EPS- INC : la CENCO en guerre contre le phénomène des diplômés «analphabètes»

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cenco2La session de concertation organisée conjointement par la commission épiscopale chargée de l’éducation chrétienne et la coordination nationale des écoles conventionnées catholiques « CEC » et destinée aux gestionnaires des établissements a pris fin le week end passé.
Du 14 au 18 décembre 2015, conseillers résidents et coordinateurs des diocèses catholiques de l’ensemble du pays  réunis au centre Nganda, ont passé au peigne fin les problèmes qui se posent dans le secteur éducatif et élaboré des  résolutions, lues par l’abbé Mukata Bayongwa.
De la gamme des résolutions prises au terme de cette session de concertation, on a noté   que les gestionnaires des ECC  se font beaucoup des soucis pour le cours de religion, initial  de 20 points attribuée à ce cours  a été ramené à 10. Ignorée  ou peu enseignée dans certaines écoles ou dispensée  par des enseignants peu qualifiés en la matière mais soucieux de gonfler leur charge horaire, les évêques et abbés… présents à Nganda la semaine passée souhaitent   maintenir les 2 heures par semaine reconnues à ce cours et lui redonner sa réelle place dans les écoles catholiques.
            Un autre problème débattu à Nganda est celui de l’Accord cadre conclu entre l’Eglise catholique et l’Etat congolais, il y a plusieurs décennies.
            En outre, les participants ne souhaitent pas revoir  dans leurs écoles des inspecteurs promus mais jadis vomis. Les  hôtes de la CENCO et de la CEC s’inquiètent de la recrudescence de la corruption et autres antivaleurs en milieu scolaire. A les en croire, la tricherie est patente lors du passage des épreuves de fin d’études des finalistes du primaire et du secondaire.  Epinglant au passage les effets néfastes du vagabondage scolaire, du « travail de laboratoire » qu’affectionnent les finalistes du secondaire, ils ont souligné la nécessité d’appliquer la rigueur dans les ECC d’autant plus que de nos jours, beaucoup d’élèves du degré terminal du primaire ne savent pas bien lire et au finish, on compte de nombreux diplômés « analphabètes ». Pour lutter contre ce phénomène , les participants à la session de Nganda ont plaidé pour la redynamisation du jury catholique dans les ECC. Et que les gestionnaires d’écoles soient également associés à la composition des épreuves des examens d’Etat. Il a été demandé aux mêmes gestionnaires de prendre part à toutes les réunions et séances de travail…. initiées par les officiels congolais. Les gestionnaires des ECC sont appelés à signaler à leur hiérarchie les couacs et autres anomalies constatés. Et puis, les inspecteurs feraient mieux de ne plus imposer des manuels aux écoles, dans le but de ne pas donner l’impression de s’adonner au « business ».
            Catégorisant à leur manière les différentes établissements scolaires qu’on a au pays ( écoles budgétisées, non budgétisés, enseignants mécanisés, omis….), les participants ont déploré le fait que les gestionnaires des ECC n’aient pas accès aux listings de paie pour faire le suivi de la rémunération de leur personnel. Dans la foulée, ils ont émis le vœu que désormais les ECC prennent langue avec le SECOPE. Tout en plaidant pour une rémunération plus consistante des enseignants, ils aimeraient voir aussi la CARITAS reprendre ce dossier en mains.  Et que le Syndicat national des enseignants catholiques fasse du plaidoyer pour que les banques n’opèrent plus des ponctions sur les salaires des enseignants.
            Quant à l’impression des titres scolaires, les participants ont proposé la décentralisation provinciale de cette opération.
            En ce qui concerne la révolution digitale, l’option dégagée a été celle de doter les ECC d’un réel outil informatique et d’inciter  les écoliers de s’y intéresser d’autant plus que de nombreux établissements scolaires n’en disposent pas encore.  Dans la foulée, la création d’un logiciel propre aux ECC a été envisagée.
            Pour ce qui est de l’écologie, de la santé…, les participants se sont convenus de la nécessité d’une sensibilisation à grande échelle de la population  au réchauffement climatiques et  autres problèmes connexes et de convier écoliers et élèves à planter des arbres dans leurs milieux. Plusieurs autres recommandations retenues par les participants ont été lues par l’abbé Mukata.
                 Jean-Pierre Nkutu