Enfin, Kagame démasqué : la réaction américaine met en difficulté les «collabos» internes

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kagameAprès avoir été interpellé personnellement et à plusieurs reprises tantôt par la Maison Blanche, tantôt par le Département d’Etat, au sujet des activités néfastes de ses militaires en territoire congolais et de l’appui de son pays aux forces négatives, dont le M23, et prétexte être accusé faussement, Paul Kagame est cette fois au pied du mur. Dans sa dernière mise en garde au maître de Kigali le mardi 23 juillet courant, l’Administration américaine n’y est pas allée par quatre chemins. Elle a demandé au Rwanda  de « …cesser immédiatement tout soutien au Mouvement du 23 Mars (M23), de retirer son personnel militaire de l’Est de la République Démocratique du Congo et de respecter ses engagements ».

 Afin d’ôter à Kagame toute possibilité de fabrication d’un nouveau mensonge, Washington a fait savoir qu’il détenait un « ensemble de preuves crédibles » d’une étroite connexion entre les principaux dirigeants rwandais et les rebelles du M23. 

La leçon des Ong de défense des droits de l’homme

 Les observateurs pensent que le ton de fermeté adopté par le gouvernement américain envers celui de Kigali découle de la crédibilité qu’il vient enfin d’accorder au travail de monitoring que des Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme abattent à échéances régulières dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. D’aucuns pensent notamment aux rapports et enquêtes de Human Rights Watch, Amnesty International, Crisis Group… mais aussi des Ong nationales de défense des droits de l’homme et de la Société Civile.

            Le constat à faire est que là où les officiels de Kinshasa n’arrivaient pas à convaincre, à cause de la faiblesse de leur lobbying dans l’opinion publique américaine, dont les médias constituent un maillon décisif, des structures apolitiques ont parfaitement réussi. Si l’on en croit certaines sources diplomatiques, le dernier rapport de Human Rights Watch sur les massacres, viols, violences de toutes sortes et pillages du M23 dans les territoires sous son contrôle dans l’Est du Congo, ont particulièrement fait bouger les lignes au sein de l’Administration Obama, déjà fort irritée contre Kagame et le Rwanda début juillet, à l’occasion du passage du locataire de la Maison Blanche en Tanzanie.

            La leçon à tirer du lobbying des Ong de défense des droits de l’homme est que ces dernières se sont montrées plus efficaces que les offensives militaires des FARDC contre le M23 et les accusations répétées du gouvernement congolais contre le régime de Kigali au Conseil de Sécurité, à l’Union Africaine, à la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL), à la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe), etc. Aussi, il serait à l’avenir plus prudent, de la part des autorités de Kinshasa, d’éviter de verser dans la diabolisation systématique de Human Rights Watch, d’Amnesty International, de Crisis Group, de la VSV, de l’Asadho et autres structures de défense des droits humains dans leurs dénonciations des atteintes aux droits fondamentaux des populations civiles, dans les zones troublées comme dans les villes et villages épargnés par les guerres.

            Si on laissait aux Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme le soin de s’occuper du monitoring des violations des droits humains et aux décideurs politiques le soin de gérer la « Cité » selon les règles de bonne gouvernance, les vaches seraient certainement bien gardées.

La réaction américaine met en difficulté les collabos internes

            C’est un secret de polichinelle que d’affirmer que la guerre de l’Est du Congo sert de fond de commerce aussi bien aux principaux décideurs politiques rwandais qu’à leurs « collabos » internes ayant infiltré l’armée et les institutions nationales congolaises. Dans une sorte d’alliance d’initiés, les uns et les autres s’emploient à torpiller toutes les initiatives de paix, de manière à pérenniser « l’ingouvernabilité » de cette partie du pays. En effet, chaque fois que s’annonce une perspective de paix durable, ils actionnent le dispositif commun de relance des hostilités.

            Pour le moment, ils sont occupés à jeter des peaux de banane sur la voie que compte emprunter la Brigade internationale neutre chargée de traquer et éradiquer toutes les forces négatives qui écument le Nord-Kivu. C’est la raison d’être du réchauffement, par l’armée rwandaise, sous le couvert du M23, du front de Kibati, dans la périphérie de Goma.

            La dernière prise de position de Washington va mettre sérieusement en difficulté tous les complices internes du jeu de Kigali, car ils se savent, comme leur maître Paul Kagame, dans le collimateur de l’administration américaine. S’ils font gaffe, ils risquent de subir le même sort lorsque les Usa, excédés, décideraient de frapper.

Grand’messe ce jeudi aux Nations Unies

            A en croire des sources dignes de foi, le Conseil de Sécurité se réunit en urgence ce jeudi 25 juillet avec, au menu, l’état des lieux à l’Est de la République Démocratique du Congo et dans les Grands Lacs. Parmi les « invités » de marque, l’on cite le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, la présidente de la Commission de l’Union Africaine, Mme Nkosazana Dlamni Zuma, l’Envoyée Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies dans les Grands Lacs, Pascal Canfini, ministre délégué chargé du Développement en France, Jim Yong Kim, président de la Banque Mondiale, ainsi que les ministres des Affaires Etrangères du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda et de la RDC.

            On laisse entendre que Washington et Paris en particulier voudraient que s’arrêtent, dans un bref délai, le cycle des violences sur le territoire congolais ainsi que dans l’ensemble de la Région des Grands Lacs. Les deux capitales insisteraient particulièrement sur le respect, par toutes les parties concernées, mais spécialement le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la RDC, de tous les engagements qu’ils avaient pris lors de la signature, en février dernier, de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba. L’on s’attend à ce qu’à l’initiative des USA, un énième et sévère avertissement soit adressé au Rwanda au sujet de la présence de ses troupes en terres congolaises et de son appui multiforme aux rebelles du M23. Petit à petit donc, la voie de la paix est en train de s’ouvrir au peuple congolais, en dépit des actions de sape des forces obscures, externes comme internes.

                                                                                       Kimp

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