Enclavement de la ville de Kinshasa : voyage impossible dans la commune de Makala

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Alors que nous accompagnions, à bord d’une   jeep,  un ami pédiatre appelé, dimanche dernier,  en urgence  au chevet d’un nourrisson  dans la municipalité de Makala, nos efforts pour arriver à destination n’ont pas abouti.

Conséquence:  après plusieurs tentatives infructueuses  pour trouver une voie praticable pouvant nous conduire jusqu’au domicile du petit malade  qui  habite dans les environs  de la maison communale de Makala, nous nous sommes arrêtés en chemin.

Et ce sont finalement les parents du bébé allertés au téléphone qui l’ont déplacé   jusqu’à son médecin afin de recevoir les premiers soins. Le malade a donc été soigné à bord de la jeep.

 

Le calvaire

            Dès le Rond-point Ngaba, mon ami médecin manifestait quelques inquiétudes quant à la praticabilité  des artères de la commune de Makala. Mais un autre ami qui était du voyage avec nous lui dira qu’il ne devait pas trop s’en faire, car les pluies n’étant pas encore tombées, on peut se débrouiller et arriver à destination.

C’est sur ses indications et conseils  que notre voyage  s’est poursuivi jusqu’au Rond-point Ezo.  A partir de ce carrefour, nous avons  bifurqué à gauche afin  d’emprunter  l’avenue parallèle à l’avenue de l’Université. Et c’est à partir de cet endroit-là que tout va se compliquer.

            Nous avons d’abord pris la première perpendiculaire à droite, pour déboucher sur la prochaine route parallèle. A ce niveau il nous fallait prendre une autre perpendiculaire qui devait nous conduire vers l’avenue Kimwenza. Malheureusement, après trois tentatives infructueuses  à  trois endroits différents pour accéder au cœur administratif de cette municipalité, nous   avons décidé de commun accord de rebrousser chemin.

            Serment d’Hippocrate oblige, mon ami s’est résolu à aller garer sa jeep sur le prolongement de l’avenue Kianza, du côté de la commune de Makala, non loin d’un pont jeté à cet endroit il y a très longtemps, et que seuls les piétons peuvent emprunter. Triste réalité de la ville de Kinshasa.

            Hélas, la commune de Makala ne vit pas seule dans cette situation d’enclavement chronique. La situation d’impraticabilité et d’isolement  est aussi vécue  avec autant de peine   dans d’autres municipalités de la capitale. Parmi celles-ci, on  compte les communes de Kisenso, Ngaba, Selembao, Bumbu, Masina, Kimbanseke, etc.  Et comme on ne peut pas cacher la vérité pendant longtemps, dans toutes ces municipalités, le constat général que n’importe quel observateur peut faire est que la voirie urbaine n’existe pas et qu’elle a foutu le camp depuis des années.  A leur corps défendant, les habitants de ces communes vivent  constamment dans la promiscuité et l’insalubrité indescriptible.

            Même pour la police urbaine ou municipale, il est difficile de se mouvoir pour sécuriser les personnes et les biens, tellement que ces municipalités sont à l’abandon sur tous les plans.

            Ce qui est un frein au développement de ces entités administratives de la capitale. C’est d’ailleurs dans ce registre qu’il faut comprendre le cri de détresse des gouverneurs des provinces  qui se sont inquiétés du retard pris dans le développement du Congo    profond qui se trouve dans un état pitoyable.

            Il est dès lors important, au-delà   de la modernisation du boulevard Lumumba, inachevé depuis cinq ans et dont on ne connaît pas la date de la fin des travaux, Sendwe, Triomphal, 24 novembre et 30 juin  qui font de Kinshasa  une capitale moderne où il fait bon de rouler en voiture, il est grand temps que l’on mette les bouchées doubles pour désenclaver  et développer nos communes en les dotant d’infrastructures de base dont les routes.

            Cela favorisera la mobilité des biens et des personnes, et permettra en même temps à tous les services de l’Etat de faire leur travail.

            Pour un étranger qui débarque à Kinshasa, ces routes constituent certes le miroir de la capitale, mais que va-t-il penser lorsque qu’il verra le revers du décor ? Ce sont ces communes inaccessibles qui deviennent des repères des «Kulunas» et autres bandits à main armée  qui terrorisent des paisibles citoyens sans être inquiétés.

VAN

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