Evelyne Bukaka : « Il est dangereux d’associer le dexaméthasone au cyproheptadine »

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La trentaine révolue, Evelyne Bukaka est l’aînée d’une famille au goût prononcé pour les sciences médicales. Fascinées dès leur enfance par un papa qui maniait le stéthoscope et autres instruments avec une dextérité déconcertante, Evelyne et ses deux sœurs s’étaient résolues secrètement à porter à leur tour un jour des blouses blanches.
Le Phare a approché Evelyne pour savoir pourquoi la gent féminine s’intéresse au dexaméthasone et au cyproheptadine.

LP : De nombreuses dames et demoiselles utilisent aujourd’hui le dexamethasone. Pouvez- nous parler de ce produit ?
EB : Le dexa fait partie des gluco corticoïdes de synthèse à courte et longue durée d’action.  Ces corticoïdes sont des hormones qui sont produits au niveau des glandes surrénales. On distingue deux sortes des corticoïdes :1 Les mineralo corticoïdes jouent un rôle important pour le métabolisme du corps humain  en favorisant la rétention du sodium ( sel) dans le sang  et l’excrétion du potassium dans les urines.
2 Les gluco-corticoïdes, principaux régulateurs de l’activité métabolique et biologique, augmentent les réserves du sucre et stimulent  l’activité cérébrale.

LP : Que peut-on encore retenir de ce médicament ?
EB : C’est un médicament multidisciplinaire  censé être utilisé avec beaucoup de prudence. On l’utilise en cas d’allergie, de polyarthrite (problème des articulations) ,pour la dermatologie ou encore comme adjuvant en ce qui concerne le traitement du cancer. Quand un médecin applique un traitement anti cancéreux à un patient, il s’ensuit souvent des réactions douloureuses, entre autres les œdèmes (gonflement des pieds par exemple), des vomissements, le médecin peut alors  prescrire des dexa comme anti inflammatoire. Très peu de patients supportent ce traitement anti cancéreux.
Il y a plusieurs autres cas pour lesquels on peut recourir aux dexa. Il s’agit de la médecine digestive, des maladies endocriniennes…..

LP : Y-a-t-il des problèmes si on en abuse ?
EB : Le surdosage peut provoquer la gastrite, le diabète sucré, la suppression des glandes surrénales, le syndrome de cushing ( les membres supérieurs se développent démesurément et les membres inférieurs s’atrophient). La face se gonfle et il y a des risques d’ostéoporose c’est-à-dire, la perte des protéines de la masse osseuse.
La situation se complique si on associe le dexa au cyproheptadine ou C4.

LP : Le C4 est –il moins nocif?
EB : Ce médicament est un oréxygène. Une personne malade ou convalescente manque parfois d’appétit et un enfant en retard de croissance cause beaucoup des soucis à ses parents. Pour pallier ces carences, le médecin peut être amené à prescrire le C4 qui agit sur le centre hypothalamique. Ce produit agit sur le mécanisme neurovégétatif et stimule  l’appétit. Les excès de table occasionnent l’obésité, l’hypertension artérielle. L’accoutumance au C4  est une mauvaise chose.

LP : Comment expliquer l’engouement de la gent féminine pour ces deux produits ?
EB : Certainement qu’en lisant les contre indications ou simplement mal conseillées, on leur a dit que le dexa fait gagner du poids. Les personnes tentées de gagner des kilos supplémentaires n’hésitent pas à y recourir. Mais attention au retour de la manivelle.

LP : En conclusion, que conseillez-vous aux personnes qui recourent au dexa ?
EB : Gagner des kilos supplémentaires n’est pas mauvais en soi mais grossir de manière artificielle sans avoir au préalable consulté un disciple d’Hippocrate entraîne de graves complications.
Jean- Pierre Nkutu

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