«Evénement Education» : un diagnostic du système éducatif en RD Congo

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matataA l’initiative du Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, tout le gotha du secteur de l’Education se retrouvant présentement dans la Ville-Province de Kinshasa s’est retrouvé réuni dans le Jardin de la Primature hier mardi, 20 octobre 2015, à l’occasion de la tenue d’une manifestation qualifiée : « Evènement éducation ». Réunis sous le chapiteau érigé sur la pelouse de cet endroit touristique situé au bord du Fleuve Congo, les invités à cette rencontre décidée par le maître du lieu ont eu le privilège de suivre les principaux acteurs du secteur éducatif de la République Démocratique Congo (RDC) qui ont donné, l’un après l’autre, leur diagnostic de notre système éducatif dont ils sont les artisans. L’occasion était également belle pour permettre à Mme Alice Albright – directrice générale du Partenariat Mondial pour l’Education (PME) – hôte du Gouvernement de la République, de toucher du doigt les réalisations, les mérites et les faiblesses dont souffre l’Education dans notre pays.

Mettant à profit cette séance, le Premier ministre à rappelé que le secteur éducatif est devenu aujourd’hui le principal poste de dépense du budget de l’Etat, avec plus de 16%. Il s’est dit aussi d’accord avec les partenaires techniques et financiers qui jugent ce pourcentage encore insuffisant, mais il a souligné que l’Etat a fait un saut d’honneur, grâce à l’effort fourni par le Gouvernement sous l’impulsion du Président de la République qui a permis d’augmenter la part du budget allouée à l’Education de 4% en 1990 à plus de 16% actuellement tout en cherchant à atteindre en 2016-2017 la barre de 18%. L’objectif, selon lui, est de permettre à tout enfant congolais, où qu’il vive dans le pays, de bénéficier des meilleures conditions de scolarisation. A ce sujet, il s’est dit qu’il était lui-même – comme tant d’autres de ses compatriotes dans l’assistance – un produit de la magie de l’Education. Lui qui, durant sa jeunesse, a fréquenté les écoles en province, chez ses parents qui n’avait qu’une maison de pailles. Mais lui habite actuellement dans une villa aux frais de l’Etat congolais, grâce à cette magie de l’Education. Car, s’il n’avait pas fréquenté l’école jusqu’à la fin des études, il n’aurait jamais pu être nommé à ce poste de ‘Premier ministre’, quelque soit l’amour que le Chef de l’Etat pouvait lui accorder.

 

L’instruction : le meilleur cadeau pour un enfant

 

Il a dit et redit sa conviction selon laquelle le meilleur cadeau qu’on puisse offrir à un enfant c’est bien l’instruction ; et personne ne pourra la lui voler. Et il a félicité Maker Mwangu Famba, ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPS/INC) – qui, à cette même circonstance assurait la modération de différentes interventions – pour sa volonté opiniâtre à faire avancer la cause de l’école à tout instant. Il a également félicité Mme Albright et tous les Partenaires Techniques et Financiers pour leur engagement en faveur de la RDC. Evidemment, tout autour du Premier ministre, on a noté la présence des quatre ministres ayant une portion de l’Education dans leurs attributions, à savoir les ministres de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPS/INC), de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), des Affaires Sociales et Actions humanitaires pour l’alphabétisation, de l’Enseignement Technique et Professionnel (ETP). Il convient également de noter la présence de la Ministre provinciale en charge de l’Education.

Chacun en ce qui le concerne a donné l’état de lieu de son secteur. Ensuite, les représentants d’élèves, de syndicats, de parents, de la Société civile, de gestionnaires scolaires publics et privés, de professeurs d’universités et de partenaires techniques et financiers ont aussi donné leur appréciation sur le fonctionnement du Système éducatif en RDC avant que Mme Alice Albright n’explique son soutien au secteur éducatif.

 

ESU : prolifération des établissements ne répondant pas aux standards internationaux

 

Prenant la parole pour présenter la situation dans son secteur, Pr Théophile Mbemba Fundu di Luyindu, ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) a expliqué que le contexte actuel de l’ESU se caractérise notamment par une prolifération des établissement ne répondant pas aux standards internationaux et plus orientés vers les filières classiques que celles porteuses de croissance, un très faible taux d’encadrement académique (1/126), et un faible financement public du secteur (2% du budget national), une recherche scientifique timide et une inadéquation prononcée entre la formation et l’emploi. Devant ce tableau, il a évoqué les efforts du Gouvernement pour réformer notre système éducatif du supérieur afin qu’il procure les savoirs, les compétences, les aptitudes, l’esprit de créativité, d’entreprenariat et d’innovation pour conduire les Congolais au développement durable.

Pour ce faire, Pr Théophile Mbemba a dit que le Gouvernement a opté pour un Enseignement universitaire d’élite tourné vers la recherche scientifique et un Enseignement supérieur professionnalisant, avec une attention particulière pour la maîtrise et  le contrôle des sciences et tchnologies ; facteurs essentiels pour le développement durable d’un pays. Il a estimé que pour la RDC, les défis à relever pour une éducation de qualité sont, entre autres, l’arrimage progressif vers le système LMD (licence, master, doctorat) pour l’internationaliser le système éducatif du supérieur. L’autre défi consiste à assurer la relève académique et un environnement éducatif approprié pour la mise en œuvre du système LMD.

 

Les PTF jugent très bas les taux d’achèvement de l’école primaire par rapport à l’Afrique sub-saharienne

Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) qui font confiance et soutiennent le Gouvernement dans son effort pour une scolarisation intégrale des enfants congolais – comme l’a déjà souligné le Premier ministre – se sont exprimé par l’entremise d’Alain Schmitz, conseiller à la coopération internationale à l’Ambassade du Royaume de Belgique en RDC. Ce dernier a salué les efforts fourni par l’Etat congolais pour l’Education, car la population scolaire a doublé en 10 ans, et le taux brut de scolarisation du primaire a dépassé les 100%. Il a rappelé que la RDC elle-même a reconnu que les efforts restent  encore à faire. A cet effet, il a noté que le taux d’achèvement de l’école primaire en RDC, même s’il a remonté par rapport au taux des années 1990 , n’en reste pas moins nettement plus bas que le taux global enregistré en Afrique sub-saharienne. Toutefois, il s’est félicité que la RDC s’emploie déjà à relever les défis qui se posent à son système éducatif en plaçant la qualité de l’éducation au cœur de son programme politique.

Pour Mme Adèle Degbalase Kanda, ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, l’appui du gouvernement et des PTF est vivement nécessaire pour booster l’Alphabétisation, aussi bien chez les jeunes et adolescents vivants en dehors de l’école (EADE) que chez les adultes. Par ailleurs, Jean Nengbangba, ministre de l’ETP a fait un plaidoyer pour que ce ministère, outil approprié pour le développement de la RDC soit pérenne. Les élèves à leur tour ont plaidé pour une intensification de la scolarisation dans les meilleurs conditions et félicité le Gouvernement Matata Ponyo de s’être engagé à fond dans ce créneau. Les gestionnaires des écoles ont aussi plaidé pour une adéquation de l’école avec l’emploi Enfin, le Professeur Yoka de l’Institut National des Arts a eu un regard positif sur l’évolution de notre enseignement national qui, même aux moments difficiles, a toujours été l’épine dorsale de l’unité du pays : cas de l’Examen d’Etat, de Tenafep, des diplômes dont toutes les parties du pays, même en conflit, reconnaissent la légitimité de Kinshasa.

SAKAZ