Et les paramédicaux… ?

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         Des signaux forts de la reprise du travail dans les hôpitaux, cliniques et dispensaires d’Etat sont venus hier de l’Hôtel du Gouvernement. Seulement voilà ! La sortie de la crise ne dépend pas des seuls médecins. Il y a également, sur le terrain, une catégorie d’acteurs dont le rôle est aussi capital que celui des chirurgiens, pédiatres, gynécologues, orthopédistes, ophtalmologues, dentistes, diabétologues, urologues, neurologues et autres. Il s’agit des paramédicaux : infirmiers, laborantins, anesthésistes, aides-accoucheuses, kinésithérapeutes, gestionnaires d’hôpitaux, etc.
 
            On se souvient qu’au lendemain de l’éclatement de la grève des médecins, les paramédicaux avaient fait parvenir, eux aussi, leur préavis de grève au ministre de la Santé, Victor Makweng Kaput. Leur cahier de charges comportait des préoccupations relatives à l’agrément de leur barème spécifique, à la révision à la hausse de leur barème des rémunérations et de leurs primes, à l’amélioration de leurs conditions de travail, à la mécanisation de nouvelles unités, etc.
            Compte tenu de l’antériorité du dossier des médecins, le ministre de la Santé avait demandé et obtenu des paramédicaux qu’il mette une sourdine à leur grève, en attendant que le gouvernement puisse se pencher, le moment venu, sur leur cahier de charges. La question à se poser à présent est de savoir si l’exécutif national est en mesure de satisfaire à la fois aux exigences des médecins et à celles de leurs auxiliaires. Et, dans l’hypothèse d’un traitement en deux phases, les paramédicaux auront-ils la patience d’attendre que le gouvernement réunisse les moyens de sa politique sociale ? Rien n’est moins sûr.
            Ce qu’il faut désormais craindre, c’est à la paralysie des établissements publics de santé provoquée par la grève des médecins, succède celle des paramédicaux. En tous les cas, les pensionnaires congolais des hôpitaux publics risquent de ne pas sortir de l’auberge.
 
Pour un dialogue social global
 
            La RDC marche au rythme des menaces de grève dans presque tous les services publics. Médecins, infirmiers, magistrats, auxiliaires de la justice, professeurs d’universités, personnel académique et scientifique de l’ESU, enseignants du primaire et du secondaire, cadres et agents de la Fonction Publique exigent, tous, de meilleures conditions de travail et de rémunération. Au vu du paquet des cahiers de charges à satisfaire, il serait peut-être plus prudent, de la part du gouvernement, de ne pas trop s’engager dans des rounds de satisfaction des barèmes spécifiques ou des actions de saupoudrage imprévues dans le Budget 2010.
            Un dialogue social global, avec l’ensemble de ses partenaires émargeant du budget des rémunérations, avec la promesse d’intégrer les améliorations salariales dans le Budget 2011, serait certainement plus réaliste, d’autant qu’il y a une perspective sûre d’exécution de ce budget dans le courant du premier trimestre 2011. La négociation des « moratoires » avec les grévistes, là où il n’est pas possible d’agir dans l’immédiat, éviterait au pays des bombes sociales à retardement.
Kimp.
 

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