Expulsion des RD Congolais de Brazzaville : le HCCE met le doigt dans la plaie

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refoulerEn ce début du mois de mai, l’actualité nationale reste dominée par les expulsions massives des Congolais de la RDC de Brazzaville, capitale de la République du Congo. Ces expulsions s’étant déroulées, comme c’est souvent le cas, dans des conditions inhumaines, les voix se sont élevées ça et là pour les condamner. C’est le cas des organisations tant locales qu’internationales des droits de l’homme qui ont même fait mention des cas de bavures policières ayant entraîné mort d’hommes.

Si nous sommes amenés, dans les pages qui suivent, à revenir sur ces événements malheureux, c’est afin d’enrichir la question avec le point de vue d’Albert KASAMBULA KITHANGI WA KENGELA ,président du Haut Conseil des Congolais  de l’Extérieur (HCCE). Cette organisation représentée dans plusieurs pays d’Afrique et du monde œuvre pour le rassemblement des Congolais de l’extérieur afin de susciter leur prise de conscience individuelle et collective en vue, d’une part, de leur implication dans le développement de notre pays et, d’autre part, en vue de les amener à vivre en harmonie avec les lois et mœurs de leurs pays d’accueil. Le HCCE dont le siège se trouve à Yaoundé, au Cameroun, a déjà fait ses preuves dans ce pays où existe une importante  communauté RD Congolaise qui vit dans la sérénité et travaille de manière honnête et constructive.

            Selon KASAMBULA, Kinshasa et Brazzaville, bien qu’étant les deux capitales les plus rapprochées du monde, n’en demeurent pas moins des capitales de deux pays bien distincts avec des problèmes particuliers, où l’immigration est soumise aux mêmes règles, principes et exigences en vigueur dans tous les pays du monde.

IMMIGRATION : MODE d’EMPLOI

            En effet, soutient KASAMBULA, toute personne désireuse de se rendre dans un pays tiers est censée être détentatrice d’un passeport et d’un visa  de séjour en cours de validité, un titre de voyage aller et retour et prouver ses moyens de subsistance. Une fois dans ce pays étranger, si cette personne souhaite y résider longtemps, elle doit obtenir des autorités compétentes du pays d’accueil une carte de résident ou un visa de séjour de longue durée. Lorsqu’on a obtenu le droit de séjourner longtemps dans un pays tiers, on est tenu de justifier une source de revenus à travers un travail permanent rémunéré ou une activité commerciale. On acquiert ainsi certains droits au même titre que les autochtones comme par exemple, acheter ou posséder une maison ou cultiver la terre.

            A défaut de disposer d’une carte de résident ou d’un visa de séjour de longue durée, on peut vivre dans un pays tiers si on jouit de la protection du Haut Commissariat des Nations – Unies pour les  Réfugiés (HCR). C’est le cas des Réfugiés et exilés politiques. Ces dispositions restent de rigueur pour tous les pays limitrophes de la RDC à l’exception du RWANDA  et du BURUNDI où un régime de faveur est accordé aux RDCongolais qui peuvent y séjourner moyennant un laissez-passer.

            S’agissant de la République du Congo Brazzaville, l’entrée et le séjour sont conditionnés à l’obtention d’un laissez – passer (pour un séjour n’excédant pas deux semaines) et d’un visa (pour un long séjour), visa dont le requérant est tenu de respecter scrupuleusement la durée.

            Concrètement,  poursuit le président du HCCE, tout kinois qui séjournerait à Brazzaville au-delà de 14 jours sur la base d’un laissez – passer est un irrégulier susceptible d’être expulsé.

            Très souvent, les Kinois séjournant à Brazzaville se procurent la carte consulaire auprès de notre Ambassade au Congo,  se croyant ainsi nantis d’un titre de séjour. il est du devoir de notre Ambassadeur dans ce pays d’informer ceux qui en font la  demande que cette carte ne vaut pas un titre de séjour  et qu’elle est juste un moyen par lequel l’ambassade assure le recensement des ressortissants de la RDC à Brazzaville.

            Par ailleurs, il arrive souvent à Brazzaville que les Commissariats des arrondissements délivrent aux RDCongolais des attestations de domiciliation. il est fort probable que les Kinois ignorants se soient imaginés que cette attestation valait la carte de séjour, or cela n’est nullement le cas, c’est juste un moyen que se donnent les autorités locales de maîtriser le flux migratoire et ses implications sur la sécurité. Pour avoir la carte de séjour, tout requérant est tenu de présenter un extrait de son casier judiciaire, une  photocopie du passeport, quatre photos passeport, acquitter un droit de 120.000 FCFA (soit 240$) et justifier d’une activité de vie. Mais, même  nanti de la carte de séjour, on est tenu au respect des lois et mœurs du pays d’accueil en le manifestant à travers son comportement de tous les jours, par  son souci d’intégration,  par sa tenue vestimentaire et même, par la salubrité de son lieu d’hébergement.

            A la lumière de tous ces éléments, conclut Mr KASAMBULA, on peut penser raisonnablement que la plupart de nos compatriotes qui ont été expulsés de Brazzaville étaient en situation irrégulière. Le fait que les autorités de notre pays soient relativement laxistes et tolérants vis-à-vis des ressortissants irréguliers d’autres pays africains qui vivent chez nous ne doit pas légitimer l’irrégularité de nos compatriotes vivant à l’extérieur.

            Cependant, Mr KASAMBULA  se défend de justifier ou de légitimer les traitements dégradants et déshonorants subis par nos compatriotes expulsés de Brazzaville dont certains ont été spoliés et dépouillés de tous leurs biens, fruit de dur labeur. L’Etat Congolais de l’autre rive du Fleuve étant signataire de la charte des Droits de l’homme et de la Convention de Genève , nos compatriotes jugés en situation irrégulière auraient dû être traités et expulsés avec, relativement, d’humanisme , car même les grands criminels de guerre ont droit à un traitement décent lorsqu’ils sont appréhendés et non les traitements déshumanisants subis par nos frères expulsés de  Brazzaville  traitements contre lesquels s’insurge le HCCE à travers son  président                   V.K. (CP)

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