EXPLOITATION MINIÈRE INDUSTRIELLE À LUBUMBASHI ET KOLWEZI : Cordaid RDC cible les problèmes des communautés locales

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cordaidvierkantForte de ses 100 ans d’expérience dans la construction des communautés florissantes dans le monde, Cordaid, une ONG hollandaise représentée également en RDC, vient de boucler une étude intéressante sur l’exploitation minière dans des des zones rurales, avec pour objectif principal de répondre à la question récurrente : «  Quel développement pour les communautés locales ? ».

Comme l’a indiqué le directeur-pays  de Cordaid, Yaouba Kaigama, lors de sa présentation, hier mardi 15 décembre 2015, à l’Hôtel Venus, cette étude a été menée dans deux sites bien distincts, à savoir Lubumbashi et Kolwezi, et les enquêteurs ont pu interviewer des échantillons assez représentatifs des trois parties prenantes, les communautés locales, les sociétés minières et les autorités politico-administratives.

La réalisation de ce rapport en ce moment, traduit, si besoin en est, la volonté des dirigeants de l’ONG hollandaise de comprendre les problèmes auxquels les communautés locales sont confrontées suite à  l’exploitation minière industrielle dans deux sites du Katanga et qui sont à la base de l’aggravation de leur situation de pauvreté, afin de susciter une prise de conscience collective, pour leur trouver des solutions durables. On citera entre autres problèmes, une législation désuète, la pollution des eaux et des sols, la dégradation de l’environnement, les expropriations sans indemnisation conséquente, la détérioration des terres arables, la baisse de la production agricole, et aussi ceux de l’eau potable et de l’énergie électrique, de la santé et de l’éducation.

In fine, Cordaid RDC veut outiller ces communautés riveraines des exploitations minières industrielles à avoir une voix informée sur la décision de lancer ou non ces sociétés minières, de profiter davantage des opportunités inhérentes aux achats au niveau local, à la chaîne d’approvisionnement, et à l’emploi. Et surtout de tenir le gouvernement comptable de la gestion des revenus générés par l’exploitation minière, pétrolière et gazière.

Aider les communautés locales à tirer le maximum de profits à l’exploitation minière

Le deuxième orateur du jour, l’expert Jean-Pierre Okenda, un des coordonnateurs de cette étude, s’est interrogé  comment procéder dans un contexte donné avec des problèmes donnés pour parvenir au changement. La réponse pour Cordaid est de rendre puissantes ces communautés locales, de manière à ce qu’elles aient un droit de regard sur le processus de l’exploration,  la phase de développement et celle de clôture de l’exploitation.  Car, tout projet a une durée de vie.

L’expertise de Cordaid est appréciée à sa juste valeur, parce qu’elle consiste à sensibiliser les communautés locales sur leurs problèmes, au renforcement des capacités de leaders communautaires, à l’élaboration de la perception et des plans et des fonds de développement communautaire, de l’agenda commun, à l’analyse des risques et à la mise sur pied des conseils consultatifs communautaires. Ce grand travail réalisé sur le terrain, offre à toutes ces communautés, un accompagnement efficient de manière à les rendre responsables de leur destin.

            Me Carole Lumbu, juriste et consultante à Cordaid, un des auteurs de l’étude,  a dévoilé la méthodologie, signalant au passage que l’enquête a ciblé douze villages situés dans le périmètre de douze entreprises localisées dans deux sites à Lubumbashi et Kolwezi. 749 personnes dont 278 femmes  et 471 hommes ont participé individuellement ou en groupe à cette étude qui comprend trois parties essentielles. Le cadre légal et institutionnel, le profil socio-économique de la province, celui de la population, l’enquête et la présentation de ses résultats, ainsi que les suggestions et recommandations formulées.

            Selon Me Carole Lumbu, des chapitres importants ont été consacrés à la responsabilité sociale des entreprises minières, à l’éducation et l’emploi des communautés locales, l’environnement, l’accès à la terre, la consultation des communautés locales par les entreprises minières, la redistribution des revenus et la question du genre dans les mines industrielles.

            Sous la modération de Mme Salimata Kabore, chargée de communication à Cordaid RDC, cette restitution s’est clôturée par un débat fructueux sur l’après-étude.

                                                                                                       J.R.T.