Enfin, l’ONU avoue : génocide au Congo

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Le quotidien français « Le Monde » vient de jeter un vrai pavé dans la mare, en portant à la connaissance de l’opinion, dans son édition d’hier jeudi 26 août, l’existence d’un rapport du Haut Commissariat de l’Onu aux Droits de l’Homme sur des massacres commis en territoire congolais, entre 1996 et 1998, par des militaires rwandais ou ayant le soutien du Rwanda. Les victimes désignées à cet effet étaient des réfugiés Hutu rwandais ayant fui leur pays en 1994, à l’avénement au pouvoir du régime de Paul Kagame.

         Selon « Le monde », le document comprend un volume de 600 pages, dans lesquelles sont compilés des crimes graves, assimilables au génocide, dont les auteurs seraient à la fois des éléments de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise) et de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo). Les enquêteurs, affirment ce quotidien, ont ciblé, dans leurs investigations, la période allant de 1993 à 2003, soit une période de dix ans.  

            «Le Monde » fait état de « la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre les Hutus qui se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l’AFDL/APR sur une très vaste étendue du territoire ».

            Selon les enquêteurs onusiens, un million de Hutu du Rwanda avaient traversé la frontière zaïroise (congolaise) en 1994 après l’arrivée au pouvoir du FPR (Front Patriotique Rwandais). A en croire le même journal, « L’ampleur des crimes et le nombre important de victimes, probablement plusieurs dizaines de milliers, sont démontrés par les nombreux incidents répertoriés dans le rapport. L’usage extensif d’armes blanches (principalement des marteaux) et les massacres systématiques des survivants après la prise des camps démontrent que les nombreux décès ne sont pas imputables aux aléas de la guerre ».

            S’agissant des crimes enregistrés entre 1998-2003, les responsabilités sont partagées entre 8 armées nationales et 21 groupes armés congolais qui ont participé à la « Seconde guerre » de la RDC.

            Selon « Le Monde », le président rwandais Paul Kagame a amorcé une tentative d’obstruction à la publication de ce rapport, allant jusqu’à menacer de retirer les troupes rwandaises des opérations de l’ONU en cas de fuites dans les médias, mais son chantage n’a pas marché. On apprend de notre confrère français que les enquêteurs des Nations Unies sont d’avis que « les attaques systématiques et généralisées (contre des réfugiés Hutu en RDC) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de génocide ».

            Voilà l’acte d’accusation de nature à faire monter les enchères politiques dans plusieurs capitales de l’Afrique Centrale, Orientale et Australe, notamment Kinshasa (RDC), Luanda (Angola), Kigali (Rwanda), Bujumbura (Burundi), Kampala (Ouganda), Asmara (Erythrée), Windhoek (Namibie) et Harare (Zimbabwe).

Kimp

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