ESU : service minimum au taux de 920 FC

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Un terrible malaise s’est installé dans les universités et instituts supérieurs publics de la RDC depuis que le ministre de tutelle a imposé le taux de 920 Fc pour un dollar américain dans la rubrique du paiement des frais académiques. Pendant que les étudiants et leurs
parents, qui supportent le lourd fardeau de la formation de l’élite de demain depuis les années ’90 jubilent, c’est la grogne du côté des professeurs, personnels scientifiques et administratifs. Au moment où une grève, apparemment partielle, parce qu’ignorée par plusieurs syndicats de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, dont la puissance Association des professeurs de l’UNIKIN (APUKIN)  est annoncée pour à partir de ce mardi 20 février 2018, un climat délétère règne dans de nombreux auditoires.

En effet, à défaut d’obtenir l’application du taux du jour pour les
frais académiques, dans lesquels « ils se retrouvent », selon
l’expression consacrée, en termes de primes, nombre de professeurs
d’universités, de chefs des travaux et d’assistants se sont inscrits à
l’école du service minimum. Le système consiste à ne prendre les
étudiants en charge que pendant les 2/3 ou la moitié de la durée
réglementaire d’un cours ou d’un travail pratique. Ce temps de travail
réduit correspondrait, selon leur entendement, au taux de 920 FC pour
1 dollar américain, le temps plein étant représenté par le taux du
jour, à savoir 1.630 Fc à défaut du taux budgétaire de 1,452 FC.
Ainsi donc, on voit désormais des professeurs, des chefs des travaux
et des assistants n’assurer l’encadrement des étudiants que pendant
une heure et demie ou moins que cela pour un cours d’une durée de 2
heures.
L’autre mesure de représailles imaginée contre les étudiants est la
généralisation de l’obligation d’achat des syllabus alors qu’avant la
« guerre » des taux, certains professeurs considéraient comme
facultative l’acquisition de ce support didactique.
Ce qu’il faut déplorer dans les nouvelles mœurs qui s’observent au
niveau l’enseignement supérieur et universitaire est la transformation
de la formation intellectuelle en « business », aussi bien par les
autorités académiques que les professeurs, les chefs des travaux et
les assistants. Un doigt accusateur est également pointé vers le
cabinet du ministre de l’Enseignement Supérieur et Université, auquel
une quotité de 10 dollars par étudiant est rétrocédée après perception
des frais académiques. Certaines sources laissent entendre que
certains prédécesseurs de Steve Mbikay au poste exigeaient le
pré-paiement de cette quotité au début de chaque année académique, sur
pied des listes des étudiants établies par les services administratifs
des universités et instituts supérieurs, laissant aux gestionnaires
l’ingrate tâche du recouvrement, à leurs risques et péril, des frais
académiques auprès des étudiants parfois insolvables pendant toute
l’année académique.
D’où, d’aucuns pensent que c’est la mort dans l’âme que l’actuel
ministre de tutelle a pris, sous la pression du Conseil des ministres,
la décision de plafonner le paiement des frais académiques au taux de
920 FC le dollar américain.
Du point de vue de la « mangeoire nationale », il est lui aussi
perdant dans l’affaire.
Au regard du service minimum qui touche déjà le monde universitaire,
avec des charges horaires déficitaires, qui vont naturellement avoir
un impact négatif sur la formation, et du spectre de grève générale
qui plane sur le secteur, il faut que l’Etat prenne ses
responsabilités en mettant les formateurs dans des conditions décentes
de travail et les apprenants dans des conditions d’études compatibles
avec leur statut d’élites de demain.
Il est anormal que depuis près de trois décennies, l’enseignement
supérieur et universitaire continue de marcher sur des béquilles peu
sûres que sont des parents clochardisés. Sans moyens, les instituts
supérieurs et universités de la RDC ne peuvent que patauger dans la
mare de la médiocrité, comme cela se voit dans les différents
classements des universités africaines et mondiales.
Même l’Université de Kinshasa (ex-Lovanium), qui tenait le haut du
pavé dans les années ’60 et ’70, a disparu des radars.
Kimp