EPSP : depuis la rentrée scolaire, trois semaines de cours perdues

0
103

Les élèves et les enseignants de la capitale ont été «invités», une
fois de plus, par des tracts jetés à la sauvette le week-end dernier
dans les écoles par des inconnus, à la désertion des salles de classe
hier lundi, 25 septembre 2017. Une situation de tension qu’on pensait
être totalement résolue avec la levée du mot d’ordre de grève par les
principaux syndicats de l’EPSP qui avaient appelé au boycott de la
rentrée scolaire du 04 septembre 2017. Trois semaines après, force est
de constater qu’on a pas encore réussi à stabiliser cette rentrée
scolaire et qu’on est presque  à la case départ avec ces atermoiements
préjudiciables au respect des programmes scolaires et à l’éducation
des élèves. Situation troublante, non seulement pour les parents, mais
aussi et surtout pour les autorités tant nationales que provinciales
qui cherchent par tous les moyens à asseoir cette rentrée scolaire. A
l’Est de la capitale où ces tracts ont eu un impact inattendu et
pervers, il y a des écoles qui n’ont pas fonctionné ou n’ont reçu que
très peu d’élèves.

Après recoupement des informations provenant aussi bien des syndicats
– aucune organisation syndicale n’ayant voulu endosser la
responsabilité de ce flottement  que des parents et des responsables
scolaires, ces tracts invitaient, non seulement au boycott des cours,
mais menaçaient de représailles les élèves et les enseignants qui se
hasarderaient à fréquenter l’école lundi. L’objectif clairement
affiché était de saper le démarrage de la semaine dans les
établissements scolaires de la capitale. Comme cela a été bien le cas
les 04, 11 et 18 septembre 2017. A ce sujet, d’aucuns expliquent que
ce sont là des signaux d’avertissement pour attirer l’attention des
gouvernants sur la situation particulière des enseignants.
Les syndicats de l’EPSP n’ont pas eu froid aux yeux pour se mettre
au-dessus de la mêlée en précisant que pour les enseignants, quels que
soient le zèle et prétentions des uns et des autres à servir le pays
et sa jeunesse, ils sont et restent le fer de lance de cette lutte
pour le développement et l’émergence du pays. Pour eux, les dirigeants
qu’on a pssent tous par les mains des enseignants avant de siéger dans
les institutions de la République. Alors d’où vient-il, se sont
interrogé les syndicats de l’EPSP, que sur le plan salarial, ils sont
méprisé aussi bien par les autorités politiques – qui se contentent
des discours-slogans – que par l’opinion publique.

Paie complémentaire : les listings sont déjà dans les banques

Par ailleurs, le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) a plaidé
non coupable. On a appris qu’il a levé son mot de grève de bonne foi
et pour convaincre ses affiliés à reprendre le travail et délégué son
Secrétaire général au Ministère du Budget d’où il a ramené les
listings de la paie complémentaire (de 2 mois, soit 50.000
Fc/enseignant). Ces listings, selon la Secrétaire générale de SYECO,
sont déjà dans les banques qui n’attendent que les liquidités pour
payer les enseignants. Pour le SYECO et les autres syndicats de
l’EPSP, leurs membres sont bien informés et ont déjà repris leur
travail. Des tels tracts ne peuvent provenir que des éléments
marginaux.
Toutefois, plusieurs analystes – et non ses moindres – ont pointé le
mécontentement de certains compatriotes, gens parmi lesquels
figureraient des fonctionnaires (et non seulement des enseignants).
Mécontents de la modicité de leurs salaires versés par l’Etat, ils
inciteraient les élèves et enseignants à boycotter les cours. Cette
catégorie de mécontents silencieux posent souvent des actes discrets,
pour interpeller les décideurs lorsqu’ils pensent que les
revendicateurs officiels ont failli.

Répartition équitable du revenu national et alignement des salaires de
fonctionnaires de l’Etat
Par ailleurs, il y en a qui continuent de soutenir jusqu’à présent
que les vraies revendications des fonctionnaires et enseignants ne
sont pas celles contenues dans le Cahier de charge présenté au
Gouvernement par l’Intersyndicale de l’EPSP. Car, une fois le dollar
réévalué, les salaires s’amenuiseront de plus en plus et nul ne peut,
à ce stade,, prédire jusqu’où ira la dépréciation de la monnaie
nationale. Les organisations, telle que la Voix des Sans Voix pour les
Droits de l’Homme (VSV) avaient demandé aux agents et fonctionnaires
de l’Etat de ne pas se contenter des solutions ponctuelles, mais
plutôt de celles qui sont durables.
Les vraies revendications de tout fonctionnaire ou enseignant devaient
graviter autour de deux axes, à savoir la répartition équitable du
revenu national qui implique la réduction du train de vie des
animateurs des institutions telles que « Président de la République et
le Gouvernement ». Pour elle, on doit connaître ce que touchent
réellement les animateurs de ces institutions et leurs collaborateurs
pour mieux indexer les salaires des agents et fonctionnaires, selon
une proportion déjà déterminée par la loi pour mieux combattre toute
injustice salariale.  Ainsi, on mettrait un terme à toutes ces
agitations incontrôlées ici et là, particulièrement dans les écoles.
SAKAZ