EPSP : les parents fatigués de prendre en charge les enseignants

0
106

Rien au monde n’obligera plus les parents à continuer à se substituer à l’Employeur – c’est-à-dire à l’Etat qui est le Pouvoir organisateur de l’Enseignement en RDC – pour continuer à ployer sous le fardeau du système de prise en charge des enseignants. Cette annonce ou plutôt cette salve d’avertissement faite à l’ouverture des travaux du 9ème Conseil National (ou Congrès) de l’Association Nationale des Parents d’Elèves et d’Etudiants de la République Démocratique du Congo (ANAPECO) par son président, David Stève Diatezua Mpongi, a suffi pour souligner l’état d’esprit dans lequel les responsables de cette
association, tant du niveau national que provincial, abordent ces travaux de quatre jours qui se tiennent du 27 au 30 juillet 2018. Ils
ont pour thème : « Soutenir et promouvoir l’éducation nationale est la
voie royale pour l’émergence de la RDC » et se déroulent au sein de
l’Institut National de Santé Publique, dans la commune de Kasa-Vubu,
sous le haut patronage de Gaston Musemena Bongala, ministre de
l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP).

Prenant la parole à l’ouverture de ces travaux, le vendredi 27
juillet 2018, ce membre du gouvernement a tracé les grandes
orientations de ces assises, en considérant les problèmes de fonds qui
assaillent le secteur de l’éducation nationale en général et de l’EPSP
en particulier. Il s’est appesanti particulièrement sur les problèmes
rencontrés par la Mutuelle de santé des enseignants (MESP), dont il
voudrait confier la gestion uniquement aux enseignants comme seuls
gestionnaires et bénéficiaires. Il n’a pas oublié d’évoquer également
son souci de voir tous les partenaires éducatifs, particulièrement les
parents d’élèves et étudiants, s’impliquer activement pour que la
pleine réussite de la Réforme scolaire – qui est en train de se faire
– pour tous les élèves et étudiants de la RDC bénéficient d’un
enseignement de qualité pour leur plus grand épanouissement.

Parents et autorités scolaires et académiques préoccupés par la
qualité de l’enseignement

Dans la même optique du Ministre de l’EPSP, le Président de l’Anapeco
s’est déclaré heureux de constater que depuis une dizaine d’années, le
pouvoir organisateur de l’éducation et les partenaires ont compris
qu’il fallait emboîter le pas à l’Anapeco pour rechercher la qualité.
Cette qualité ne peut venir qu’en résolvant tous les problèmes qui ont
désarticulé notre système éducatif, jetant l’anathème sur les uns et
les autres sans jamais toucher les vrais problèmes pour de vraies
solutions.
Pour redresser la situation, David Stève Diatezua réclame la tenue
d’une vraie «Table ronde de l’Education», car les résolutions et
recommandations des Etats généraux de l’Education n’ont pas connu un
aboutissement attendu. L’instauration du partenariat comme stratégie
et mode de gestion du Système éducatif congolais s’effectue au
détriment des parents qui sont floués sur tous les tableaux. Devant
cette situation déplorable, le président de l’ANAPECO a prévenu que le
Conseil National fera l’état de la situation tant dans la capitale que
dans le Congo profond car tous les présidents provinciaux ont fait le
sacrifice de venir à Kinshasa pour scruter, disséquer et proposer des
solutions. Pourvu que leur voix soit entendue.

Cacophonie entre l’EPSP et la FPMA
L’Anapeco a déploré la cacophonie qui s’observe dans le secteur de
l’enseignement entre l’EPSP et la FPMA (Ministère de la Formation
Professionnelle, Métiers et Artisanat), alors l’ordonnance les
instituant définit clairement leurs prérogatives respectives. Pendant
que l’EPSP s’occupe de la formation classique et certificative, la
FPMA devait récupérer toute l’armée d’élèves ayant abandonné la
formation classique et promouvoir des modules de formation qualifiante
pour des professions telles que la maçonnerie, la plomberie, le
carrelage, l’électricien auto ou bâtiment, le menuisier, le
charpentier, etc. Il a assuré que les parents auront leur mot à dire à
l’issue de ces travaux.
SAKAZ