En RDC, l’égalité des «genres» est un vœu pieux

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« Nul n’ignore le rôle joué par les enseignants dans l’atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous (EPT) dont l’équité des genres. Néanmoins, la réalité de la répartition par sexe dans la profession enseignante démontre que le nombre des hommes est plus important que celui des femmes en RDC, soit 72,7% au niveau du primaire et secondaire ». Cette analyse a été faite hier par Jean Pierre Kimbuya, secrétaire général du Syndicat des Enseignants du Congo (SY.E.CO.), à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des Enseignants (JME), le 05 octobre 2011, au Centre catholique Bondeko, à Limeté. S’appuyant sur des données statistiques recueillies auprès de la Cellule Technique pour les Statistiques de l’Education (CTSE/EPSP 2009-2010), il a souligné que la province du Bas-Congo regorge du plus grand nombre de femmes enseignantes, soit 43,3% suivi de Kinshasa 36%, l’Equateur fermant la marche avec 18,3%.

Plusieurs responsables du Secrétariat général à l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel ; des syndicats partenaires et des acteurs du secteur éducatif ont participé à cette célébration . Elle a pour but de rendre hommage aux enseignants et au rôle essentiel qu’ils jouent pour une éducation de qualité à tous les niveaux. Elle est célébrée chaque année, depuis 1994, date de sa création par l’UNESCO.

Elle se propose de mobiliser du soutien en faveur des enseignants et de s’assurer que ces derniers continuent à subvenir aux besoins des générations futures. Cette année, cette journée a pour thème : « Les enseignants pour l’égalité des genres ». C’est ainsi qu’en ce qui concerne les femmes enseignantes qualifiées, le secrétaire général de Syeco a classé le Bas-Congo en tête avec 43,1%, suivi de Kinshasa avec 36,3% ; le Nord-Kivu avec 32,7% ; le Katanga avec 26,5% ; le Sud-Kivu avec 20,7% ; le Maniema avec 19,5%, le Kasaï-Occidental avec 19,1% et l’Equateur avec 18,8%. Toutefois, il a fait remarquer que le taux de participation de femmes éducatrices par province et régime de gestion en maternelle présente un chiffre plutôt élevé de 8.299 soit 96,7%.

Il a précisé que l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) n’échappe pas à la réalité de la faible représentation féminine. Dans l’annuaire statistique de l’Esu 2008-2009, on indique dans le secteur public que sur 294.056 étudiants inscrits, 66.262 sont des filles, soit 22,6% ; et dans le privé sur 85.811 inscrits, 27.234 sont étudiantes, soit 32%. S’agissant du corps enseignant, toutes catégories confondues, dans le public, sur 15.142 enseignants, on a 937 femmes ; soit 6% et dans le privé, sur 7867 enseignants, 369 sont des femmes, soit 5%.

Mauvaises conditions de vie et de travail des enseignants

Malgré l’afflux massif des filles à l’école secondaire, dans les instituts supérieurs et universités ces dernières années, Jean Pierre Kimbuya a noté que les indices d’égalité du genre dans le secteur de l’Education ne se sont pas améliorés dans notre pays à cause de certains facteurs tels que la prise en charge des enseignants par les parents et son corolaire qu’est le taux élevé de déperdition scolaire ; les mauvaises conditions de vie et de travail des enseignants ; la carte scolaire déséquilibrée sur le plan de la répartition géographique des écoles et universités ; le maigre budget alloué à l’Education nationale (11,7% en 2008 et 10,6% en 2011) dont 5,7% pour l’EPSP. A cela, il a ajouté la manque de coordination et de planification entre les ministères en charge de l’Education. Enfin, il n’a pas omis le harcèlement sexuel qui est aussi un obstacle au recrutement et à la promotion massive des femmes dans la profession. Tout ceci, pour lui, fait que la RDC est loin d’atteindre l’égalité des genres d’ici 2015 comme prévu.

Il a critiqué la manque manifeste de volonté politique pour promouvoir le genre dans les institutions publiques et la territoriales. La Congolaise est aussi sous-représentée dans les partis politiques et à l’Assemblée nationale où sur 500 députés, 42 sont des femmes (8,4%). Il s’est dit convaincu que la réalisation d’une plus grande égalité passe par le renforcement qualitatif de la participation des femmes dans les canaux d’expression politiques et en particulier par l’augmentation du nombre de femmes leaders sur la scène politique. Celles-ci peuvent servir de relais au niveau des gouvernements et des parlements.

SAKAZ

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