Des étudiants interpellés puis relâchés

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Kinshasa a été pris hier jeudi 10 mai 2018, dans la mouvance des manifestations des étudiants de quelques universités et instituts supérieurs, descendus dans la rue pour protester contre la dernière majoration des tarifs de transport en commun.

Le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, craignant d’éventuels dérapages des étudiants et la récupération de ces mouvements par des marginaux et autres malfaiteurs, a largué ses hommes dans les principales artères situées dans les différents
itinéraires que devaient adopter les manifestants. Quelques points de contrôle ont été positionnés pour le secteur de l’Université de Kinshasa, au rond-point Ngaba, sur l’axe By Pass et sur l’avenue de l’Intendance. Pour les instituts supérieurs situés le long de l’avenue
du 24 novembre, des escadrons mobiles d’intervention étaient aperçus au croisement des avenues 24 novembre et Shaumba, devant l’Académie de beaux arts et l’Institut supérieur d’architecture, sur l’avenue de la Gombe et au rond-point Mandela.

A Barumbu, généralement considéré comme bastion des étudiants
agressifs de l’Institut supérieur des techniques appliquées, le
secteur a été quadrillé par des éléments des unités d’intervention de
la police provinciale.
Il en est de même à Binza. Au terminus de bus et au marché de l’UPN,
une forte présence policière a été également observée dans cette
partie de la ville.
Partout, quelques étudiants ont marché pendant quelques mètres, avant
d’être dispersés par des policiers. Il s’en est suivi par-ci, par-là
des cas de résistance, vite neutralisés, alors que des étudiants
proféraient des critiques à l’égard des policiers qu’ils traitaient
des complices du régime, incapables d’apprécier le bien-fondé de cette
manifestation organisée contre la dernière majoration des tarifs de
transport en commun. La colère des étudiants a été orientée aussi
contre les chauffeurs de taxis et des mini-bus qui pour aggraver le
calvaire des passagers, ont opté pour le fractionnement des courses
sur de longs trajets.
Face aux cas de résistance des étudiants décidés à braver les
éléments de la police, quelques interpellations ont été enregistrées.
Des rafles dans les rangs des étudiants, la police provinciale a pu
mettre hors d’état de nuire, des troublions sortis dans les rues, afin
de se livrer aux actes de vandalisme.
Au moment où nous couchons ces lignes, on n’avait pas recensé toutes
les personnes arrêtées dans le cadre de ces manifestations
estudiantines d’hier jeudi. Mais dans la journée, on a appris que des
membres du gouvernement provincial ont plaidé pour que des étudiants
interpellés par la police, soient relâchés. Probablement, parce que
leurs revendications étaient légitimes et n’avaient aucun caractère
politique.
Le même jour, ces étudiants ont été remis en liberté.

J.R.T.