investiture par la chambre basse du Parlement,
serait en sursis pour encore trois ou quatre mois. On laisse entendre
que malgré des velléités verbales de résistance, la Majorité
Présidentielle ferait grand cas des pressions internationales
destinées à la ramener sur le chemin de l’Accord du 31 décembre 2016,
tel que signé sous l’égide de la Cenco (Conférence Episcopale
Nationale du Congo) et un des gestes de sa bonne foi serait de
permettre à Félix Tshisekedi de diriger le futur gouvernement de
Transition.

L’UDPS parle de faux bruits

Contacté par Le Phare au sujet de tout ce qui se raconte au sujet de
prétendues négociations en coulisses entre des envoyés spéciaux de la
Majorité Présidentielle et le président du Rassemblement, Augustin
Kabuya, porte-parole de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès
Social), les a démenties de la manière la plus formelle. A l’en
croire, Félix Tshisekedi n’est nullement tenté par une Primature à
prendre comme un cadeau du prince, en violation de l’Accord du 31
décembre 2016 et de l’Arrangement Particulier.
Tous ceux qui comptent sur un acte de trahison du fils d’Etienne
Tshisekedi, a-t-il martelé, se trompent d’époque et de combat
politique.
L’interlocuteur du Phare a également démenti l’affirmation selon
laquelle Félix Tshisekedi aurait éconduit des émissaires du Chef de
l’Etat ayant pris langue avec lui, leur recommandant de s’adresser à
la Cenco pour un nouveau rapprochement entre les signataires de
l’Accord de la Saint Sylvestre. Augustin Kabuya affirme que le
Président du Rassemblement n’avait personne à éconduire car n’ayant
échangé avec aucun délégué de la Majorité Présidentielle.
Tout ce que reconnaît le porte-parole de l’UDPS, c’est une série de
contacts intervenus le lundi 29 et le mardi 30 mai 2017 entre une
délégation du Rassemblement composée de Félix Tshisekedi, Martin
Fayulu et Christophe Lutundula et des représentants de l’Union
Africaine, de la Conférence Internationale pour la Région des Grands
Lacs, de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe),
de l’Union Européenne, des Nations Unies, le ministre angolais des
Affaires Etrangères ainsi que des diplomates accrédités à Kinshasa. A
cette occasion, des experts de l’Union Africaine, de la CIRGL et de la
SADC ont tenté de convaincre le Rassemblement de prendre le train de
la Transition déjà en marche, sous prétexte que l’essentiel était
d’organiser des élections selon un calendrier électoral à convenir
entre forces politiques et sociales congolaises signataires de
l’Accord du 31 décembre 2016. Cette position était diamétralement
opposée à celle des Nations Unies, de l’Union Européenne et même de
l’Angola, plutôt attachées à l’Accord du 31 décembre 2016, du reste
coulé en Résolution (2348) au niveau du Conseil de Sécurité des
Nations Unies.
Augustin Kabuya a fait savoir que Félix Tshisekedi et ses alliés
politiques au sein du Rassemblement s’en tiennent au respect du
testament politique d’Etienne Tshisekedi, qui consiste à rebâtir
l’Etat de droit en RDC, sur fond de l’alternance démocratique au
sommet de l’Etat.
Kimp

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