En marge de la visite de Joseph KABILA à Mbuji Mayi : MIBA, les enjeux cachés du diamant

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Joseph KABILA Kabange qui est attendu incessamment à Mbuji Mayi aura fort à faire avec la question épineuse du dossier relatif à la relance de la MIBA. Une question qui empoisonne le climat politico-social de ces deux provinces et plus particulièrement la Minière de Bakwanga confrontée à une crise majeure consécutive à l’arrêt brusque depuis deux ans de ses activités suite à un contrat signé dans des conditions suspectes. Tout d’abord, il est de notoriété publique qu’outre le diamant, le sol kasaïen regorge d’autres minerais rares et riches qui peuvent être exploités au même titre que le diamant. Des recherches menées par des géologues de la MIBA vers les années 80 avaient établi de manière formelle que des gisements riches en Chrome, Nickel, Manganèse, Cuivre et Zinc étaient exploitables dans les territoires de Ngandadjika, de Kabinda, de Lubao au Kasaï Oriental et de Luebo, Ndemba, Tshikapa, Luiza dans le Kasaï Occidental. Des études de contre-vérification furent menées et aboutirent aux mêmes résultats. Des cartes minières furent élaborées et remises à qui de droit, notamment aux autorités politiques et administratives de l’époque. 

     Eviter la distraction et la complaisance  

            Etant donné qu’à l’occasion du séjour du chef de l’Etat à Mbuji Mayi, les préoccupations des acteurs politiques et sociaux seront concentrées sur la question de la relance de MIBA, il serait prudent de rappeler à l’opinion pubique qu’à côté du diamant, le sol kasaïen recèle d’autres minerais importants et riches. Des études de faisabilité seraient les bienvenues pour évaluer ces gisements en vue d’attirer des investisseurs potentiels. On sait que des plénipotentiaires des sociétés chinoises avaient effectué le déplacement de Mbuji Mayi pour convenir avec les responsables de la MIBA des possibilités d’exploitation commune dans le cadre d’un partenariat Win Win. De même certains délégués de la Minière de Bakwanga avaient aussi effectué le déplacement de la Chine à ce sujet. Depuis lors, c’est le silence radio surtout après la signature de ce contrat avec la société EMAXXON qui est à l’origine de la mort programmée de ce fleuron de l’économie nationale.

            Il faudrait que les autorités congolaises ouvrent l’œil et le bon pour ne pas être distraites par la signature des contrats miniers sur des sites situés ailleurs où l’on se livrerait à l’exploitation illicite de ces minerais non déclarés. Car des investisseurs potentiels pourraient se servir des études de certification des réserves basées uniquement sur le diamant pour faire main basse sur des réserves d’autres minerais et cela à vil prix.

            On rapporte à ce sujet qu’une société minière de droit russe avait opéré un coup semblable en se servant d’un contrat basé uniquement sur le diamant pour exploiter d’autres minerais dans les environs du territoire de Tshikapa. Sous couvert d’un partenariat avec un opérateur économique congolais, ils ont exploité pendant cinq ans des sites riches en diamant, Chrome, Zinc, Manganèse au vu et au su de toutes les autorités. A partir d’un aérodrome en terre battue mais très bien entretenu, des milliers des tonnes des minerais quittaient chaque jour le territoire national vers l’étranger sans que les services officiels de contrôle ne lèvent le petit doigt car bénéficiant des appuis solides dans les hautes sphères du fameux gouvernement parallèle. 

Relancer le soutirage électrique de Tshimbulu      

            On rappelle aussi qu’à l’époque du PAD Trudon KATENDE Muya, la MIBA avait mobilisé des fonds pour financer la construction des galeries souterraines en vue d’augmenter la production des minerais. Dès lors que les gisements alluvionnaires se sont raréfiés, les travaux d’exploitation vont se concentrer sur la roche kimberlitique. A ce niveau, il serait sage et prudent de songer au soutirage de l’électricité au niveau de la localité de Tshimbulu pour subvenir aux besoins énormes de ce projet mirobolant mais combien profitable pour les deux provinces et le pays. Il en serait de même pour les autres minerais comme cela se fait ailleurs.

            Le bradage des gisements miniers du Kasaï et partant des «bijoux de famille» est à prévenir absolument.

F.M.

 

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