EPSP : des retenues de salaires provoquent la grogne des enseignants

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Les enseignants ont été désagréablement surpris ce mois-ci de voir leurs maigres salaires subir des ponctions allant de 3000 à 7000 francs. Ces retenues ont été ordonnées par le gouvernement qui ne s’est pas concerté au préalable avec ses partenaires sociaux.

Pour le  ministre délégué aux Finances, ces retenues  entrent  dans la rubrique de l’impôt professionnel sur les rémunérations, primes, collations ,  avantages sociaux  des fonctionnaires.

            Mécontents de voir leur employeur retirer  quelque chose sur leurs maigres salaires , les membres du Syndicat des Enseignants du Congo (Syeco) exigent  du gouvernement la révision à la hausse de leurs salaires.   Prenant au mot le  vice Premier Ministre en charge du Budget, ils lui demandent   de concrétiser la promesse   qu’il leur avait  faite  cette année  de majorer  leurs salaires. Daniel Mukoko, lit-on dans la déclaration de  l’assemblée générale du Syeco tenue le vendredi 25 juillet à Limete, a fait cette annonce lors de son passage à une émission de la radio  Top Congo sur la bancarisation. Cette déclaration, dont une copie  est parvenue au Phare  ,  a été signée  par le secrétaire général du Syeco, Jean-Pierre Kimbuya.

         Pour l’essentiel, les « sociétaires » du Syeco demandent à l’Etat congolais  de résoudre le problème des enseignants non payés et non mécanisés. Tout en souhaitant voir le gouvernement sensibiliser les enseignants et autres agents de l’Etat sur les retenues,  Kimbuya et ses pairs plaident pour la surséance de ces ponctions jusqu’à nouvel ordre.

         Le Syeco attend des solutions durables à ces préoccupations lors de la paie du mois d’août 2014  et envisage de tenir une assemblée peu avant la rentrée scolaire 2014- 2015 pour se prononcer par la même occasion sur ces dossiers, lit-on.

         Approché par les médias, certains enseignants ont  dit qu’ils ne s’attendaient pas à ces retenues.  Certaines banques grignotent également  leurs  salaires. La  mutuelle de santé est une bonne chose, ont- ils ajouté, mais leurs rejetons  et épouses  ont surtout  besoin du pain.

         L’assemblée générale du week-end passé a servi de prétexte  pour évaluer l’année scolaire 2013- 2014. Il ressort de l’analyse faite par les participants    que le calendrier scolaire a été respecté cette année. Le ministère de tutelle a mis à la disposition des écoles des manuels des maths, français, chimie ;etc.

         Plusieurs problèmes  nécessitent qu’on y trouve des solutions. Il s’agit de la prolifération de fausses pièces scolaires, de la baisse   du niveau de l’enseignement avec comme corollaire la decote des élèves congolais sur le plan international, le vieillissement des enseignants du primaire, la présence  des cumulards.     Il y a aussi l’obsolescence du protocole d’accord entre l’Etat et les Eglises suite à la promulgation d’une nouvelle loi sur l’enseignement, le clientélisme en matière de  recrutement et de  promotion du personnel dans les écoles conventionnées, la qualité des soins dans les centres de santé partenaires de la mutuelle de santé pour enseignants .

 Le retard de paie dans les territoires dépourvus des structures bancaires, le non paiement des salaires de mars 2014  des enseignants de Lubero  convoyés par la Caritas et  pillés par des bandits à main armée  ,  la mauvaise gestion  des frais de motivation des parents et bien d’autres maux qui gangrènent le secteur éducatif ont été épinglés lors de cette rencontre.

Jean- Pierre Nkutu

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