Equiper la télévision pour un Congo émergent

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teleA l’occasion de la journée internationale de la télévision, l’agence conseil en communication, Axiologique, a organisé le vendredi 20 novembre 2015 au collège Boboto, une conférence- débat sous le thème «Quelle télévision pour un Congo émergent ? » à laquelle ont pris part, des professionnels des médias et des étudiants venus pour la plupart de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC). 

L’auditoire et les intervenants du jour, à savoir le professeur Malembe Tamandiak, Jean-Marie Kasamba, président de l’UNPC/Kinshasa et un conseiller du ministre de l’Information et de la Communication, ont échangé autour du parcours de la télévision en RDC, partant des évolutions réalisées depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui, le rôle joué par la télévision congolaise  dans le processus démocratique et dans la promotion des valeurs et les défis à relever pour aspirer à une télévision d’excellence et compétitive pour un Congo émergent. Cette réflexion ne s’est pas limitée à la télé simplement et a été élargie au domaine médiatique tout entier (radio, presse écrite, etc.) qui souffre d’un grand désordre (moutons noirs, phénomène coupage, etc) qui porte ainsi atteinte de manière sérieuse, à la qualité de travail rendu et à l’image même du pays.

            Parlant des débuts de la télévision congolaise à nos jours, le professeur Malebe a, dans son son exposé, brossé le parcours de cette dernière à travers les grandes dates notamment, 1965 date de son entrée en RDC, 1974, année d’adoption de la télé en couleurs, 1972, année de la révolution de la télé avec l’installation de la station terrienne qui coïncidait avec la politique de la zaïrianisation et le recours à l’authenticité.

            Il a rappelé également les origines de la libéralisation de la télévision congolaise vers 1989 avec l’ouverture de Raga, Antenne A, Canal Kin, et dont le monopole avant cette date n’était réservé qu’à la télévision officielle, faisant ainsi l’apologie du pouvoir.

Par ailleurs, Malembe Tamandiak a fustigé le fait que depuis cette libéralisation, il est né et continue à naitre un nombre important de chaînes de télévision et même de stations radios, de manière assez anarchique et désordonnée. La RDC, a-t-il renseigné, compte le plus grand nombre de télés et de radios au monde par rapport à sa population. Le monde entier étant en train de basculer de manière compétitive et totale de l’analogique vers le numérique, le conférencier a signalé que ces dernières malheureusement pour la plupart, ne sont pas capables d’effectuer ce changement suite aux multiples insuffisances liées entre autre aux matériels sur le plan technique, aux moyens financiers, auc ressources humaines, etc.

La télévision congolaise : une réalité et non un

réalisme

            Quant à la question de savoir si la télévision congolaise est une réalité ou un réalisme, Jean-Marie Kasamba a répondu clairement qu’il s’agissait bel et bien d’une réalité, car à travers elle, il est possible de construire ou détruire, faire et défaire. La télé, a-t-il mentionné, contribue à l’amélioration du quotidien. Pour ce dernier, la RDC a malheureusement connu la télé pendant des années que comme le média qui entretenait le pouvoir en place (pendant la deuxième république). C’est ainsi que pendant des années, a-t-il noté, la télé n’a pas évolué, n’intégrant pas de ce fait les transformations technologiques.

            Partant de toutes ces critiques, il a rappelé les préalables à remplir, pour atteindre l’objectif d’un Congo émergent par sa télévision.  Il s’agit notamment, d’une télévision équipée avec un financement disponible, un personnel bien formé et la culture de la vérité dans le traitement des faits afin de donner la bonne information et la vraie.     Myriam Iragi