Enyele : Muzito répond aux Députés le mercredi 28 avril

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A la suite d’une plénière-fleuve le mercredi 21 avril au sujet de l’invasion de la ville de Mbandaka par les Enyele, et d’autres questions d’actualité ayant mobilisé 66 intervenants au total, le Premier ministre fera sa réplique dans une semaine. Soit le mercredi 28 avril prochain.

C’est l’option levée par la plénière de la Chambre basse, qui était essentiellement consacrée à la question orale avec débat adressée au chef du gouvernement par le député Jean Lucien Busa.

En effet, c’est le vendredi 23 avril que le Premier ministre devrait répondre aux préoccupations des députés suivant le délai prévu par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui est de 48 heures. Mais la plénière ayant déclaré ce jour inapproprié, et vu le calendrier trop chargé des président et 1er vice-président, c’est le mercredi 28 avril prochain qu’Adolphe Muzito viendront apporter la lumière à la lanterne de la Représentation nationale.

La question orale

L’unique point de l’ordre du jour de la plénière était bien entendu la question orale avec débat de J.L Busa qui a demandé au Premier ministre de s’expliquer devant la nation sur « la politique générale du gouvernement, plus précisément, en matière de défense nationale, sécurité, ordre public, santé publique, du social incluant l’habitat et l’humanitaire ainsi que dans les domaines foncier, économique et financier ».

Après avoir ainsi expliqué sa démarche, J.L. Busa a posé dix questions à Adolphe Muzito.

Dans la foulée, on peut citer : quelle est la politique de votre gouvernement en matière de défense incluant les perspectives de la formation d’une armée républicaine et nationale ? Quelle est la politique de votre gouvernement dans les domaines de sécurité du territoire, de l’ordre public ainsi que de la protection des personnes et des biens ? Comment votre gouvernement compte-t-il mettre un terme aux conflits localisés qui se multiplient dans le pays au moment où ce dernier a besoin de sa reconstruction et de la consolidation de son processus politique ?

Votre gouvernement a-t-il une politique de développement des provinces en tenant compte de leurs spécificités propres ?, etc.

Il a aussi voulu connaître la politique du gouvernement en matière de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite ; de santé publique, éducation, habitat et amélioration de la qualité de vie des Congolais dans les provinces dont les infrastructures sont détruites par le fait des conflits armés ; de prise en charge humanitaire et de réinsertion sociale susceptible d’encourager le retour des déplacés et réfugiés.

Un débat houleux !

L’exposé de l’auteur de la question orale terminé, un débat général s’en est suivi par groupe parlementaire tel que cela avait été arrêté à la conférence des présidents tenue la veille en guise de préparation de ladite plénière.

De manière générale, des interventions ont été faites dans tous les domaines de la vie nationale.

Avant d’en arriver au débat, le chef du gouvernement a d’abord essayé de répondre à la question lui posée.

Dans son intervention, Adolphe Muzito a commencé par réitérer ses excuses pour le rendez-vous manqué entre les députés et les ministres de la Défense et de l’Intérieur, appelés à l’urgence des affaires de l’Etat, avant de qualifier la question lui adressée d’opportunité pour parler de la politique générale de la nation.

Il a résumé son intervention en trois points, à savoir : la refondation de l’Etat à travers la consolidation de la paix, la reconstruction nationale basée sur la réalisation des cinq chantiers ainsi que l’amélioration des conditions sociales notamment celles salariales, la relance économie, etc.

Il a saisi l’occasion pour faire diagnostic de la situation sécuritaire à travers le territoire national.

Concernant l’instabilité institutionnelle à laquelle on assiste dans certaines provinces, il a déclaré que c’est un exercice normal en démocratie où le principe de la séparation des pouvoirs est consacré par la Constitution de février 2006.

Quant à la retenue de 40% sur les recettes à caractère national à la source, Adolphe Muzito a fait observer que vu la disparité entre les provinces, cela risquerait de provoquer des déséquilibres graves. Certaines provinces (en l’occurrence Kinshasa, Bas-Congo et Katanga), étant favorisées par la politique coloniale.

C’est pourquoi, le gouvernement essaie de répartir la rétrocession de manière à éviter le déséquilibre.

Il a, en outre, renseigné que sous l’égide de l’Union africaine, des contacts sont en cours pour le départ des éleveurs Mbororo du territoire national.

Concernant l’amélioration des conditions salariales, le recensement est en cours pour maîtriser les effectifs des agents et fonctionnaires, avant de passer à l’augmentation des salaires.

En plus, son gouvernement s’attèle à uniformiser les salaires à travers la République en vue de mettre fin à la disparité actuelle.

Enfin, A. Muzito a annoncé que le Smig était déjà fixé en 2008, mais non appliqué à cause de la situation financière précaire que traversent plusieurs entreprises.

Le MLC fustige le délai trop long pour la réforme de l’armée

Se basant sur l’intervention du Premier ministre qui a étalé le processus de la réforme de l’armée en 3 phases (2009-2011, 2011-2016 et 2016-2024) avec chacune un programme spécifique, le Mouvement de Libération du Congo (Mlc) trouve ce délai trop élastique. Le problème de sécurisation du territoire national se pose avec acuité et appelle une solution urgente.

D’autres intervenants ont stigmatisé la démagogie de certains membres du gouvernement qui font des discours triomphalistes à Kinshasa, alors que la situation sur le terrain ne fait que pourrir (cas des provinces du Nord et Sud Kivu, Equateur…).

L’impuissance et l’incompétence de l’armée ont été également dénoncées par un député. Il a souligné la nécessité de réformer l’armée nationale, en fustigeant le fait que l’actuelle est composée des éléments des composantes et entités armées reconnues au Dialogue intercongolais. D’où, il propose le recrutement de nouveaux éléments qui pourront s’imprégner de la discipline et morale recommandées aux hommes de troupes, si on veut avoir une armée professionnelle.

Au plan sécuritaire, les députés ont relevé l’impuissance du gouvernement à travers les services de sécurité et renseignements qui n’ont pas été en mesure de prévenir la situation qui est arrivée à Mbandaka.

Ils ont accusé le gouvernement de n’avoir pas pris au sérieux les informations qu’on lui donnait, notamment les différentes démarches menées par les élus de l’Equateur, ou encore d’avoir géré avec légèreté la question.

Le PPRD relève l’ambiguïté

Pour le parti présidentiel, PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), il y a confusion entre la question orale censée se focaliser sur un sujet précis et le bilan général du gouvernement.

Ainsi pour le Pprd, il serait mieux indiqué d’inviter les ministres de différents secteurs concernés par la question pour s’expliquer au lieu de convoquer le chef du gouvernement.

Aucun objectif réalisé

Certains intervenants ont cherché à démontrer que le gouvernement n’a pas réalisé les objectifs qu’il s’était assignés tels que présentés par le Premier ministre lors de son discours de politique générale, avant l’investiture, notamment en matière de défense, sécurité et amélioration du social, etc.

Spécialement en matière de défense, malgré des accords conclus avec l’Ouganda et le Rwanda, rien n’a changé sur le terrain.

D’autres intervenants ont relevé une sorte de relégation des prérogatives par le Premier ministre à un gouvernement parallèle qui aurait son siège, selon les termes employés, à la Présidence de la République.

Au plan économique, plusieurs interrogations ont été soulevées sur la relance des activités de la Miba. Les dessous des dossiers des contrats qui lient PROGOSA à l’ONATRA et RVA. Idem en ce qui concerne le procès opposant CTC à DGDA au tribunal de Commerce en France.

Au plan judiciaire, la politique de deux poids deux mesures a été dénoncée avec virulence, notamment en ce qui concerne l’arrestation des petits délinquants dits « kuluna », alors que ceux en cravate n’ont jamais été inquiétés !

Comment s’étonner de ce qui est arrivé à Mbandaka, lorsqu’on sait que des frustrations appellent l’agressivité, s’est interrogé un élu de Mbandaka. Après avoir démontré que des originaires ont subi des traitements cruels de la part des dirigeants. « Nous sommes victimes d’exclusion et avons suffisamment subi des frustrations. Notre seul péché c’est d’avoir enfanté Mobutu et Jean-Pierre Bemba.

Conclusion : ce qui est arrivé n’est plus ni moins le fruit des frustrations et autres traitements cruels réservés aux ressortissants de l’Equateur.

Mende vivement attaqué

Le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, a fait l’objet d’attaques en règle des députés.

Nombreux ne lui pardonnent pas des discours au ton triomphaliste qu’il ne cesse de tenir régulièrement à propos de la situation sécuritaire, mais qui, après vérification des faits sur le terrain, s’avèrent totalement mensongers.

Autre grief retenu à charge de Lambert Mende est ce jeu de dupes selon lequel lui qui avait ordonné la coupure du signal de RFI, est bizarrement le premier à passer sur RFI où il accorderait des interviews matin et soir.

Toujours au même porte-parole, beaucoup d’élus de l’Equateur réclament la preuve de leur implication dans le mouvement des Enyele telle qu’il l’avait affirmé dernièrement au cours d’une conférence de presse.

Aïda Sindani, Chimelle Mwila (Stg/Ifasic) & Dominique Mukenza

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