Equateur, Katanga, Nord et Sud-Kivu, toujours en ébullition

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Les humanitaires en danger !

C’est ce jeudi 29 avril 2010 que John Holmes, secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des affaires humanitaires et Coordinateur des secours d’urgence, arrive en RD Congo pour une visite de cinq jours. D’après les responsables du Bureau de coordination des affaires humanitaires en RDC (Ocha/ RDC), ce cadre onusien aura des entretiens avec des officiels congolais et effectuera également des visites de terrain. Ainsi, il se rendra successivement à Bukavu et Mwenga dans le Sud-Kivu ; Dungu, Niangara et Kisangani dans la Province Orientale ainsi que Dongo et Mbandaka dans la province de l’Equateur.

 En attendant l’arrivée de ce collaborateur de Ban-ki Moon, le porte-parole de la Mission des Nations Unies en RDC(Monuc), Madnodge Mounoubai, a décliné hier mercredi 28 avril 2010, la situation militaire et humanitaire qui semble, en général, préoccupante sur l’ensemble du territoire national.

Equateur : poursuite de renforcement  des Casques bleus

 A l’Equateur, le porte-parole a indiqué que la Force de la Monuc continue le renforcement de sa présence dans la province. Elle a déployé le 20 avril dernier une section des Casques bleus ghanéens à Gbadolité, dans le but de renforcer la sécurité dans cette ville. Cependant, l’accès humanitaire vers les localités de Buburu Enyele et Imese est réduit à cause de la situation sécuritaire. Tandis qu’en République du Congo, le nouveau site inauguré à Betou pour les refugiés rd congolais ayant fui les conflits intercommunautaires à l’Equateur, héberge actuellement 502 personnes. Au cours de la dernière semaine, 175 réfugiés y ont été installés.

 

Province Orientale : la LRA crée un climat de crainte généralisé

 En Province Orientale, la situation sécuritaire est restée très tendue, durant la semaine dernière, dans les deux districts d’Uélé, alors que des nouveaux rapports au sujet des meurtres et mutilations commis par les éléments de l’Armée de Resistance du Seigneur (LRA) ont entretenu un climat de crainte généralisé. Face à ces atrocités, la Force de la Monuc dans sa première réaction, a mené le 24 avril 2010 une opération conjointe avec les FARDC dans la région dont l’objet était d’enquêter sur les allégations au sujet du massacre perpétré par la LRA dans cette région en décembre 2009.
 Selon Ocha, le manque de financement ne permet pas à certains acteurs humanitaires à poursuivre leur action dans la province. Ainsi, le Programme élargi de vaccination éprouve beaucoup de difficultés à accomplir son programme depuis le début de cette année dans le district de l’Ituri.
 A Ango, dans le district du Bas-Uélé, la situation alimentaire est alarmante. Au moins 44% de la population vit en dessous du score limite.

Nord-Kivu : les FARDC imposent des travaux forcés

 Selon Ocha, les acteurs humanitaires dénoncent le non respect du caractère civil de la plupart des sites de déplacés dans le territoire de Masisi. En clair, les FARDC et de la Police nationale sont signalés dans certains sites et imposent des travaux forcés dans les territoires de Lubero et Masisi.
 Par ailleurs, d’importants mouvements de déplacement de populations sont observés dans le territoire de Walikale. Le comité de déplacés signale aussi l’arrivée de 943 nouvelles familles déplacées. Tous ces ménages fuiraient les menaces d’exactions et des pillages sur le tronçon Nyasi-Katoroka-Musenge.
Sud-Kivu : les FDLR poursuivent les enlèvements

 La situation sécuritaire est restée particulièrement tendue dans les régions du Bunyakiri-Hombo et Mwenga, où les éléments rwandais des FDLR poursuivent activement leur politique d’enlevements. Même situation de tension à Fizi à cause où les éléments du groupe Maï Maï Yakutumba sont signalés dans par des actions récurrentes.
 L’action humanitaire étant mise en mal, les acteurs humanitaires, tout comme leurs activités, sont devenus la cible des hommes en arme. De même les populations civiles sont victimes des exactions de ces gens. Cette situation a provoqué le déplacement de quelque 6.000 ménages de Fizi Centre, selon la Croix-Rouge locale. Alors que la plupart des déplacés ne comptent pas retourner de si tôt par crainte de l’insécurité, les FARDC sont accusées de nombreuses exactions sur les populations civiles et auraient en outre pillé des structures construites et appuyées par les acteurs humanitaires au lendemain des affrontements du 13 avril.
     Tshieke Bukasa       et  Mydrie Mavata   (Stagiaire IFASIC)  

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