ESU : une liste de faux « docteurs » en chantier

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Après avoir jeté un gros pavé dans la mare à la veille de la publication des résultats de l’Examen d’Etat 2018, en soutenant que 80 % des diplômes sanctionnant la fin des études secondaires en RDC sont obtenus par la fraude, le ministre l’Enseignement Supérieur et
Universitaire (ESU), Steve Mbikayi, vient de découvrir la grosse poutre qui barre son œil. En effet, dans un tweet posté sur les réseaux sociaux, il a fait savoir que plusieurs centaines de professeurs officiant dans les universités et instituts supérieurs du
pays sont détenteurs de faux titres de doctorat.

A l’en croire, la plupart de faussaires se recruteraient parmi les
présumés doctorants du troisième cycle ayant défendu leurs « thèses »
dans des universités étrangères, surtout occidentales. Compte tenu
d’indices sérieux de la présence de nombreux faux « docteurs » dans
différentes filières de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, une
Commission de contrôle des titres académiques de tous ceux qui
prestent dans ce secteur vient d’être mise sur pied. Selon le ministre
de l’ESU, ce travail de contrôle devrait se faire en urgence, de
manière à extirper toutes les brebis galeuses des universités et
instituts supérieurs de la RDC avant la rentrée académique d’octobre
2018.
A en croire toujours le ministre de l’ESU, des porteurs de faux
diplômes se recruteraient aussi dans les rangs des chefs des travaux,
des assistants et autres personnels scientifiques et administratifs de
son secteur. Une opération de traque de ces faussaires est également
envisagée à court terme. Des poursuites judiciaires sont brandies à
l’endroit de tous ceux qui seraient pris dans la nasse.
Comesa : embargo sur les diplômes congolais
Il sied de signale qu’en marge de la 20me conférence des Chefs d’Etat
et de gouvernement du Comesa (Marché Commun de l’Afrique Orientale et
Australe), qui s’est tenue le samedi dernier à Lusaka, en Zambie, la
délégation congolaise, représentées par les ministres Joseph Kapika de
l’Economie Nationale, Jean-Lucien Busa du Commerce Extérieur et Marcel
Ilunga de l’Industrie, a posé le problème de la non reconnaissance,
par plusieurs Etats membres, surtout francophones, des diplômés
délivrés par les universités et instituts supérieurs de la République
Démocratique du Congo. Les rares titres tolérés sont ceux de la
filière « Médecine ». Les délégués congolais ont plaidé pour la levée
d’un embargo qui dure depuis 1994, année de la création du Comesa.
En conséquence, les universitaires congolais sont exclus, jusqu’à
nouvel ordre, hormis les médecins, d’un marché qui offre de nombreuses
opportunités d’emploi avec 500 millions de consommateurs et 800
milliards de dollars américains en termes de produit intérieur brut.
L’opération de nettoyage des écuries que vient de déclencher le
ministre de l’ESU ne peut être porteuse de changement dans le sens de
l’excellence que si la corruption et le clientélisme politique ne s’en
mêlent pas, dans ce pays où les titres du troisième cycle commencent à
être dangereusement politisés. L’alerte du Comesa exige d’être prise
au sérieux si la RDC ne veut pas retourner à la case de «
l’importation » des professeurs du secondaire et du supérieur, comme
dans les années’60.
Kimp