Enjeux électoraux : les paysans au pouvoir !

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i-cepasLes lampions se sont éteints le mercredi 16 mars 2016 au Cepas, dans la commune de la Gombe, sur la table ronde consacrée à la promotion de l’agriculture familiale. Celle-ci était organisée avec l’appui de la Coalition contre la Faim et le soutien financier du Fonds Belge de sécurité alimentaire. Elle était placée sous le thème : « Agriculture Familiale, Enjeu électoral en République Démocratique du Congo ». Les réflexions des participants ont essentiellement gravité autour de différents scrutins du présent cycle électoral (élections législatives, provinciales, municipales, locales, etc.).

Au sortir des travaux, une charte électorale a été adoptée par les délégués des organisations paysannes venues de toutes les provinces de la RDCongo. Il ressort de cette charte qu’un candidat à un mandat électif doit répondre aux critères ci-après :

– avoir un projet de société clair énoncé en faveur de l’Agriculture familiale et applicable dans l’hypothèse de son élection ;
– présenter des éléments concrets et détaillés de sa politique auprès de la communauté paysanne en vue de leur annexion à son acte d’engagement ;
– accepter de signer un acte d’engagement avec la masse électorale paysanne ;
– faire preuve d’adhésion à l’idéal des valeurs morales et patriotiques.

Les producteurs agricoles voudraient que leurs votent comptent lors de prochains scrutins car ils représentent  70% de la population congolaise, autrement dit 70% d’électeurs.

Soutenir des candidats pro-paysans et ou postuler soi-même

Etant l’actrice principale du combat d’éveil de conscience chez les paysans agriculteurs familiaux, la communauté paysanne de la RDC, regroupée et structurée au sein des organisations paysannes, s’est engagée fermement à lutter contre la faim et la pauvreté, et à promouvoir le développement en milieu rural à travers des activités liées à l’Agriculture familiale.

Elle s’est aussi  engagée à se fédérer autour des objectifs de défense de ses intérêts en vue de l’amélioration des conditions de vie de la classe paysanne par l’adaptation des méthodes culturales durables aux impératifs d’augmentation de la production à l’hectare, en conformité avec les lois du pays.

Quant aux enjeux électoraux, la communauté paysanne congolaise a pris la résolution de définir le profil des candidats aux élections locales, provinciales et nationales à travers des critères spécifiques d’adhésion à l’idéal de  la promotion de l’Agriculture Familiale.

Le souci majeur de cette organisation est de renforcer la prise de conscience du paysan quant à la portée de son pouvoir sur les mandats électoraux, de consolider la solidarité paysanne dans l’exercice effectif de son influence sur l’électorat  et d’obtenir l’adhésion des candidats aux élections à la réalisation effective des objectifs de promotion de l’agriculture familiale. Les paysans veulent aussi guider et orienter le dialogue entre l’agriculteur familial et tout candidat aux élections, mais aussi encourager les candidats issus de la masse paysanne à concourir aux différents scrutins, afin de mieux défendre les intérêts de leurs sociétaires. Tout devrait être fait pour obtenir l’adhésion et l’engagement des paysans à influencer sérieusement les futurs décideurs sur la nécessité de soutenir et promouvoir l’Agriculture familiale.

Dans son mot de clôture, Nathanaël Buka, président du Comité National pour la promotion de l’Agriculture Familiale en RDC (CNPAF-RDC), a exhorté les participants à faire la restitution correcte des travaux auprès de leurs « bases » éparpillées à travers le Congo profond. Et, il a terminé son adresse en remerciant les différents partenaires qui soutiennent leurs activités.

 Les organisations paysannes ont été invitées à mener des actions de plaidoyer et provoquer des échanges et des tribunes d’expression populaire avec les députés provinciaux et nationaux pour l’affectation d’au moins 10% du budget du gouvernement provincial et du gouvernement national à l’agriculture (accord de Maputo de 2003), avec au moins la moitié de celui-ci pour l’appui aux petits producteurs agricoles, et d’au moins 1% de ces budgets à  la recherche agronomique et à la vulgarisation agricole.

Elles doivent mener également des plaidoyers en faveur d’une mise en
place rapide du Fonds National pour le Développement de l’Agriculture
prévu par la « Loi N° 11/022 du 24 décembre 2011 portant principes
fondamentaux relatifs à l’agriculture », dans leur volet consacré à la
gestion des crédits destinés aux petits producteurs agricoles.

Dorcas NSOMUE