ESU : la 1ère session sacrifiée

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            Malgré la grève déclenchée par les chefs des travaux, assistants et chargés de pratique professionnelle depuis le jeudi 11 juillet 2013, plusieurs universités et instituts supérieurs de Kinshasa ont opté pour le démarrage, à la même date, des examens de première session. Mais l’absence du personnel scientifique se fait cruellement sentir sur le terrain. En conséquence, nombre de professeurs sont obligés d’assurer eux-mêmes, parfois avec le concours de deux ou trois agents administratifs ou de deux ou trois volontaires du corps scientifique, la surveillance des auditoires pris d’assaut par des populations estudiantines qui atteignent le millier pour les années de graduat et de 200 à 300 pour la licence.

            Il arrive que des professeurs, partagés entre plusieurs promotions éclatées en A et B, ou appelés à des occupations extra-muros, abandonnent simplement les étudiants sans le moindre dispositif de contrôle. Chacun peut imaginer les dégâts du déficit ou du manque total de surveillance des étudiants au cours de cette première session 2013. Si les mécanismes sophistiqués de tricherie ou de marchandage des cotes sont déjà difficiles à maîtriser en temps normal, que dire de la validité des contrôles des connaissances en cette période de grève du personnel scientifique ?

            Les retombées de la grève des chefs des travaux, assistants et chargés de pratique professionnelle risquent d’être désastreuses sur les résultats de différents participants à la première session. Il est d’ores et déjà certain que les côtes des examens passés dans les conditions décrites ci-haut ne vont pas refléter le niveau réel des apprenants. La conséquence directe d’un tel relâchement est que le pays va se retrouver, dans quelques semaines, mois ou années, avec des pédagogues, des journalistes, des relationnistes, des économistes, des juristes, des médecins, des ingénieurs … de pacotille, qui n’auront pas été soumis au tamis indispensable à leur correcte évaluation.

            Aussi, dans le souci de préserver la qualité déjà discutable des produits qui sortent des universités et instituts supérieurs de la République Démocratique du Congo, il serait de bonne politique de geler les examens de première session, en attendant que le gouvernement donne une suite favorables aux revendications salariales des grévistes. Sacrifier cette première session et partant, une génération entière d’étudiants, peut faire à croire aux observateurs à un manque de responsabilité de la part des gestionnaires de notre enseignement supérieur et universitaire.

            Certes, les parents d’étudiants et les étudiants eux-mêmes redoutent des prolongations qui induisent des dépenses supplémentaires en termes de frais de transport, de nourriture, de loyers… mais la qualité de la formation ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel du temps ou des finances. Tout le monde a conscience que le gouvernement devrait faire un geste significatif en faveur du personnel scientifique, comme c’est déjà le cas pour les professeurs. C’est du reste par solidarité avec les chefs des travaux, les assistants et les chargés de pratique professionnelle que les étudiantes de l’Institut Supérieur Pédagogique de Gombe sont sorties vendredi de leur établissement pour aller déposer un mémo au Cabinet tout proche du Premier ministre. Ce mouvement estudiantin a malheureusement été réprimé dans la violence. Dans plusieurs établissements où la session n’a pu commencer, les nerfs des communautés estudiantines sont à fleur de peau. La future élite attend de l’Exécutif de l’Etat une réponse satisfaisante aux revendications des affiliés du personnel scientifique, ces auxiliaires incontournables des professeurs.

                                     Kimp

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