Enyele : le père spirituel capturé

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Les FARDC (Forces armées de la République du Congo) ont mis la main sur une personne considérée par le ministère de la Défense et l’Etat-major général comme l’auteur intellectuel de la rébellion des Enyele, dans la province de l’Equateur.
C’est le vendredi 2 juillet 2010 que la capture de celui qui est présenté comme le chef spirituel, politique et militaire du « Mouvement de Libération Indépendante des Alliés, MLIA » est intervenue, à Dongo. Ce, après une résistance farouche des hommes d’Ibrahim Mangbama Mambenga, a-t-on précisé à l’intention de la presse. Douze fidèles de ce dernier ont péri dans les affrontements et leur chef a eu la jambe fracassée. 
Une fois capturé, Mangbama Mambenga a été acheminé à Kinshasa où il a été présenté à la presse le samedi 3 juillet par le ministre de la Défense nationale et anciens combattants.

 

 Outre le ministre Charles Mwando Nsimba, tous les hauts dirigeants de l’armée nationale et des services de sécurité ont assisté à cette cérémonie de présentation du chef des Enyele, suivie de sa remise à l’auditeur supérieur général de la Haute cour militaire. Il s’agit du Lt-Général Didier Etumba avec ses adjoints des trois forces traditionnelles (terrestre, aérienne et navale), des responsables de la DEMIAP et de l’ANR.
 « L’auteur intellectuel et gourou de cette insurrection macabre n’est autre que monsieur Ibrahim MANGBAMA MAMBENGA, père de MANGBAMA LEBESE UDJANI et président de leur organisation dénommée « Mouvement de libération indépendante des alliés », MLIA en sigle, commandant suprême de leur armée appelée NZOBO YA LOMBO, qui signifie en français Bandits du village ». C’est en ces termes que le ministre de la Défense nationale a présenté celui qu’il considère comme le cerveau de la rébellion et ce, avant d’annoncer la fin des opérations militaires dans la province de l’Equateur. Car, estime le patron de la Défense nationale, l’auteur du mouvement étant capturé, il ne reste que le travail de sécurisation par la police nationale et les forces de sécurité.
 « C’est fort de cette évolution positive et de l’annonce de la prise en étau par nos troupes du Sieur Mangbama Mambenga que la commandant suprême a pris la décision de mettre fin auxdites opérations militaires tout en ordonnant que la police nationale et les autres forces de sécurité poursuivent le travail de sécurisation de nos populations et de leurs biens dans cette partie de la République ».
 En outre, Charles Mwando Nsimba a signalé que cela fait plus d’un mois que des unités spéciales des forces armées traquaient Ibrahim Mangbama Mambenga, pour enfin le capturer le vendredi 2 juillet après sa tentative de résistance en dépit de son encerclement.

Qui est Mangbama Mambenga Ibrahim ?

 Suivant la fiche signalétique présentée par le responsable de la Demiap/Intérieure, Ibrahim Mangbama Mambenga est originaire du village des Enyele, secteur de Dongo, territoire de Kungu, district du Sud Ubangi et province de l’Equateur.
 Agé d’une cinquantaine d’années, il fut instructeur à Liranga, au Congo-Brazzaville, au moment où le conflit Enyele opposant les Lobala aux Monzaya (Boba), éclate en octobre 2009.
 En sa qualité de président du comité des sages et de grand féticheur, il est consulté par les siens et décide d’organiser le MLIA dans le but de chasser les non Lobala de l’espace où il rêvait construire son « Etat Lobala ».
 C’est lui qui a organisé en son temps l’attaque de Gemena ayant échoué à quelque 63km de la ville, de Bomongo, Makanza … jusqu’à celle de Mbandaka le dimanche 4 avril 2010.
 Ce sont ses hommes qui avaient pris en otage le sujet espagnol, Dr Mario Sarsa que les Fardc ont finalement libéré au village Kongo, territoire de Makanza,  lors d’une opération spéciale menée à cet effet.
 Plusieurs autres griefs lui sont également reprochés, notamment la mutilation d’enfants et femmes non Lobala, l’enrôlement d’enfants mineurs et leur initiation au fétichisme, la prise en otage de quelque 300 Congolais et étrangers confondus, arraisonnement des bateaux (Malaika), l’utilisation des jeunes comme esclaves sexuels, celle de civils comme boucliers humains, etc.
 Il importe de signaler qu’après avoir obtenu l’autorisation du ministre de poser quelques questions au prévenu, et la presse a été finalement priée par l’auditeur supéieur de la Cour militaire de ne plus le faire au morif qu’il s’agit d’une affaire judiciaire et que la primeur doit être réservée à la justice.
Dominique Mukenza

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