Exploitation artisanale du bois : un atelier pour cerner les acteurs

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Dans le souci de cerner les acteurs évoluant dans le secteur de l’exploitation artisanale du bois en Rd Congo, un atelier pour le lancement du projet sur la formalisation participative de l’exploitation artisanale a démarré hier lundi 7 février 2011 au cercle français.  Organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avec l’appui financier de l’Agence française de développement, cet atelier connaît la participation des associations provinciales des exploitants artisanaux du Bas- Congo, du Sud- Kivu et l’Association congolaise des exploitants forestiers artisanaux (ACEFA), des délégués provinciaux en charge du secteur forêt des provinces forestières, les directions du ministère de l’Environnement concernées par le secteur, des ONG et partenaires travaillant sur l’exploitation forestière artisanale.

            Dans son mot de circonstance, Sadia Demarquez, coordinatrice de programme de l’UICN/RDC, a déclaré que « les données chiffrées sur les bois exploités par le secteur industriel affichent 300 000 m3/an contre  5 millions de m3/an de bois d’œuvre consommés localement qui sous-entend bois issu de l’exploitation artisanale formelle et informelle. »
            « Nous sommes tous conscients que viser le secteur industriel seul dans la démarche de mise en conformité pour une gestion durable de la forêt dans ce vaste pays sera insuffisant et on aura l’effet d’une goutte d’eau dans un océan. En effet, Si parallèlement, le secteur artisanal n’est pas sérieusement pris en compte, les efforts entrepris par ailleurs seront compromis et l’état de la ressource forestière sérieusement  menacé, » a-t-elle souligné. 
            C’est ainsi que le bureau UICN de la Rd Congo, a-t-elle dit, propose ce projet de rapprochement avec les exploitants artisanaux en vue de créer une plateforme de dialogue avec un acteur jusque là très mal connu.
Sadia Demarquez estime  qu’ « en travaillant directement avec le plus gros maillon de la chaine de l’exploitation forestière à ce projet aura comme objectif principal la sensibilisation et l’adhésion des exploitants artisanaux au principe de la gestion durable des forêts. Un plan de communication dans les provinces est prévu à cet effet. Ce projet vise également l’appui à la structuration des associations artisanales déjà existantes et développer des approches incitatives en vue d’encourager les exploitants à abandonner progressivement la pratique individuelle en faveur d’une collective structurée et organisée ».
            Pour le ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, José Endundo, dans son discours lu par son directeur de cabinet, Désiré Luhahi, « il s’agit d’un secteur mal connu, à tel point qu’il est généralement fait l’amalgame entre l’exploitation forestière artisanale et l’exploitation informelle, elle-même assimilée à l’exploitation illégale. Le fait est que les déclarations d’activités aux administrations de tutelle et le nombre de permis artisanaux délivrés sont loin de correspondre aux quantités de bois réellement exploitées. »  
            S’adressant aux représentants du secteur artisanal, le ministre les a invités à prendre l’exemple du secteur formel et à s’organiser. « J’attire leur attention sur le fait que les entreprises industrielles qui ne sont que quelques dizaines, ont jugé utile de se doter d’organisations professionnelles. Elles sont ainsi toutes ou presque, adhérentes à la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et à la Fédération des industries du bois (FIB). Je pense qu’en termes d’organisation, ce qui est utile pour quelques dizaines de sociétés industrielles, l’est à fortiori pour des exploitants artisanaux qui se comptent en centaines, voire en milliers. »
La représentante de l’Agence française de coopération, Virginie Saudubray, a invité les participants à déboucher sur une meilleure compréhension des exploitants artisanaux et des marchés du bois.
            Ce projet aura la province du Bas- Congo comme site pilote, où l’on a signalé que le gouvernorat avait suspendu l’exploitation illégale du bois, mais malgré cela l’exploitation continue.  « Le schéma de formalisation qui sera obtenu à la fin du projet devra être dupliquable et extrapolable à toutes provinces, » a dit Sadia Demarquez.
 
                                                                                                                                                                                                               Jean- René Bompolonga  
 

 
 
 
 

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