Exactions de la LRA : les ressortissants du Haut et du Bas Uélé saisissent le Sénat

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 Contrairement à certaines  faisant croire que les rebelles ougandais de la LRA (armée de résistance du seigneur) n’ont pas de capacités de nuire, la réalité sur le terrain se présente autrement. Le constat est de la société civile de la Province Orientale, plus particulièrement des ressortissants des districts du Haut Uélé et du Bas-Uélé. Ces compatriotes des deux districts qui font le plus les frais des exactions de la LRA, ont été voir le bureau du Sénat en vue d’inviter les élus des élus à faire le plaidoyer de leur situation. C’est le Rapporteur adjoint du Sénat, Jean pierre Lola Kisanga qui les a reçus au nom du bureau.

 Etant lui-même fils du terroir, Lola Kisanga a apprécié à juste titre la démarche des ressortissants des Uélé. Car, selon lui, la situation mérite d’être traitée avec célérité vu les exactions de tous genres que subit la population de la part des rebelles ougandais.

 Au sortir de l’audience avec le rapporteur adjoint, ils ont fait une déclaration devant la presse. Celle-ci résulte de leur rencontre tenue le samedi 19 février 2011 sur la situation sécuritaire qui prévaut dans les deux districts des Uélé.
 Les ressortissants des districts du Haut Uélé et du Bas Uélé, notent que la situation sur le terrain est déplorable. Elle est caractérisée entre autres par la présence des rebelles ougandais de la LRA, la présence massive des éleveurs nomades Mbororo, le massacre des populations civiles, les enlèvements des personnes jugées intègres, l’enrôlement de force dans les rangs de la LRA, la destruction des infrastructures de base (habitations, hôpitaux, écoles, églises…), la destruction des écosystèmes, le déplacement des populations, l’insécurité sur les voies de communication et de ravitaillement des centres urbains, etc.
 Face à cela, ils ont dit leur désapprobation à « certaines allégations irresponsables faisant état de l’inexistence ou faiblesse des rebelles ougandais ». De même, ils déplorent l’inertie du gouvernement central qui tarde à s’impliquer dans la résolution du problème. Idem à l’endroit de la communauté internationale qui, selon eux, paraît afficher une indifférence coupable au génocide qui s’opère dans leurs fiefs. Ils ont, par la même occasion, fait des recommandations à tous les niveaux : l’exécutif provincial, national ainsi qu’à la communauté internationale.
 Dans la foulée, ils exigent des autorités provinciales la reconnaissance de l’existence des éléments de la LRA dans les districts des Uélés, le renforcement par le gouvernement central des forces armées congolaises sur les territoires en proie aux attaques des rebelles ougandais, l’augmentation des effectifs de la police pour la sécurisation de la population civile, etc.
 A la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), ils sollicitent le renforcement des FARDC dans leur mission visant à capturer le chef rebelle ougandais Joseph Kony sur qui pèse un mandat d’arrêt international.
 L’opération du programme STAREC à travers toute la province par le gouvernement, l’accélération du processus de rapatriement des nomades Mbororo dans leurs pays d’origine…figurent également parmi les recommandations des ressortissants des districts des Uélés à l’Etat.
 Enfin, ils ont fait savoir que leur plaidoyer se poursuit au niveau de toutes les institutions républicaines. C’est dans ce cadre qu’un mémo sera prochainement remis au Premier ministre. Et une marche pacifique sera organisée à Kinshasa en vue d’interpeller ou mieux réveiller les autorités qui donnent l’impression de vouloir négliger une question aussi sensible que la sécurité des personnes.

Dom

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