En marge du 45ème anniversaire de la Guinée Equatoriale : Obiang Nguema pour le retrait des pays africains de la CPI

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Teodoro Obiang NguemaEn marge de la célébration du 45ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée Equatoriale, le président Téodoro Obiang Nguema Mbasogo a présenté, le vendredi 18 octobre 2013 à la cité Sipopo, le bilan de l’histoire de son pays à une brochette des journalistes africains.  Exercice qui l’a conduit à l’exposition de sa vision pour l’Afrique, le Chef de l’Etat a profité de l’occasion pour répondre aux questions d’actualité brûlante tant en Guinée Equatoriale qu’en Afrique et ailleurs.   

En effet, a-t-il souligné, les premières années de l’indépendance étaient caractérisées par l’absence totale de développement. D’où la dispersion des Equato-guinéens à travers le monde entier. « Après cette époque, nous nous sommes engagés à construire le pays. Ceci, à travers le programme économique développé par le gouvernement, adapté et adopté au cours d’une conférence économique. Nous sommes donc en train de travailler pour œuvrer pour faire émerger la Guinée Equatoriale d’ici 2020. Je pense que nous sommes en train d’atteindre les objectifs de ce programme. Aujourd’hui si vous jetez un regard sur le pays, une grande partie des zones a été désenclavée. Il ne reste pratiquement plus de route non goudronnée » a-t-il appuyé.

Au niveau de l’éducation, l’enseignement est gratuit, le pays a créé une université et va être inaugurée. Dans le secteur de la santé, le président Obiang Nguema affirme qu’il existe actuellement les meilleurs hôpitaux qui n’ont jamais existé en Guinée Equatoriale. Aujourd’hui, affirme-t-il, on ne parle plus de pénurie en électricité dans son pays, car des centrales turbo-gaz ont été construits.

Travaillant activement dans le secteur de l’agriculture pour limiter la dépendance, le pays est actuellement un grand chantier.

 Protection de l’environnement : une priorité 

 Pays producteur des ressources naturelles, la Guinée Equatoriale regorge une plateforme d’industrie gazière appelée « Punta Europa ». « J’ai dû exiger la transformation du gaz. Nous sommes en train de mener une grande production du gaz. Nous arrivons à transformer l’électricité grâce à ce gaz. Nous vendons le gaz liquéfié. C’est un bénéfice pour le pays. C’est une mesure de protection de l’environnement. Au niveau du pays, nous avons réservé des zones pour éviter la découpe du bois. Nous avons aussi interdit l’exploitation du bois. Parce que, si nous avons le pétrole je crois qu’il faut réserver la forêt. Vous savez, il y a des entreprises qui détruisent à travers les coupes notre forêt. C’est pour cela que nous avons dicté une loi qui donne priorité à la transformation dans le pays. Il y a des zones précises où nous avons permis l’exploitation. Nous sommes aussi entrain de contrôler nos zoos pour éviter une possible pollution. On détecte tout ce qui est tâche pétrole, d’huile et on alerte les organismes internationaux pour qu’ils viennent nous aider à y remédier… » a indiqué le président.

Préparant une conférence sur l’industrialisation, la Guinée Equatoriale s’est fixée comme challenge donner de l’emploi a la jeunesse, surtout celle professionnelle. « Nous allons mettre les moyens, pour ces jeunes professionnels puissent créer leur propre activité. Nous formons nos jeunes, les aidons et accompagnons pour qu’ils contribuent au développement du pays. Nous avons actuellement de grandes entreprises étrangères sur notre territoire que nous obligeons à s’associer aux entreprises nationales, afin que lorsqu’elles s’en vont, les responsabilités restent aux nationaux…. »

           Plaidoyer pour une Cour pénale africaine 

Au fil des jours la liste des présidents africains «anti CPI» s’agrandit. Après les diatribes du premier ministre éthiopien, des présidents guinéen et rwandais, c’est au tour du président équato-guinéen de s’en prendre à son tour à la cour pénale internationale (CPI). Mais là où le président Alpha Condé et le président Paul Kagamé critiquaient simplement la CPI, Téodoro Obiang demande aux pays membres de se retirer purement et simplement de la CPI. «  L’Afrique doit sortir de la CPI, tous les Etats africains membres de cette Cour doivent voir avec l’Union Africaine comment en sortir et créer une Cour pénale africaine. Je le crie haut et fort que les Etats africains membres se retirent de la CPI qui ne juge que les Africains… »

Rappelant que la Guinée Equatoriale n’étant pas membre de la CPI, et qu’elle n’avait jamais été d’accord avec les pratiques de la CPI, il a déploré le fait que jusqu’à ce jour seuls les Africains y sont jugés. « Taylor, Gbagbo, Bemba, etc., et on oublie les crimes commis par les autres en Irak, en Libye, etc. L’Europe, ce n’est pas notre espace, je souhaite que nous soyons jugés en Afrique car nous ne sommes plus des esclaves, mais des gens indépendants… »

Pour finir, le président Obiang a également évoqué le drame de l’immigration clandestine à Lampedusa, sur les côtes italiennes. Pour lui cette situation est déplorable et que la recherche d’une vie meilleure, argument utilisé par les clandestins, n’est plus valable puisque l’Europe elle-même est en crise. «  J’appelle donc les dirigeants africains à prendre les mesures pour que les jeunes diplômés et autres soient occupés, qu’ils aient du travail pour rester dans leurs pays afin d’éviter ce genre de drame… » a-t-il affirmé.

 Objectif : Horizon 2020

 «Nous sommes donc en train de travailler pour œuvrer pour faire émerger la Guinée Equatoriale d’ici 2020 » a répété Téodoro Obiang Nguema.

Pour réaliser ce vaste programme, il est en train de sensibiliser son peuple et consolider aussi les relations avec le monde international, notamment avec les pays africains. « Je pense que nous devons dominer la peur. Après Malabo 2, la Guinée Equatoriale est engagé dans un processus de création d’une ville à Oyala. Tout cela nous le faisons avec des ressources propres… »  Toutefois, a-t- il reconnu, il y a la chine qui a essayé de nous aider en nous accordant un prêt de 2 milliards de dollars (1000 milliards de FCFA). « Partout dans le pays, nous avons engagé des programmes et nous devons les accomplir. Les ressources sont utilisées d’une façon rationnelle. Tout le développement que nous mettons en œuvre surprend d’ailleurs notre population. Il y a certaines entreprises qui font des propositions hyper couteux Récemment, une entreprise européenne nous a proposé la construction d’un chemin de fer. Mais la Guinée Equatoriale est une petite nation qui n’a pas forcément besoin d’un chemin de fer. Nous préférons construire des routes, car, elles nous permettent d’avoir accès à toutes les parties du pays. Nous avons donc rejeté catégoriquement ce type de projet qui coûte beaucoup d’argent. Nous recevons beaucoup de projet qui viennent des pays occidentaux. Mais, nous les analysons minutieusement. Nous avons même des petits contentieux avec des pays qui sont venus avec des propositions et lorsque nous avons accepté, ils nous ont tendu un piège sans arrivée au bout de leur contrat. Ils nous ont plutôt amené aux tribunaux internationaux. Ils ne viennent pas pour nous aider, mais nous voler » a clamé Téodoro Obiang Nguema.

Confiant, il a enfin souligné que l’objectif de son gouvernement est de concrétiser son programme. « Et, nous sommes sur qu’il va arriver à l’horizon 2020. Nous sommes en train de faire face à toutes les difficultés qui entachent notre programme. Notre travail permettra à ce que la Guinée Equatoriale soit autosuffisante.

Tshieke Bukasa

Envoyé spécial à Malabo et Bata

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