Evénements des 19 et 20 septembre 2016 : Kinshasa dans le collimateur de l’ONU

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Delly Sessanga. Radio Okapi/ Ph. John BompengoPlusieurs fois indexée par des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, à cause précisément des atteintes à répétition aux droits de la personne humaine, notamment à l’occasion des manifestations politiques, la République Démocratique du Congo l’est cette fois par le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Cette sanction, jusque-là morale, est consécutive aux graves dérapages dans lesquels se sont illustrées, le lundi 19 et le mardi 20 septembre, les forces de l’ordre en marge de la répression de la marche pacifique manquée du Rassemblement de l’Opposition contre la violation par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de la disposition constitutionnelle relative au délai de convocation du corps électoral pour la présidentielle.
On se souvient, à ce propos, que dans un rapport présenté le mardi 28 septembre à Genève à l’occasion d’une réunion de son organisme, avec la participation de la délégation congolaise, la Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme avait accusé les autorités congolaises d’avoir elles-mêmes planifié les attaques menées par des forces de l’ordre et des délinquants recrutés pour le besoin de la cause, contre les leaders et militants des partis membres du Rassemblement, les tueries par balles, les pillages et incendies des sièges des partis de l’Opposition comme de la Majorité, les arrestations arbitraires et détentions illégales, bref des actes de violences d’une autre époque.
            La décision des Nations Unies relative à la mise de la RDC sous surveillance signifie qu’un monitoring quasi quotidien de toutes les atteintes aux libertés individuelles (libertés de réunion, de manifestation, d’expression, d’opinions, de mouvement) va désormais être fait à la fois par des experts en droits de l’homme présents en territoire congolais et le personnel de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo). L’autre lecture de pareille mesure est que l’impunité des commanditaires et auteurs des violences préélectorales et autres est terminée.
            Des instances judiciaires internationales, notamment la CPI (Cour Pénale Internationale) pourrait être actionnée, après enquête sur le terrain, dans l’hypothèse de nouvelles dérives policières ou militaires lors des manifestations publiques ou réunions politiques. Il est à espérer que cette mise en garde ne va pas être prise à la légère et que tous ceux qui détiennent des parcelles de pouvoir en RDC vont adopter des discours et comportements qui ne les mettent pas en porte à faux avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Les nouveaux « Blé-Goudé » sont avertis.
                                    Kimp

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