Entreprises publiques : la ministre du Portefeuille fait le point des réformes

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senat-congo-kinshasa-rdc (1)Comme prévu, la ministre du Portefeuille, Louise Munga, était hier lundi 09 mai 2016 devant les Sénateurs pour répondre à leurs préoccupations soulevées le vendredi 6 mai 2016, au cours de la plénière consacrée à la question orale avec débat de leur collègue Jacques Djoli. L’auteur de la question voulait obtenir des éclaircissements sur le projet gouvernemental de mise en concession intégrée des ports de Boma, Matadi, Kinshasa ainsi que du chemin de fer Matadi-Kinshasa.

Dans leurs interventions, plusieurs sénateurs ont cherché à connaître le bien-fondé d’une telle démarche pour l’avenir de la Société Commerciale des Transports et des Ports (SCTP). A l’occasion, ils ont voulu obtenir de plus amples informations sur le processus de réforme des entreprises du Portefeuille dans son ensemble, mis en exécution voici 8 ans.

Dans sa réplique, Louise Munga a regroupé les préoccupations des sénateurs en trois catégories : les questions relatives à l’état des lieux de la réforme des entreprises publiques, à la concession proprement dite et l’existence d’une politique nationale des transports.

            Pour la ministre du Portefeuille, la transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales présente plusieurs avantages pour lesdites entreprises aussi bien sur le plan juridique qu’économique.

            Au plan juridique, la transformation permet d’opérer une séparation nette entre l’Etat et les entreprises concernées. Tandis qu’au plan économique, la transformation contribue à l’assainissement de leur situation financière et à la mobilisation des ressources financières à leur profit.

            « Après la modernisation du cadre juridique et institutionnel du Portefeuille de l’Etat par la réforme législative de 2008, les mesures d’application prises à cet effet, la seconde priorité du Gouvernement porte sur la restructuration des entreprises publiques », souligne-t-elle.

            En guise de bilan de réforme, Louise Munga a pris les cas de 5 entreprises publiques transformées en sociétés commerciales comme échantillon afin permettre aux sénateurs d’avoir une idée des effets de la réforme. Il s’agit notamment de la SNCC (Société Nationale des Chemins de fer du Congo), la RVA (Régie des Voies Aériennes), la SNEL (Société Nationale d’Electricité), la REGIDESO et la SCPT (Société Congolaise des Postes et Télécommunications).

            Concernant la Société Nationale des Chemins de fer du Congo, la ministre du Portefeuille indique que le projet de transport multimodal (PTM), avec une enveloppe de 435 millions USD, don de la Banque mondiale, a permis l’acquisition de 38 locomotives neuves, dont 20 commandées par le gouvernement ; l’acquisition des véhicules utilitaires ; la réhabilitation en cours de 600 wagons dont 430 déjà livrés ; le montage d’une usine moderne de fabrication des traverses en béton ; la commande d’un lot important de rails et de traverses métalliques qui sont en train d’être posées sur la voie ferrée ; le financement de différentes phases du plan social ayant abouti à la mise en pension de 4.000 agents dont les allocations de retraite ont été liquidées ; le financement des coûts opérationnels jusqu’en janvier 2015.

            Pour la Régie des Voies Aériennes, le projet prioritaire de sécurité aérienne (PPSA), avec une enveloppe de 159 millions USD, don de la BAD plus 10 millions de la BM dans le cadre du projet multimodal, a donné les résultats suivants :

– La construction, pour le compte des aéroports de N’Djili, Luano et de Kisangani (travaux en cours), des tours de contrôle et blocs techniques ;

– La construction des casernes anti-incendie et centrales électriques ;

– La réhabilitation des balisages lumineux ;

– L’acquisition des équipements du système de gestion et de surveillance de l’espace aérien de la RDC.

Pour la Société Nationale d’Electricité, Elle a fait état du projet d’électrification pour la consommation domestique et à l’exportation (PMEDE) avec une enveloppe de 781 millions USD supportée par la Banque mondiale, la BAD et la Banque européenne d’investissement. Il y a aussi le projet de marché d’électricité en Afrique australe (SAPMP), avec 622.700.100 USD financé par la Banque européenne d’investissement ; le projet d’électricité périurbaine et rurale (PEPUR) avec 100.000.000 USD, don de la Banque africaine de développement.

            Les résultats obtenus sont : la réhabilitation des groupes dans les centrales hydroélectriques d’Inga 1 & 2, la construction d’une deuxième ligne de transport d’énergie électrique reliant Inga à Kinshasa et qui sera bientôt opérationnelle, etc.

            Pour cette même société, elle a signalé les effets positifs de la réforme au niveau de la production, du transport, de la distribution, ainsi que de la commercialisation de l’énergie.

La ministre du Portefeuille, Louise Munga, qui a la tutelle administrative sur toutes les entreprises publiques de l’Etat, s’est livrée au même exercice sur la situation de la Regideso et de cla SCPT, deux autres entreprises transformées en sociétés commerciales.

Djoli pour la réforme, mais contre sa politisation

                        Concluant sa question orale avec débat, le Sénateur Djoli Eseng’Ekeli a indiqué ne pas être contre la réforme, une pratique qui devrait donner un souffle nouveau aux entreprises publiques. Mais, il dénonce la manière dont elle est conduite par le gouvernement depuis huit ans. Il  a déploré la politisation de la réforme des entreprises publiques, en lieu et place d’une démarche visant l’amélioration de leur gestion managériale. Il a proposé, à ce sujet, au gouvernement de l’élargir, de la requalifier et la mener suivant les normes universelles en la matière.

Dom