Etienne Tshisekedi : constant, incorruptible et irréductible

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tshisekediDès sa sortie de la faculté de Droit de l’Université Lovanium en janvier 1961, bardé de son diplôme de premier congolais Docteur en Droit, Etienne Tshisekedi avait surpris le Recteur Mgr Gillon et les autres hauts responsables de cette célèbre université en refusant fermement et poliment le poste très envié de professeur. Mgr Gillon avait usé de toutes les prévenances pour l’avoir comme le tout premier professeur noir congolais dans cette faculté prestigieuse. Il avait même recouru à l’épiscopat congolais de l’époque pour le convaincre mais l’homme avait déjà la marque de celui qui s’accroche contre vents et marrées à ses idées et à ses choix. Voilà comment cet homme providentiel va rejoindre son ancien voisin de chambre, le nommé Albert Ndele, alors premier gouverneur de la Banque Centrale du Congo en qualité de Commissaire aux comptes. Poste qu’il va occuper conjointement avec celui de Recteur de l’Ecole Nationale de Droit et d’Administration ( ENDA) où il fut chargé de former en dix-huit mois des magistrats auxiliaires congolais en vue de parer aux difficultés consécutives aux départs précipités des magistrats belges.       
 
            Inconsciemment ou non et sans l’avoir manifesté expressément, Etienne Tshisekedi venait de délivrer à l’opinion et surtout à certains esprits avertis des pans de ce qui allait devenir désormais la ligne directrice de son combat politique. A savoir la constance, l’intransigeance et l’incorruptibilité. Comment s’était-il permis de rejeter poliment, mais fermement un poste aussi prestigieux de professeur d’une célèbre université où les étudiants noirs et surtout congolais ne dépassaient pas une dizaine, notamment pour son cas personnel où il était le seul et unique étudiant congolais aux côtés des européens largement majoritaires ?
            C’est ainsi que tout au long de sa carrière de Recteur de la toute première école supérieure de droit et d’administration, de Commissaire aux comptes à la Banque Centrale du Congo, de député national élu du territoire de Kabinda, de ministre des Affaires Intérieures, du Plan et de la Justice et plus tard du numéro 2 du parti, à savoir le MPR, cet homme providentiel va se comporter selon ces trois principes, à savoir la constance, l’incorruptibilité et l’intransigeance sur des points fondamentaux de la vie dans la société.
            Il avait eu l’honneur et la chance de gérer des ministères et institutions dits « liquides » à l’époque tels les Affaires Intérieures, le Commissariat aux comptes de la Banque Centrale, l’ENDA, l’Assemblée nationale, le MPR, etc. Il en est sorti sans tâche. Il n’a été mêlé ni de près ni de loin à aucune action criminelle ni compromettante tout au long de sa riche carrière politique.
 
Blanchi à la Conférence Nationale Souveraine
            Lors des travaux en commissions pendant la Conférence Nationale Souveraine, notamment au niveau des commissions très sensibles, telle la commission des biens mal acquis et celle des assassinats et violation des droits de l’homme, dont certains dirigeants sont encore en vie et occupent des postes très importants à l’instar une foule immense des journalistes, acteurs politiques, visiteurs et experts des institutions judiciaires internationales envahit la salle où siégeait la dite commission où  Tshisekedi fut confronté à trois accusations. Tout d’abord, l’accusation d’avoir usé et abusé de ses fonctions de ministre du gouvernement central en charge de l’Intérieur pour détourner à son profit le terrain d’une veuve situé sur le Boulevard du 30 Juin à Gombe. L’homme sortit de son sac une pile des documents, dont entre autres les attestations de bornage et mesurages lui délivrées par les experts du Cadastre, le contrat de location et surtout le certificat d’enregistrement sans oublier divers plans. A savoir celui de la direction urbaine de l’urbanisme et habitat, de la direction de l’environnement, des ingénieurs en électricité, des architectes et de la société des travaux publics chargée de la construction de sa villa. Avant de sortir le certificat d’enregistrement authentique et portant le sceau du Notaire de la Ville.
            Approchée à son tour en sa qualité de plaignante, sans aucune preuve de ses accusations, ladite veuve se limita aux jérémiades incongrues qui poussèrent certains membres de l’assistance à la consoler en lui offrant une compensation pour son camion de sable et des caillasses  qu’elle avait entreposés sur ledit terrain. En vérité, la pauvre veuve s’était limitée à se procurer des attestations de bornage et mesurages sans pour autant obtenir le contrat de location de terrain. En plus, elle ne s’était jamais acquittée des taxes prévues pour le contrat de location, c’est ainsi qu’après quatre ans le dit terrain a été récupéré par la corbeille du domaine privé de l’Etat.
            Il en fut de même au sujet de la villa située sur l’avenue Pétunias à Limete où il habitait avec sa famille jusqu’à son décès. La majorité des villas situées dans ce périmètre et ses environs appartenaient à la société aérienne Air Zaïre, dans lesquelles étaient logés ses cadres et particulièrement le personnel naviguant. Lors des opérations. L’assainissement des finances, la société d’audit proposa la vente de ces villas pour renflouer la caisse de la société. Conformément au principe juridique du droit de préemption, ce sont les occupants qui devaient bénéficier des avantages y relatifs. Or, à cette période, Tshisekedi exerçait les fonctions de président du Conseil d’Administration. Il demanda et obtint le droit de payer le prix de cette villa de l’avenue Pétunias.   
            Au niveau de la commission des assassinats et violations des droits de l’homme, des quidams avaient déposé une plainte à sa charge l’accusant d’avoir été trempé dans le complot de la disparition de l’acteur politique Claudel Lubaya. IL n’eût pas le temps d’intervenir, car trois personnalités ayant joué des rôles clé dans cet épisode, à savoir le colonel Efomi, son collègue Raymond Omba et surtout le ministre Jean Nsinga Udjuu firent des témoignages déterminants. Les deux premiers qui dirigèrent les services de sécurité militaire dès l’avènement du régime issu du coup d’Etat de novembre 1965 déclarèrent sous serment que ces dits services avaient été placés sous la direction des militaires et non des civils. Quant au ministre Nsinga Udjuu, il témoigna en sa qualité du successeur de Tshisekedi à la tête du ministère de l’Intérieur au moment de cette tragédie. Ensuite, les opérations de la traque de l’acteur politique Claudel Lubaya avaient été menées par des éléments de l’armée nationale de l’époque sur ordre express du conseil national de sécurité et du président Mobutu pour des raisons d’Etat, avaient déclaré les deux colonels ainsi que le ministre Nsinga Udjuu tout comme certains anciens responsables des services de sécurité militaire de l’époque appelés comme témoins à charge et à décharge.
 
Homme propre et sans tâche
 
            Tout au long de sa riche carrière politique, Etienne Tshisekedi fut l’objet des multiples sollicitations compromettantes et fort alléchantes destinées à le couler. Il est regrettable que certains de ses amis politiques, notamment ceux avec lesquels il avait fondé l’UDPS  et enduré toute sorte des tortures les plus inhumaines aient mordu à ces sollicitations. Avant de disparaitre dans le déshonneur.
            Ce fut le cas lorsqu’après avoir signé les accords de Gbadolite, Tshisekedi fut le seul à décliner l’offre d’entrer dans le Comté Central ou à diriger des entreprises publiques. Il préféra tester la bonne foi du Président-Fondateur en organisant un meeting au Pont Cabu. Lui et certains de ses compagnons furent violemment brutalisés avant de subir un procès ridicule à la Cour de Sûreté de l’Etat qui les condamna à des peines privatives de liberté. Face à la réprobation internationale, il fut placé en résidence surveillée dans sa villa de l’avenue Pétunias jusqu’à la date historique du 24 avril 1990. 
            Comme il n’y a jamais deux sans trois, les mêmes esprits déstabilisateurs ont tenté de le compromettre tout récemment. Il s’agit des pourparlers proposés par le pouvoir en place et qui se déroulèrent l’année dernière à Venise, une ville historique située au Nord de l’Italie et ensuite dans la station balnéaire espagnole d’Ibiza. Des campagnes d’intoxication furent organisées dans le but de diaboliser Tshisekedi et certains membres de son parti. On ne compte plus le nombre des tentatives de corruption organisées par le pouvoir du MPR-Parti Etat et du PPRD sans atteindre ni de près ni de loin cet homme providentiel.   Mieux, il n’a jamais été mêlé ni de près ni de loin à toutes les guerres soit disant de libération qui se sont déroulées sous nos yeux depuis la guerre du Shaba et celles dites de l’AFDL, RCD, CNDP et M 23. C’est donc un homme sans aucune tâche et propre comme un bébé qui vient de naitre que le très Haut vient de rappeler dans son royaume.
                                                F.M.